INTRODUCTION
La France doit la nécessité de se procurer des carburants de remplacement aussi bien à la complète insuffisance de ses propres ressources qu’à la tendance des pays producteurs de consommer leur propre production. Les Etats- Unis d'Amérique et la Russie qui produisent respectivement 173.460.000 et 124.993.000 tonnes sont, en même temps, les plus grands consommateurs de pétrole et le principal pays exportateur, loin d’être en tête des producteurs, est le Venezuela avec seulement une production de 34.993.000 tonnes dont une partie est exportée par surcroît aux Etats- Unis.
Le même développement de la consommation qui conduit les pays producteurs à utiliser leurs propres ressources, se manifeste dans les autres pays. La Grande-Bretagne importe 11 millions de tonnes; l’Allemagne, 7 millions; l'Italie, 2.500.000; la Hollande, 1.500.000; la France, 7.700.000.
L’accroissement de la consommation française a - été constant depuis ces dernières années. Les importations de pétrole brut et dérivé étaient en 1925 de 1.976.182 tonnes; en 1930, de 3.524.976; en 1934, de 6.145.229; en 1937, de 7.764.071 tonnes.
La France ne produit que 70.000 tonnes à Pelchelbronn et 400 tonnes à Gabian. Un nouveau développement de l’automobile, conjugué avec une diminution de la production du pétrole, la placeraïit en temps de paix dans une situation difficile. La mise en œuvre des armées modernes, comme les entraves aux transports maritimes, viendraient plus rapidement encore aggraver le problème des carburants en temps de guerre.
Il ne semble pas que l’on puisse actuellement trouver sur le sol national des quantités de combustibles liquides appro-
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chant même de loin celles nécessaires à la satisfaction des besoins français. Le gisement de Pechelbronn qui fournit la presque totalité de la production est même en légère décroissance. Tandis qu’il fournissait 70.800 tonnes en 1925, il n’en produit plus en 1936 que 70.000. Et il ne semble pas que les autres régions de la France aient des ressources importantes. À l’heure actuelle, 201 puits ou sondages ont été forés : 15 en Jura et en Savoie; 13 en Languedoc; 50 dans les Pyrénées et dans les Landes; 7 à Gabian; 19 en Alsace et 7 dans les Alpes. En 1937, l'effort consenti pour l’ensemble de recherches a été de 54 millions de francs répartis ainsi :
+). Grands ‘travaux: ES ASE 30 millions — Budget de PO.N.CE. ....,....:.,,..2 12 millions — Budget des Colonies .................. 5 millions — Compagnie Française des Pétroles.... 7 millions
Ces tentatives aussi nombreuses et aussi dispersées sur le territoire ont seulement rapporté 400 tonnes de pétrole brut produites par Gabian. Des sondages dans le Sud-Est n’ont donné que des gaz ou des traces d’hydrocarbure. En Auvergne, où ils ont été poussés jusqu’à 1.300 mètres de profondeur, ils n’ont procuré jusqu’à présent que des résultats décevants. Ces prospections, quelque peu décourageantes par le résultat présent, le sont un peu moins par leurs perspectives d'avenir. Dans les mêmes régions, les techniques actuelles du forage permettent de reprendre ces recherches à des profondeurs accrues du double ou du triple. Désormais la prospection est conduite à la fois par les méthodes géologiques et géophysiques et par son-: dages au rotary à grande profondeur (3.000 mètres). Les parties du pays où les recherches ont commencé sont le Bugey et la zone sub-pyrénéenne. Et des champs d’expériences nombreux sont offerts à la prospection par les Colonies. Au Maroc, plusieurs gisements ont été découverts au Tselfat et au Rhab et les premiers résultats laissent escompter de ces nouvelles prospections une augmentation importante de la production pétrolifère. En
PAL, DERER
Tunisie les recherches ont été moindres; elles ont eu lieu seulement en Kroumirie où des éruptions de gaz ont été obtenues. En Algérie, les recherches quelque peu rudimentaires qui ont été faites n’ont pas moins établi l'existence du pétrole et dans le Dahrn les gisements de Thouat ont fourni 20.000 tonnes de pétrole avant de s’épuiser. Les autres colonies ont été jusqu’à maintenant faiblement prospectées : la Syrie paraît cependant présenter des similitudes géologiques avec l’Irak sa voisine, et au Gabon, à Madagascar, au Congo, certaines formations sédimentaires appellent des recherches pétrolières. En A.O.F., en Indochine, en Guyane, où les perspectives sont a priori moins séduisantes, les prospections de terrains pourraient cependant apporter des surprises heureuses.
Ainsi l’insuccès de ces recherches, tant en France qu’aux ÆColonies, ne doit pas engendrer un, découragement total. Par surcroît les forages dans les régions les plus pétrolifères du monde, celles des Etats-Unis, ne s’avèrent productives qu’une fois sur 25. L’on calcule que les recherches devraient être décuplées en France pour donner une notion exacte de nos richesses en combustibles liquides.
Mais autant qu’un excès de pessimisme, il faut bannir un excès d’optimisme. Le sous-sol de la France et de l’Afrique du Nord, est trop fragmenté pour contenir des poches importantes de pétrole, dont la formation exige des plissements d’une grande uniformité. Seuls, en France la plaine d'Alsace et le Périgord, et aux colonies le Gabon semble répondre à cette condition. Aussi la production d’essence obtenue sur les territoires métropolitains et coloniaux peut fournir à la satisfaction des besoins nationaux des appoints utiles. Il est prudent d’estimer qu’elle sera toujours grandement insuffisante et il faut tenter d’y pallier soit par la synthèse de l’essence, soit par l’usage d’autres carburants.
Le moteur à explosion, et l’essence, ne doivent qu’à une coïncidence passagère leur association.
La diversité des carburants s’est manifestée dès le début