LA POÉSIE
PEUPLE, je suis la Poésie.
Ma lyre, en horreur aux méchants, Vibre, et ma sainte frénésie Laisse, comme un flot d'ambroisie, Déborder la source des chants.
En ce jour où naquit Molière, Je viens, au doux son de mes vers.
Sur sa tête aux dieux familière.
Au lieu de roses et de lierre, Poser ces lauriers toujours verts.
Car, depuis le siècle d'Astrée, Nul parmi ces audacieux
<l ) Second Théâtre-Françaù, le 15 janvier 1851.
Que je redoute et que je crée, N'a mieux su la langue sacrée Empruntée au rhythme des deux.
Et moi qui descends d'une cime Et qui naquis sur un autel , Ame du mètre et de la rime, Je veux voir sur son front sublime Briller le feuillage immortel.
Et sous mes pieds, sœur du poète, Foulant les trésors, dédaignés Pour une plus noble conquête, J entrelacerai sur sa tète €es rameaux, de soleil baignés.