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LE PLAT DE FAÏENCE

Notre amour fut semblable à ces plats de faïence Où l'on voit des pays fantastiquement bleus. Des oiseaux à trois becs, des arbres onduleux, Des saints dont l'œil qui louche est ravi de croyance.

Des buveurs digérant un jambon de Mayence,

Des chiens verts sous lesquels on lit: Ci/ sont des leups.

Des chevaux imprévus au profil fabuleux,

Des rois enluminés d'une rouge vaillance.

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Notre amour fut pareil, bizarre et précieux. Un étrange pays sous d'impossibles cieux, Un plat bariolé de rêve et de féerie.

Plus d'un mets savoureux y fut bien fricassé, Nous y avons mangé des baisers, en frairie. Mais je l'ai laissé choir par terre. Il s'est cassé.

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