CYPRIS
Dans la nuit où le sang d'Uranus abhorré
Souilla l'Océan vaste, Où Thétis dans ses bras, qu'en naissant j'honorai ,
Me porta jeune et chaste,
Vers Cypre aux bords charmants, que baignentdegrands flots,
J'abordai solitaire, Et tu vis sous mes pas le doux printemps éclos
Quand je touchai la terre.
Tu vis dans ces beaux lieux embellis de mes dons,
Parmi les fleurs naissantes Paraître le Désic et les deux Cupidons
Et les Grâces décentes.
Et tu me dis : « Leurs fronts sont semblables au tien :
Ne t'éloigne pas d'elles.
Sois déesse ! et reçois pour guide et pour soutien
Ces trois divins modèles.
La forme est ton empire, et tu conserveras
La ligne humble et féconde, Et tu tordras sans cesse, en élevant les bras,
Tes cheveux sur le monde !
PALLAS
mon père, Gypris est née au sein de Tonde
Vierge de pas humains, Mais moi, je m'élançai de ta tête profonde,
Un glaive dans les mains,
Et je t*aidai, pendant la guerre difficile
Ck)ntre les durs géants, A les précipiter sous les monts de Sicile
Pleins de gouffres béants.
Seule, parmi mes sœurs de la guerre alarmées,
Tu sais ce que je vaux, Et comme je contiens les phalanges armées
Et le (rein des chevaux.
Quand le combat frémit, tu sais si je balance.
Ou si dans les sillons.
Les pieds sur les mourants, je verse avec ma lance
Le sang des bataillons.
Tu sais si chérissant ma science rigide Et ma virginité.
Je les préserve encor de mon horrible égide Ainsi que ma beauté !
JUNON
De nous tous les grands dieux, toi le plus redouté
Sur les célestes cimes, Toi qui, sûr de la force et de l'impunité,
Accumules les crimes,
Jupiter 1 oses-tu, sans donner leur essor
Aux suprêmes injures, Hésiter à présent, et retourner encor
Le fer dans m^s blessures ?
Moi reine des humains, moi du maître des dieux
Et la sœur et réponse, Je subis des mépris qui font horreur aux cieux :
Mais, ô fureur jalouse !
Peut-être cependant qu'à la fin mon cœur las
Et ma rage obsédée Trouveront le moyen de réduire Pallas
Comme Pbilommédée,
Celle qui le défend, et celle qui l'aida
Dans ses amours indignes, Et qui mit dans sa voix, pour égarer Léda,
Le divin chant des cygnes I