‹ Les carnets du comte Joseph de maistreChapitre 105 sur 131 · Mon fils a fait sa première Confession · texte numérisé non relu

Mon fils a fait sa première Confession

Je suis parti de Lausanne le mardi 28 février, après-midi, (arrivé à Turin le j mars) laissant ma fenime et mes enfans. et sans savoir quand nous pourrons nous rejoindre.

Je suis parti le 28 février aprés-mi-di. Couché à Vevay.

1^^ Mars. Diné à Bex chez M. Ravi avec M. Janvier, négociant Lyonnois, avec qui je dois faire le voyage de Turijî. — couché chez M. le Juge Feilloji. —

2. Diné à Martigjii chez M. l'Abbé de Lazari. couché à S^ Pierre. — 3. nous avons déjeuné au Couvent de S^ Bernard que nous avons passé par un tems superbe. — couché à la Cité chez nm Sœur de vS" Real que j'ai trouvée établie chez elle. 4. Séjour. Parti le 5 pour aller coucher à J\v'rès. — 6. diiié à Ivrée, couché à Fouis. 7, arrivée à Turin.

J^endredi 10. J'ai vu le Roi dont j'ai été reçu avec bonté. Cependant rien de certain sur mon sort qui demeure très problématique.

Turin. ' i797 AvriL

Avril

I. J'ai vu le Ministre, dont un oubli me fait perdre deuxmois de paye. Il était convenu avec moi que ma pension de 2000 ' courrait depuis le i*'" janvier. Le Bille tdu Roi du 28 mars porte : Comminciando dal primo del corrente mese. C'est une erreur, mais sans remède^ car il faudrait un nouveau Billet.

Aujourd'hui j'ai 44 ans. J'ai beaucoup respiré mais point du tout vécu; et pour moi tout est dit en ce monde. — à vous W Rodolphe! — 8. Départ de mon beau-frère Morand pour Chambéri, Rien de nouveau sur mon sort. Je m'occupe beaucoup de l'idée de me retirer avec une pension un peu plus^ forte que la mienne si je puis l'obtenir, pour me donner uniquement à l'éducation de mes enfans. 25. M"^^ de Buttet est allé occuper son nouvel appartement à l'arsenal; il y a de fortes raisons de craindre que ce ne soit pas pour longtems; les médecins ayant très peu d'espérances sur le rétablissement de son mari^ Aujourd'hui nous avons reçu la nouvelle de la reconnaissance de la République lombarde qui suppose la pai.r avec l'Empereur.

N. B. Il n'y a rien de plus douteux que cette affaire, le mot de République n'est pas prononcé; il ne s'agit que d'indépendance, ce qui est fort différent. Aujourd'hui Dimanche 7 Mai, j'ai diné ches le Traiteur avec mes trois frères, le Doyen de Tarentaise, le Major au Reg"" de Savoie, et le Cap" au Reg"^ de la Marine. Celui-ci part demain pour l'armée d'Italie; qu'arriverat-ilf nous reverrons-nous tous quatre? idée triste qui rembrunit une fête de famille. Mon cousin de la Chavanne était de la partie.

16. J'ai reçu les Considérations sur la France. 18. Je suis venu loger chez mon beau-frère de Buttet à l'arsenal; hélas sera-ce pour longtemps? —

Turin. 1797 Juin^

26. Départ de mon frère le Doyen pour son Diocèse. J'ai dîné chez M. le C de Soiiza, envoyé de PorfiigaL avec lequel j'ai fait coiinaissauce.

Juin

I. Mon beau frère, .1/' le Ch. de Buffet, est parti aujourd'hui à f h. du matin pour aller changer d'air à la Citéd' A os te. Je ne dois plus le revoir.

7. J'ai envoyé à M. de la Harpe, à Paris, sous le couvert de notre ambassadeur le C^^ Balbe, le livre des Considérations, (il n'est pas parvenu.)

9. J'ai envoyé à M. le .V'^ de Fallet mon méjnoire italien sur L'état du Piém<:)nt relativement au Papiermonnaie.

Dans la nuit du 9 au 10 le froid m'a réveillé et j'ai été obligé de me couvrir davantage. Aujourd'hui, 10, tout le inonde s'est habillé comme en hyver.

19. J'ai reçu de Lausanne, par M. de S^ Bon, les dernières lettres de ma femme, écrites de Lausanne le 12,. Elle en est partie le lendemain 15 pour Chaiubéri^ Ouod felix faustumque sit !

J'ai appris le même jour que mon frère, le Doyen de Tarentaise, a été reçu à Moutiers, à bras ouverts, et qu'on lui a donné un repas de 60 couverts.

J^e même jour, des lettres de la Cité, du ij , m'ont appris que mon beau-frère le Ch. de Buffet est condamnépar les médecins, et que nous le perdrons da}is peu detems.

Le 20. j'ai reçu la i^ lettre de ma femme, datée de Chambéri le ly.

le 2"^. après diné, j'ai reçu, par un exprès, la triste nouvelle de la mort de mon beau-frère le Ch. de Biittet.. arrivée à la Cité d'Aoste, le 22 à 8 h. du matin.

le 26. j'ai fait ouvrir son testament déposé au Sénat.

le 28. j'ai vu le Roi auquel j'ai fait part de cette mort:

Turin. 1797 Juillet-8^»-«.

