‹ Les cariatides (volume 2)Chapitre 30 sur 101 · A MON PÈRE · texte numérisé non relu

A MON PÈRE

M. CLAUDE-THÉOnORE DE BANVILLE

Omon père , soldat obscur, âme angélique î Juste qui vois le mal d'un œil mélancolique, Sois béni ! je te dois ma haine et mon mépris Pour tous les vils trésors dont le monde est épris. Oh ! tandis que je vais fouillant l'ombre éternelle , Si la Muse une fois me touchait de son aile ! Si ses mams avaient pris plaisir à marier Sur mon front orgueilleux la rose et le laurier Par lesquels le poète est souvent plus qu'un homiiio , Comme je tomberais à tes genoux ! et comme Je ne serais jaloux de personne et de rien, Si tu disais : « Mon fils, je suis content, c'est bien. »

Car ce cœur fier que rien de bas ne peut séduire , père , est bien à toi , qui toujours as fait luire Devant moi , comme un triple et merveilleux flambeau , L'ardeur du bien ,. l'espoir du vrai, l'amour du beau !

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