‹ Les cariatides (volume 2)Chapitre 67 sur 101 · JUPITER · texte numérisé non relu

JUPITER

Au sommet de l'Ida, sous de pauvres habits, Le fils d'un roi puissant fait paître ses brebis ,

Et couché parmi l'herbe épaisse, au pied d'un hêtre, Il enfle ses pipeaux ainsi qu'un dieu champêtre.

Tantôt par un regard il contient ses taureaux. Tantôt, rêvant tout bas la gloire des héros, Il écoute gémir les eaux du fleuve Anaure Dont les flots argentés rendent un bruit sonore.

Il gravit les sommets dès que le jour a lui.

Hermès, fils de Maïa, tu vas voler vers lui, Rapide, et franchissant les cîeux à tire d'ailes, Et tu lui rediras ces paroles fidèles :

a Pasteur aimé de Pan, ô Paris, fils de roi!

Laisse là* tes brebis et calme ton effroi.

De l'Olympe neigeux trois déesses sublimes Ont pour ton jugement quitté les hautes cimes.

Pèse en tes mains les flots de leurs cheveux tremblants ; Vois quel bras est plus pur et quels pieds sont plus blancs, Et quel sein régulier tord avec plus de grâce La tunique aux longs plis que le vent embarrasse.

Compare la blancheur des dents, et la façon

Dont les sourcils égaux, plantés à l'unisson,

S'arrondissent en arc, puis offre àia plus belle

Ce fruit d'or, qu'elle estime un prix bien doux pour elle.»

LE GHOBUR.

Comme le lait divin de l'antique Cybèle Sur l'univers entier tombe de sa mamelle

Et va tout féconder au loin.

Ainsi le roi des dieux sûr nous avec largesse

Répand dans ses discours sa féconde sagesse Que nous recueillons avec soin.

La querelle à présent reste entre les trois reines. Junon offre aux amours des splendeurs souveraines,

Pallas, belle comme les soirs, Â des regards d*azur dont nul cœur ne se sauve, Et Cypris, secouant sa chevelure fauve,

Met des éclairs dans ses yeux noirs.

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