‹ Les cariatides (volume 2)Chapitre 43 sur 101 · DESESPERANCE · texte numérisé non relu

DESESPERANCE

TOMBEZ dans mon cœur, souvenirs confus, Du haut des branches touffîies!

Oh ! parlez-moi d'elle, antres et rochers, Retraites à tous cachées !

Parlez, parlez d'elle, ô sentiers fleuris !

Bois, ruisseaux, vertes prairies 1

O charmes amers ! Je la vois encor Dans ces Ueux qu'elle décore.

C'est elle, ô mon cœurl sur ces gazons verts, Au milieu des primevères !

Son œil réfléchit le ciel de 89pbir, Son voile flotte au zéphyre,

Et notre amandier couvre son beau cou Des blanches fleurs qu'il secoue !

Sur mon bras frémit son bras ingénu, Et frissonne sa main nue.

Le feuillage est noir, lexiel étoile, Viens, suivons la noire allée !

La belle-de-nuit s'ouvre tout en feu, La voûte du ciel est bleuç.

. Écoutez, ma mie, au coin du vieux mur, Le rossignol qui murmure.

Chante ta chanson, ô doux rossignol !

Ta chanson qui nous console.

Roucoule, ô Bulbul ! dans le chèvrefeuil.

Et que la rose t'accueille !

Des yeux tant aii[nés tombe un divin pleur Sur ma tempe qu'il effleure.

O larme d'amour, trésor sans pareil \ Dites-moi si je sommeille?

Qui t'envoie, hélas ! charmant souvenir, Briser mon cœur qui soupire?-

Hélas ! je suis seul dans ces boi$ épars Où résonnaient les guitares.

Une illusion, songe évanoui, Charmait mon âme éblouie.

Je fatigue seul le flot de cristal, L'herbe où la fleur d'or s'étale,

L'antre et la fontaine où croit le glayeul, Et ma voix fatigue seule

La forêt tremblante et l'azur du lac De ma plainte élégiaque !

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