I. — DESCRIPTION CLINIQUE
A. — Symptômes.
Le cortège clinique des phénomènes auxquels la cardiopathie artérielle à forme arythmique donne lieu, est des plus compléxes et mérite d’être décrit en détails ; souvent la connaissance incomplète des différents symptômes a été la cause d'un diagnostic CRPODO
Comme toutes les cardiopathies artérielies, la forme arythmique présente trois périodes dans son évolution clinique. Deux périodes seulement sont apparentes, car la première (la phase artérielle), passe presque toujours inaperçue ; ce n’est que plus tard, quand la maladie entre dans la deuxième période (la phase cardio-artérielle) que les différents symptômesse manifestent, en même temps que l’arythmie.
La troisième période (la phase mitro-artérielle) arrive dans un temps plus ou moins éloigné.
En étudiant plus loin les symptômes non spéciaux à la forme qui nous occupe, nous passerons en revue ces trois périodes eliniques. Mais auparavant nous
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voulons exposer sous quels aspects se présente ordi-
nairement le symptôme fondamental de la forme que
nous étudions c’est-à-dire l’arythmie.
A) L'arythmie de la cardio-sclérose. — Les différentes formes de larythmie et leur. pronostc.
L’arythmie qui peut rester l’unique symptôme pendant plusieurs années se déclare la première.
L’arythmie, c'est-à-dire la modification du rythme du cœur est le principal symptôme et souvent le seul de la forme des cardiopathies artérielles qui fait le sujet de notre description.
L’arythmie porte le plus souvent sur le nombre de contractions cardiaques ; alors un groupe de pulsations rapides se termine par quelques pulsations plus fortes.
Dans d’autres cas, l’arythmie porte sur la force des contractions cardiaques. Enfin elle peut porter sur leur forme. :
On observe aussi des intermittences vraies ou fausses, conscientes ou inconscientes. |
M. Hucharddit queles intermittencesinconscientes comportent un pronostic beaucoup plus défavorable que les conscientes.
Le degré le plus élevé de l’arythmie est celui que Bouillaud à décrit sous le nom de delirium cordis : (IT est des cas où les battements du cœur se succë : dent à des intervalles de durée inégale et tantôt ces
battements se font tous avec la même impulsion, tantôt au contraire avec une impulsion inégale ». Cette folie des battements du cœur peut être observée dans toute asystolie.
‘Les autres formes d’arythmie qu’on observe le plus
souvent sont les arythmies r'ythmées ou allorythmies parmi lesquelles nous aurons à considérer le rythme couplé et le pouls alternant.
Le rythme couplé, variété assez fr équente: se Carac-
térise par un couple de révolutions cardiaques, la pre-
mière forte, la seconde faible, qui se succèdent rapidement ; la première est perceptible à la radiale, la seconde ne l’est que faiblement ; mais souvent, tandis qu’elle manque au pouls radial elle est perceptible aux carotides où au cœur.
Dans les cas où la seconde pulsation peut être sentie au pouls radial avec une force à peu près égale, noussommes en présence decette variété RRpaIEe pouls bijéminé. ©
Quand la seconde pulsation est perceptible au pouls radial, mais avec uneintensité plus faible ; nous avons alors le pouls bijéminé inégal.
Si au lieu de deux révolutions nous en avons trois, dont la première est faible et les deux autres fortes, ou réciproquement nous avons le rythme tricouplé ; quelque fois on peut voir le rythme couplé et tricouplé alternants régulièrement chez le même malade, ceci constitue le rythme alternant, couplé et tricou-
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plé ; mais ce phénomène n’est pas si fréquent et souvent il échappe facilement à l'examen.
Nous ‘signalerons seulement les rythmes quadricouplé, quinticouplé et leurs éypes alternants, types très rares, qui ne peuvent être observé que sur le tracé de l'appareil sphygmographique ou du cardiographe. ;
Avant d'entrer dans la description du pouls alternant, il est bon de signaler le procédé avec lequel ces différentes variétés d’arythmies cardiaques doivent être recherchées.
Souvent, elles ne sont pas constantes et pourtant elles existent et surtout le rythme couplé qui est très fréquent dans les cardiopathies artérielles à forme arythmique.
En présence d’un malade atteint d’une cardiopathie, il ne faut jamais négliger de faire en même temps que l’auscultation du cœur, la palpation du pouls ; souvent quand le type du rythme n'est pas trop net par le simple examen, le tracé sphygmographique pourra donner des renseignements précieux.
D'autres lois, le rythme couplé nous échappe, parce que au moment où nous examinons notre malade, ce rythme n'existe pas, Car il est presque toujours transitoire ; 1l disparait un jour pour apparaître le lendemain et ainsi de suite.
