LES CAB NET S
Obélisquef?] m’a encore dit hier le plus grand bien de G. Louis.
Poincaré a peur des attaques de la presse, Redoute plus que tout l’accusation de cléricalisme.
Remarquer que Poincaré s’entoure de protestants : Daeschner, W. Martin.
Herbettè. Le Ministère. — 17 mai 1912,
I believe Gavarry fait passer des notes dans le Cri de Paris. Told him a story. Will see ifit is pnblished in that paper.
Will speak to dayto Albin for Petite République y d’Aral for Gaulois , Gandolphe for Liberté , Mévil for Echo de Paris , Pœcouly for Figaro , Gauvain for Débats.
Marcel Hutin (Hirsch) lié avec son coreligionnaire Klotz, et avec Poincaré qu'il voit tous les soirs.
Paléologue fréquente beaucoup Gavarry. Déjeune en ville souvent ; se montre partout ; ne lit que le commencement et la fin des dépêches.
Sofia. — Panafieu souhaitait très vivement d’aller à Sofia. Mais c’est Sarcey qui allait y être nommé, quand le roi Ferdinand a fait savoir à Paris (par M m0 Stancioff, dont le mari était alors
absent), qu’il désirait la nomination de Panafieu. a Je 11e m’attendais pas à cette démarche », a dit Panafieu. « Comment n’aurait-elle pas été faite ? » dit Stanciolf, « Panafieu l’a tellement sollicitée ! »
Acanthe (P). Ambassadeur de Londres. — 18 mai 1912.
Le bruit ayant couru que M. Paul Cambon se retirerait prochainement, et que M. Barrère le remplacerait peut-être, sir Fr. Bertie est venu dire à M. Poincaré, avec sa netteté habituelle, que le Gouvernement anglais ne serait pas favorable à cette candidature, « en raison de la nationalité d’origine de Madame Barrère ».
Le chemin de Londres se trouvant fermé, on a tout lieu de penser que Barrère, qui ne peut plus exercer à Rome la même action que précédemment, acceptera volontiers d’aller à Pétersbourg,
Acanthe (?) pense que l’ambassade de Constantinople pourra bientôt se trouver également disponible.
Gandolphe.
L'Ambassade de France à Pétersbourg. Isvolsky et Paléologue , — 18 mai 1912.
Hier matin, aussitôt lu l’article de Marcel Hutin dan& Y Echo de Paris , j’ai téléphoné au Quai d’Orsay pour demander si l’on n’allait pas tout de suite démentir qu’il fût question du rappel de l’ambassadeur de France à Pétersbourg. Le Cabinet du Ministre m’a répondu que non,
qu’on ne ferait pas ce démenti. J’ai alors ajouté : u Mais alors on va donner une autre ambassade à M. Georges Louis ? — Il a en est pas question », a répondu le Cabinet. J’ai répliqué: « Vous verrez ce soir l’article que je vais faire pour la Liberté ! »
Et l’article £ porté ; de tous côtés on m’a télégraphié, téléphoné, écrit pour l’approuver. /
Même des confrères m’ont dit : « Nous agirons avec vous, moins fortement, mais dans le même sens. »
Et à onze heures du soir le Quai d’Orsay donnait à l’Agence Havas une note qui démentait le rappel de l’ambassadeur à Saint-Pétersbourg, et annonçait que, s’il quittait plus tard son poste actuel, ce serait pour en recevoir un autre.
Recouly. 19 mai 1912.
Sur moi-même. — Avant-hier, quand nous nous sommes rencontrés au Quai, nous avons dit, Iledeman et moi, à William Martin qu’il fallait absolument démentir le bruit de votre rappel, et annoncer que, si plus tard vous quittiez Pétersbourg, vous serez appelé à un autre poste. William Martin est allé le dire à Poincaré, qui l’a prié de nous rappeler. Le Président, après avoir causé avec nous, s’est rallié à notre sentiment, et il a rédigé séance tenante la note qui a été donnée à l’Agence Havas à onze heures du soir.
Nous avons trouvé que dans toute cette affaire le Cabinet, et surtout William Martin, avait été
très mou, et avait très mal conseillé le Président.
L'article du Novoïe Vremia est très bien. Je le signalerai dans le Figaro de demain matin.
— Et Paléologue ? — Attitude très équivoque.
