‹ Les caressesChapitre 35 sur 85 · ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

ESCLAVAGE

Je t'aime, plus je te vois! Quand pour la première fois Je te vis, je fus sans voix.

Devant ma vue embrumée S'étendit une fumée Sensuelle et parfumée;

Ainsi monte du cuveau La vapeur du vin nouveau Qui rend trouble le cerveau.

THERMIDOR 13;i

Lorsque tu levas ton voile, Ton profond regard d'étoile M'entra jusque dans la moelle;

Tel un couteau d'acier dur S'enfonce au cœur d'un fruit mûr.

Je dus m'appuyer au mur;

Je tremblais de telle sorte Que tu souris, toi, la forte, Devant cette feuille morte.

Et, comme alors je sentis Tous mes nerfs appesantis, D'abord je me repentis.

Un rire plein de superbe

Retroussa ma lèvre acerbe.

Mais soudain, vert comme l'herbe,

J'eus, sous tes doigts souverains, Un froid qui me prit aux. crins, A la nuque, et dans les reins.

C'était fait, j'étais en proie !

Pris dans tes cheveux de soie, Je t'ai donné cette joie

De voir mes torts expiés; Car ma force est à tes pieds, Car tes yeux sont mes guêpiers;

Car devant ta beauté fraîche Mon orgueil fume et te lèche Gomme un feu de paille sèche ;

Et je trouve qu'il est bien Que je reste à jamais tien, Toi la chaîne, et moi le chien.

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