« La constatation, dit M. Huchard, est d’une grande importance et quoiqu'on l'ait observé dans quelques
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affections valvulaires du cœur, dans certains états anémiques, dans la fièvre typhoïde, dans les affections bulbaires et à la suite de la seule compression des nerfs pneumogastriques, je suis porté à croire d'après des observations déjà nombreuses que ce rythme anormal et régulier à la fois est le plus ordi-
nairement l’indice d’une dégénérescence simultanée
du myocarde et de l’appareil nerveux du cœur ». Pouls alternant. — TI doit être classé comme le
rythme couplé dans les arythmies régulières.
Pour la définition et la description des différentes
variétés de ce rythme nous ferons quelques emprunts
à l'exposé si complet de notre maître M.Huchard.
Le type alternant del arythmie est caractérisé par deux pulsations sourdes, dont la première est forte et la seconde faible comme dans le rythme couplé avec la seule différence que les deux pulsations, n'évoluent pas par couples séparés.
M. Huchard distingue quatre variétés du type alternant.
a) Alternance des deux systoles faibles avec deux fortes. -
b) Quatre ou cinq systoles faibles sont suivies de quatre ou cinq systoles fortes.
c) Succession régulière d’une systole forte d'une autre faible. :
d) Les systoles faibles donnent l'illusion de systoles
avortées.
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À côté de ces arythmies, dont le pronostic est bon surtout pour les arythmies irrégulières, mais moins pour les rythmées, il y a les arythmies graves qui se terminent rapidement par la mort ; elles sont très difficiles à reconnaître.
La cause de la gravité n’est pas encore bien démontrée. M. Huchard se basant sur quelques observations personnelles, croit qu’il faut attribuer cette gravité à la localisation de la lésion sur le point vital du cœur, le point de Schmer-Kronecker.
Dans la maladie de Stokes Adams, la forme cardio-bulbaire des cardiopathies caractérisée par la lenteur du pouls avec rythme couplé, par le ralentissement diastolique de l’aorte, et par des attaques syncopales, ici encore l’arythmie est grave, à cause de la sclérose des artères bulbaires.
Telles sont les formes des arythmies et leur pronostic. Dans les cardiopathies artérielles arythmiques, le . médecin doit savoir que le trouble cardiaque constaté, nest pas toute la maladie mais un symptôme. ;
Il ne faut pas hésiter dans ces cas et voir dans l’artério-sclérose la cause première de l’arythmie, qui est le résultat direct de la lésion scléreuse du myo-: carde.
L'idée contraire serait une grave erreur. On connait les effets désastreux de la digitale, dans de pareilles conditions, où le médicament cardiaque doit être remplacé par la médication artérielle, la mala-
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die étant au cœur périphérique, aux reins, etc., et non pas au cœur central).
Période artérielle et carcko-artérielle.
Nous venons de rappeler les différentes formes sous lesquelles Parythmie peut se présenter (rythme
couplé et'ses variétés, rythme alternant régulier ou
non, rythme bigéminé); nous ajouterons ici. qu’en
dehors de cette différence de type présentée par
l’arythmie celle-ci peut aussi différer, d'elle-même, selon les moments où l’on examine le malade; c’est alors l’arythmie variable (Huchard).
L'arythmie peut être tantôt inconsciente, le malade n'est averti de sa maladie que beaucoup plus tard sous l'influence d’une cause indéterminée, un excès de régime, d’un surmenage physique, d’une maladie infectieuse, etc.
On pourra croire dans ces cas quela maladie débüte brusquement, chez des gens jusqu'alors sains ; il n’en est rien, la maladie existait, mais à l’état latent, la
* bonne santé apparente de ces malades est trompeuse, car déjà la tension artérielle est élevée et à l’auscul-
tation on constate un retentissement du deuxième
bruit au foyer aortique, qui tôt ou tard, prend un tim-
bre clangoreux (Guéneau de Mussy) indiquant la dilatation de l'aorte par destruction de son élasticité.
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Enfin on constate aussi l'élévation des sous-clavières, signe sur jequel insiste beaucoup notre maitre, M. Huchard, après Faure (Arch. de méd., 1874).
Si la maladie ne se déclarait pas, c'est parce que, les reins n’étaient pas encore altérés par le passage des substances toxiques.
Une simple excès alimentaire suffit pour troubler l'équilibre, entre l'introduction des toxines et leur élimination intégrale, et alors la maladie devient apparente.
Combien de fois le diagnostic d’une cardiopathie artérielle arythmique-n’est-il pas une surprise d’auscultation ? :
Plusieurs fois à la consultation de notre maître, M. Huchard, à l’hôpital Necker, nous avons pu faire le diagnostic d’une cardiopathie à forme arythmique, alors que le malade se plaignait de toute autre chose. | -
Une fois l’arythmie déclarée, elle peut être temporaire ou paroxystique ; il s'agit d’une attaque d’arythmie survenue souvent sans cause apparente, caractérisée par des battements de cœur précipités et incomptables ; c’est l’arythmie angoissante paroæystique (Huchard) ; tantôt et c’est la règle, l’arythmie s’installe d’une façon permanente, comme une véritable boiterie du cœur.
Avant de parler du diagnostic différentiel de l’arythmie. nous donnerons un aperçu des différents
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