Isvolsky. — L’attitude prise par Isvolsky depuis trois mois est si extraordinaire qu’on peut se demander si elle n’a pas une cause inquiétante. Nous connaissons son intimité avec Tittoni, et nous savons que ce dernier dispose à titre de fonds secrets de sommes considérables. Isvolsky est très dépensier. A-t-il de la fortune ? — Non ; l’Empereur a payé plusieurs fois ses dettes. — On peut supposer que Tittoni a mis une grosse somme à sa disposition. Les Isvolsky ne sont guère scrupuleux. — On a dit déjà que les dettes de Mohrenheim avaient été payées sur Panama ; mais je ne suis pas sur que ce soit exact. — En tout cas le rapprochement est curieux. Et on voit bien l’intérêt que Tittoni avait à acheter Isvolsky. Ce serait un coup de maître pour la Triplice. Mon soupçon est venu à d’autres. Jaurès a dit à Lara (du Temps) qu’il savait que Tittoni avait donné de l’argent à Isvolsky.
[Mind ce que DemidoIT m’a dit au sujet des sommes considérables dont disposait Tittoni. Il est fort possible que ce dernier ait dit à Isvolsky : «J’en distribuerai volontiers une partie par vos mains. » 11 s’assurait ainsi la complicité d’Isvolsky sans avoir à la demander expressément, et sans paraître se douter que l’autre appliquerait les fonds à ses besoins personnels LJ
i. Entre crochets carrés dans le texte,
Recouly a ajouté : « Je signalerai à Poincaré le propos de Jaurès. »
Marcel Hütin. Sur moi-même . — 19 mai 1912.
Moi. —Je crois qu’il serait utile que vous signaliez dans votre journal l’article du Novoïe Vremici. — J’attendrai que le texte en soit arrivé à Paris. L’extrait signalé par le Matin a dû être télégraphié par Wilton.
Paléologue, m’a-t-on dit, a été satisfait de mon article d’avant-hier dans l’Écho. — On vous l’a dit ? — Oui. Ne croyez-vous pas qu’il vous a été favorable ? — Je ne sais. Je ne l’ai pas vu à ce voyage. — Vous le connaissez ? — Oui. Il a été mon sous-directeur quand j’étais directeur. —Et vous croyez qu’il vous attaquerait P — Je ne crois rien, je ne sais rien. Mais des déceptions sont toujours possibles.
Iriez-vous à Rome P — Oui, mais je ne demande rien. Je n’ai pas sollicité ce changement de poste, bien que Pétersbourg ne convienne pas à la santé de mes jeunes enfants. — Hoav old are they P
On veut rajeunir les cadres. Les Cambon seront sans doute remplacés. Où irait Barrère? — A Pétersbourg, ou à Londres, je suppose. Il sait très bien l’anglais.
Poincaré ne fera rien avant d’être allé à Saint-Pétersbourg. Il veut auparavant se renseignerauprès de Barnon(P), d’Obélisque (P) et d’Octogone (P).
Clemenceau. Barrère. — 20 mai 1912.
Je puis vous dire confidentiellement qu’il m’a fait demander de recevoir quelqu’un de sa part aujourd’hui. Pendant longtemps g’ai eu des préventions contre lui. Je doutais de son œuvre à Rome ; mais, depuis, mes impressions se sont modifiées, et je crois qu’il a fait ce qui convenait et de la manière qui convenait à Rome. Cette manière-là ne réussirait pas à Londres. C’est autre chose à Rome.
Pichon. 21 mai 1912.
En revenant de Sicile (le mois dernier?), j’ai vu Barrère à Rome. 11 est très peiné de la situation actuelle. Il voit notre œuvre s’effriter presque partout : en Italie malgré lui, en Russie « malgré Louis », en Espagne. Elle ne se maintient qu’en Angleterre : « mais là c’est parce que l’Angleterre a besoin de nous ».
Poincaré est très habile avec le Parlement, mais il ne l’est que là. [Moi. Il ne sait pas négocier. Il n’a que deux réponses : oui ou non d J. Il est trop sec.
Poincaré m’a parlé de vous en termes amicaux : il apprécie votre grande expérience, votre attention aux affaires, votre fermeté. [Alors, said I, comment expliquer le télégramme qui m’a été