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Au moyen âge, les travaux même de ces derniers s'étaient évanouis au milieu de l'ignorance et de la superstition générales. La science, aux mains des charlatans, des empiriques et des alchimistes, n'était plus qu'un fatras de légendes obscures où médecine et sorcellerie étaient confondues. L’effroyable épidémie de peste de 1348, qui fit des millions de victimes et particulièrement sur les bords du Rhin, épouvanta au suprême degré une population ineulte et misérable, et qui se réfugia pour conjurer le fléau, dans les pratiques religieuses les plus exaspérées. Hecker, dans son intéressante monographie sur La Chorée épidémique (1), décrit ces longues bandes de pénitents, les Flagellants, proscrits par le pape Clément VI (1352), qui parcouraient villes et campagnes en se déchirant et se mutilant publiquement, et tournoyaient pendant des heures en dansant, gesticulant et hurlant. Cette folie contagieuse, cette manie extatique et mystique, ce délire de prières et de gesticulations sévirent pendant deux siècles sous le nom de danse de Saint-Guy.
Vers le milieu du xvi° siècle, Paracelse (2) tenta au milieu de ce chaos un effort de redressement, de lutte contre le fanatisme populaire. Il voulut séparer la médécine des jongleries, d'une part, des pratiques religieuses, d'auire part et, dans\ un premier essai de classification, distingua trois groupes de danse de Saint- Guy : un groupe lascif, un groupe imaginatif, un troi-
1. Hecker. Die Tanzwuth, Berlin, 1832, trad. te Annales d'Hyg.
Publ., 1834, t. XIL, p. 312.