‹ Les cariatides (volume 2)Chapitre 66 sur 101 · CYPRIS · texte numérisé non relu

CYPRIS

Dans la nuit où le sang d'Uranus abhorré

Souilla l'Océan vaste, Où Thétis dans ses bras, qu'en naissant j'honorai ,

Me porta jeune et chaste,

Vers Cypre aux bords charmants, que baignentdegrands flots,

J'abordai solitaire, Et tu vis sous mes pas le doux printemps éclos

Quand je touchai la terre.

Tu vis dans ces beaux lieux embellis de mes dons,

Parmi les fleurs naissantes Paraître le Désic et les deux Cupidons

Et les Grâces décentes.

Et tu me dis : « Leurs fronts sont semblables au tien :

Ne t'éloigne pas d'elles.

Sois déesse ! et reçois pour guide et pour soutien

Ces trois divins modèles.

La forme est ton empire, et tu conserveras

La ligne humble et féconde, Et tu tordras sans cesse, en élevant les bras,

Tes cheveux sur le monde !

PALLAS

mon père, Gypris est née au sein de Tonde

Vierge de pas humains, Mais moi, je m'élançai de ta tête profonde,

Un glaive dans les mains,

Et je t*aidai, pendant la guerre difficile

Ck)ntre les durs géants, A les précipiter sous les monts de Sicile

Pleins de gouffres béants.

Seule, parmi mes sœurs de la guerre alarmées,

Tu sais ce que je vaux, Et comme je contiens les phalanges armées

Et le (rein des chevaux.

Quand le combat frémit, tu sais si je balance.

Ou si dans les sillons.

Les pieds sur les mourants, je verse avec ma lance

Le sang des bataillons.

Tu sais si chérissant ma science rigide Et ma virginité.

Je les préserve encor de mon horrible égide Ainsi que ma beauté !

JUNON

De nous tous les grands dieux, toi le plus redouté

Sur les célestes cimes, Toi qui, sûr de la force et de l'impunité,

Accumules les crimes,

Jupiter 1 oses-tu, sans donner leur essor

Aux suprêmes injures, Hésiter à présent, et retourner encor

Le fer dans m^s blessures ?

Moi reine des humains, moi du maître des dieux

Et la sœur et réponse, Je subis des mépris qui font horreur aux cieux :

Mais, ô fureur jalouse !

Peut-être cependant qu'à la fin mon cœur las

Et ma rage obsédée Trouveront le moyen de réduire Pallas

Comme Pbilommédée,

Celle qui le défend, et celle qui l'aida

Dans ses amours indignes, Et qui mit dans sa voix, pour égarer Léda,

Le divin chant des cygnes I

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