LES SORCIÈRES
0 colère, ô jalousie, Sorcières aux doigts crochus, A la figure roussie, Anges des amours déchus,
J'ai pénétré dans votre antre Pour savoir la vérité.
Le cœur malade on y entre, On en sort le cœur gâté.
Vous m'avez dans votre filtre Et votre noir alambic Distillé l'horrible philtre Qui me mord comme un aspic.
Dans votre infernale forge Dont la haine est le marteau, Votre patte a pour ma gorge Forgé le fil d'un couteau.
Et c'est avec votre lame, C'est avec votre liqueur, Que j'ai meurtri ma pauvre âme Et soûlé mon pauvre cœur.
Sorcières de la caverne, 0 gueuses^ je vous maudis.
Vous avez fait un Averne De mon divin paradis.
XXVIU