LA DERNIÈRE PENSÉE DE WEBER
uiT d'étoiles, Sous tes voiles.
Sous ta brise et tes parfums, Triste lyfe Qui soupire.
Je rêve aux amours défunts.
1^ sereine Mélancolie < Vient éclore au fond de mon cœur, Et j'entends l'âme de ma mie Tressaillir dans le bois rêveur.
Nuit d'étoiles,
Sous tes voiles, Sous ta brise et tes parfums,
Triste lyre
Qui soupire, Je rêve aux amours défunts.
Dans les ombres de la feuillée.
Quand tout bas je soupire seul.
Tu reviens, pauvre âme éveillée, Toute blanche dans ton linceul.
Nuit d'étoiles,
Sous tes voiles, Sous ta brise et tes parfums,
Tnste lyre
Qui soupire, Je rêve aux amours défunts.
Je revois à notre fontaine Tes regards bleus comme les cieux ; Cette rose, c'est ton haleine, Et ces étoiles sont tes yeux.
Nuit d'étoiles.
Sous tes voiles, Sous ta brise et tes parfums.
Triste lyre
Qui soupire.
Je rêve aux amours défunts.
L'AME DE U LYBE
QUAND le premier sculpteur eut achevé la Lyre Et caché dans son sein les chants harmonieux ; Avec l'ivoire et For quand il eut fait sourire Parmi ses ornements les figures des Dieux, Et qu'il eut couronné l'instrument de martyre Avec le vert rameau d'un -laurier radieux ;
Le fils des vieux Titans, ce sublime rebellai Qui, tout brûlant encor, vers la voûte éternelle Une seconde fois tentait de s'envoler, Fit, pareille au vautour qui devait Timmoler, Tomber sur le chef-d'œuvre une blanche étincelle Du feu resplendissant qu'il venait de voler.
C'est l'Ame de la Lyre ; à notre âme imisible Elle se plaint souvent loin du monde réel, Souvent, dans une étreinte amoureuse et terrible, L'éclairé et la consume à son œil immortel ; Et, captive à jamais dans le rhythme inflexible, Elle aspire sans cesse à remonter au ciel.
Elle meurt du désir qui toujours la dévore Dans la froide prison des mètres et des vers , Et tâche, l'œil perdu parmi les cieux ouverts, D'entendre encor la voix de cet archet sonore Qui,.si loin du désert où ses chants vont éclore, Mène dans l'infini le chœur de l'univers.