// lie m'a pas sculcinoit dit : J'ai perdu un bon officier : Ce qui m'a beaucoup fait réfléchir.

Le 14. J'ai signé, connue témoin, chez M. le B. Farraf, le testament de M. le chez'. Du puis.

17. M. le Baron Vigjiet des Etoles m'a prêté, aujourd'hui, cent livres en billets. Le louis valant aujourd'hui U ' 10^ en papier.

Le 24. J'ai appris que ma tante, M^ de la Chavanne et sa fille, étaient parties de la Cité le 22, pour retourner à Chambéri — où elles sont arrivées le 11 août.

Août.

^Ja femme est repartie de Chambéri le 16, pour Lausanne où elle est arrivée le 19.

Lundi 4. J'ai quitté l'Arsenal où j'ai demeuré j mois et ij jours. Je suis venu occuper une chambre, chez le Jl/'^ Grisella, où j'ai couché aujourd'hui.

Jl s'est fait dans moi un cliangement extraordinaire : d'anciens goûts se fortifient, des idées vagues prennent de l'assiette, des conjectures se tournent en certitudes; aujourd'hui 18 7^''^ je commence un ouvrage dont je ne connais pas encore le titre.

Il me semble que je commence à entrevoir ma vocation ^- à 44 ans!

Aujourd'hui 29, mon frère Victor allant de Carmagnole à Raconis est venu déjeuner avec mol. — surprise agréable. Je ne l'avais pas vu depuis 178c.

3bre

12. j'ai pris un maître d'allemand pour me former dans la prononc'iation et l'écriture.

Samedi 14. On a décapité, sur la place S' Charles, Laurent Capelli, officier au Reg' d'Aoste, chevalier de S' Maurice, convaincu d'avoir tué son frère d'un coup de poignard le 6 7'"- dernier, de sang-froid et de propos délibéré.

Turin. 1797 Octobre-Xovembre.

Jeudi 19. Mon frcrc du Régiment de la Marine, qui était venu passer quelques jours iei pour sa santé, est parti à II h. pour la Division Sarde de Tarmée d'Italie!!

Jeudi 26, j'ai reçu, par l'entremise de mon ami M. le Chez', de Fresia, le Certificat du Grand Maitre des Cérémonies M. le Chez', de J^illanorette, daté du jour d'hier, portant qv.e ma famille et celle de ma femme sont admises à la Cour.

Le lendemain 27. M^ le C" de Hauteville, ensuite d'une visite qu'il a faite â M. le Chev. de Priocca J^"" Secrétaire d'Etat ayant le Département des affaires étrajigères, m'a appris que. suivant les apparences, le Roi serait disposé à m' accorder le titre de Conseiller d'Etat et l'ordre de 5* Maurice.

X. B. le lendemain 28, j'apprends qu'une lettre, interceptée â Milan, renverse toutes mes espérances dans ce pays et m'obligera peut être de chercher ailleurs une patrie. Su.ivant les apparences, cet événement change ma destinée future. Sera-ce en bien F Toute situation est tolérable lorsqu'on peut dire : Xil concire sibi, nullâ pallescere ciilpâ.

29. l'aspect des choses devient moins sombre. J'ai vu le Ministre qui ne m'a rien dit sur l'événement de Milan. — J'ai su, depuis, que cette lettre saisie m'a fait un tort infini et m'empêchera d'obtenir la grâce que j'attendais. C'est une tuile qui me tombe sur la tête car je ne suis pour rien dans cette aventure.

10. T\-ndredi. les pièces de 20^ sous ont été réduites brusquement à if. celles de 10^ à 7" â^ et celles de J5" à 2^ 6^. Je me suis éveillé moins riche, ou plus pauvre d'u)! quart.

Samedi 19. Buonaparte a passé à Turin, allant de Milan à Rastadt. il est arrivé à 6 h. du matin, est descendu chez l'ambassadeur de la République et est reparti à 10 h. et un quart sans voir le Roi.

Turin. 1/97 Novembre-Décembre.

21. rai été cJiez le Ministre, il/, le Ch^' de Priocca et lui ai remis une note, au sujet de la lettre interceptée.

Le lendemain 22, arrivée des papiers françois du ij ou se trouve la lettre de M. le C" d\ivaray du 28 f^ — J'attends les suites.

-^8. J'ai adressé au Ministre une nouvelle note sur mon affaire, suiz'ant sa lettre du 2 s.

Lundi 4 à p h. du matin, j'ai achevé la copie de trois discours, à l'usage d'une société d illuminés françois. J'avais commencé ce travail le ly juillet, et, ayant tenu note du tcms que j'y ai employé, j'ai vu que j'y ai mis 38 h. 13 minutes, ce morceau est curieux et montre fort bien la doctrine de ces Messieurs.

10. Mon frère du Régiment de Savoy e est parti dans la matinée pour Xovarrc. — Le Doyen est arrivé de la Cité, le 8.

J-Jier, jeudi, 21, et ce nuitin 22, j'ai vu à l'hôtel des deux bœufs rouges, second étage, au bout du balcon à gauche, Apollonie de S'' Barthélemi, aujourd'hui M"^^ Buschetti, que je n'avais pas vue depuis le j X^''^ ^77^ sur les 8 h. du soir.

Mercredi 3. J'ai quitté l'appartement chez le M^^ Grisella et je suis venu prendre un lit chez le M^^ Costa, en attendant que ma nouvelle chambre soit prête.

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