‹ Les carburants de remplacementChapitre 53 sur 56 · CES · texte numérisé non relu

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La rentabilité des industries et leur possibilité d’expansion constituent le meilleur des stimulants pour les initiatives individuelles. Les produits de remplacement bien choisis pour leur rendement financier tendraient à se développer par eux-mêmes. L'intervention des Pouvoirs Publics pourrait se limiter à leur donner l’impulsion du démarrage. Aussi, parmi toutes les mesures possibles, l'Etat devrait choisir les plus susceptibles de mieux vaincre les résistances et d’atteindre les plus grandes masses. Pour les gazogènes, une mesure apte à frapper les esprits serait conçue pour contrecarrer chacune des critiques qui frei-

nent actuellement leur vente. La crainte, que des impôts viennent frapper dans un proche avenir les gazogènes, disparaîtrait par l’affirmation d’une exonération fiscale garantie pour une durée de 10 à 15 ans. Les incertitudes sur le prix futur du charbon de bois s’évanouiraient devant un programme qui organiserait, grâce à une association, des intérêts particuliers et de l'Etat, la mise en valeur de la forêt française. Enfin, la méfiance qu’inspire à de nombreux automobilistes la nouveauté du gazogène, serait combattue par le prêt gratuit des véhicules à des organismes susceptibles de le faire connaître : les écoles professionnelles, les syndicats agricoles et industriels, les groupements d’automobilistes. Plus généralement enfin, un allègement dans le prix d’achat du gazogène disposerait de nombreux automobilistes à en tenter l’expérience. A cet égard, il semble qu’il faille préférer à l’octroi de subvention, la mise en œuvre de procédés plus subtils. La prime est ou inopérante ou trop coûteuse : 5.000 francs accordés à 5.000 véhicules coûteraient à l'Etat 2.500.000 de francs. La possibilité d’expérimenter le gazogène sans engager de sommes importantes pourrait être donnée dans de meilleures conditions aux usagers, grâce à l’institution d’un crédit à la vente. Celui-ci serait organisé par l'Etat sans qu’il en coûte des sommes importantes et il permettrait aux usagers de payer leurs gazogènes avec les bénéfices qu’ils en retirent. L'installation gratuite du gazogène sur les camions pourrait encore être financée par les revenus que procurerait une suspension partielle de l’exonération fiscale : Il semble, en effet, qu’une redevance fiscale réduite soit moins sensible à l’usager que la dépense immédiate et importante exigée pour l’achat du gazogène. De telles mesures hâteraient le développement du gaz des forêts sans jamais risquer de le limiter. L'initiative privée resterait prépondérante. L'Etat se bornerait à la préserver contre des craintes initiales. Une attitude comparable pourrait être adoptée par les Pouvoirs publics dans le lancement des usines qui traiteraient par hydrogénation le lignite natio-

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nal. C’est la garantie d'intérêt qui, en rassurant le plus sûrement les capitalistes, provoquerait le mieux l’afflux des capitaux vers les usines d’hydrogénation. Cette caution financière éviterait à l'Etat tout versement immédiat; et la rentabilité de ces usines, établie par des évaluations entièrement dignes de foi, comme celles du Comité Falmouth, lui éviterait toute crainte pour l’avenir. C’est une méthode qu'ont appliquée avec succès l’Allemagne et l'Italie. .

le développement de la carbonisation des houilles à basse

Pour le développement de la carbonisation des houilles à basse température, l'Etat doit aussi intervenir en assurant l’écoulement des sous-produits. Le semi-coke, résidu de distillation, est un aussi bon combustible que l’anthracite; des débouchés doivent lui être procurés par une adaptation à son usage de nombreux fours industriels.

Ainsi, sans qu’il convienne de recourir aux méthodes des Etats totalitaires, dans le respect des libertés et de l’individualisme, qui sont les pièces maîtresses de sa civilisation et les plus sûrs garants de son destin, la France peut organiser la lutte contre des importations qui l’appauvrissent. Pour y réussir, elle doit voir clair. Elle ne doit ni remplacer des importations par d’autres importations, ni s’orienter vers des voies qui seraient des impasses. Elle doit secouer la torpeur où s'engagent les peuples décadents. Elle doit s’éveiller avant que soit consacré son appauvrissement. Et le problème des carburants nationaux montre que dans notre pays, pour mieux exploiter les richesses naturelles, pour accroître les revenus nationaux, pour augmenter les rendements fiscaux, ii suffit que le peuple et les dirigeants en manifestent conjointement la volonté.

Vu, le Président de Thèse, Vu, le Doyen, | William OuaLip.

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