L'ÉTANG MALO
IL est un triste lac à Feau tranquille et noire Dont jamais le soleil ne vient broder la moire, Et dont tous les oiseaux évitent les abords.
Un chêne vigoureux a grandi sur ses bords , Et, courbé par le Temps jusqu'aux ondes , étale Sur la cime des flots sa masse horizontale.
L'orgue des verts roseaux se tait malgré le vent; Le nymphœa, l'iris, le nénuphar mouvant.
Le bleu myosotis et la pervenche sombre Penchent étiolés, ou meurent sous cette ombre.
Ainsi, quand sur le cœur, dans sa jeune saison, Amour 1 tu fais tomber ta large frondaison Et tes rameaux géants dont le fardeau Taccable, Tout s étiole et meurt sous ton ombre implacable.