‹ Les cariatides (volume 2)Chapitre 74 sur 101 · AMAZONE NUE · texte numérisé non relu

AMAZONE NUE

A Jean Feuchères

AMAZONE aux reins forts, solide centauresse , Tu tiens parles cheveux, sans mors et sans lien, Ton cheval de titan, monstre thessalien, Et ta cuisse d'acier le terrasse et le presse.

On voit voler au vent sa crinière et ta tresse. Le superbe coursier t'obéit comme un chien, Et rien n'arrêterait dans son calme païen Ton corps, bâti de rocs comme une forteresse.

Franchissant d'un seul bond les antres effrayés , Vous frappez du sabot, dans les bois non frayés, Les pâtres chevelus et les troupeaux qui bêlent.

kToi, nymphe, sans tunique, et ton cheval sans mors, Vos flancs restent collés et vos ôroupes se mêlent , Solide centauresse, amazone aux reins forts !

PASIPHAE

AINSI Pasiphàé, la fille du Soleil, Cachant dans sa poitrine une fureur secrète , Poursuivait à grands cris parmi les monts de Crète Un taureau monstrueux au poil roux et vermeil ,

Puis, sur un roc géant, au Caucase pareil, Lasse de le chercher de retraite en retraite, Le trouvait endormi sur quelque noire crête , Et, les seins palpitants, contemplait son sommeil ;

Ainsi notre âme en feu, qui sous le désir saigne, , Dans son vol haletant de vertige, dédaigne Les abris verdoyants, les sources de cristal ,

Et, fuyant du vrai beau la source savoureuse, Poursuit dans les déserts du sauvage Idéal Quelque monstre effrayant dont elle est amoureuse.

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