‹ Les carbonari, -ou, Naples en 1821Chapitre 8 sur 82 · ACTE 1, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE I

est certainement incapable. (Ennent u- cointe, la comtesse

INefaslo el Juli«^).

MADAME MEFASTO.

Quel spectacle ravissant ! le Vésuve est magnifique, et notre Académie est un endroit charmant; c'est un rendez-vous pour tout ce qu'il y a de plus choisi à Naples, et nous y avons des bals et des

concerts continuels. (Charles se lève el va rejoindre ses parens). M. NEFASTO.

I,e> pkFOverbe ne saurait mentir, mon amie ; « Visite Naples et meurs après, si tu veux, v Ah ! Charles , mon enfant, te voici! ( ti l'embrasse. )

MADAME NEFASTO (en faisant des caresses à son fils).

Tu joues , mon fils, lu ne danses pas!

CHARLES

C'est à Julie, ma mère, qu'il faudrait adresser cette dernière question. Tu ne parles pas , ma sœur , tu es en extase , tu rêves à Edmond Argonali , qui , de son côté , rêve à toi, sans doute , dans ce même moment ; ce Vésuve , cet air embaumé par l'odeur din petrolio , notre ciel d'azur, redoublent ton amour pour lui, enivrent ton anie.

JULIE

Laisse-moi dans cette douce ej^tase , mon. frère , je suis si heureuse? trop heureuse peut-être, car je crains que tant de bonheur ne puisse durer. Je ne voudrais pourtant que rester toute ma vie comme je suis aujourd'hui, entourée de ce père et de cette mère adorés......

CHARJLES.

En épousant toutefois Edmond ce soir UJtèuiJ*,

4 LES CAKBONARI,

M. NEFASTO.

Non pas ce soir , mjus bienlôt ; j'ai hâte de voir ma fille au comble de ses vœux.

JULIE

Eh bien , Charles , j'aime Edmond ; j'aime en lui son courage, son beau caractère, ses sentimens élevés

BUONAROTI

Mademoiselle a raison; il n'y a pas dans tout Naples un jeune homme à comparer à celui-là.

(Charles va reprendre sa place).

M. NEFASTO.

Ce cher Edmond! je me flatte que le roi aura en lui un bon et loyal sujet, car j'en ai assez d'un gendre comme M. Cellini.

MADAME NEFASTO (un peu vivement.)

Mais, mon ami , vous avez tort de parler ainsi de notre beau-fils Cellini.

M. NEFASTO (avec ironie).

Oui, Madame, du Caton parthenopéen. (On se

groupe au fond )

JULIE (en s'interposant).

Mon père, ma mère, je vous en supplie, abandonnez un tel sujet; vous savez que vous ne sauriez l'aborder sans un peu d'humeur.

M. NEFASTO (en l'embrassant).

Cher ange !

MADAME NEFASTO.

Allons, ne faisons pas de peine à notre enfant.

CHARLES (de sa placé).

Qu'est-il devenu Edmond, ma sœur? on ne le volt pas.

Page 1