‹ Les carnets du comte Joseph de maistreChapitre 106 sur 131 · Je suis venu occuper une chambre dans la Rue de Pô · texte numérisé non relu

Je suis venu occuper une chambre dans la Rue de Pô

15. Je me suis présenté chez le ministre des affaires étrangères qui n'a pas voulu me recevoir. J'ai connu que la tempête n'était pas calmée.

Le 16. j'ai vu le matin M. le M'^ avec lequel j'ai longuement jasé sur mes projets. Il s intéresse à moi, il agit pour moi. C'est un de ces hommes envers qui la reconnaissance ne pèse pas.

Cité d'Aoste. 1798 Février-Mars.

19. J'ai reçu la i^ lettre de ma femme datée de la Cité d'Aoste le 16, où elle est arrivée le 14, avec nos enfans en fort bonne santé.

Le cinq, je suis parti de Turin pour venir joindre ma femme et mes enfans à la Cité d'Aoste. J'ai diné à S. Balegno et couché à Ivrée.

2e 6, diné à Ferrés et couché à Chatillon. Le 7. vers les II h. du matin je suis arrivé à la Cité où j'ai revu ma femme et mes enfans avec un plaisir inexprimable. Je les avais quittés à Lausanne le 28 février de l'année dernière.

Dès lors la Suisse qui nous avait accordé pendant quatre ans une si douce Iwspitalité, la Suisse libre, la Suisse neutre a été révolutionnée par les François qui laissent, qui font même subsister le gouvernonent piémontais!.

Avant de partir de Turin, j'ai brûlé le manuscrit de mes Lettres savoisienncs coniposécs à une époque où je n'avais pas la moindre illumination sur la révolution françoise ou pour mieux dire Européenne. Malgré les vues droites qui les ont dictées, je les ai prises en aversion comme un fruit de l'ignorance.

2d>, après un travail des plus longs et des plus douloureux ma sœur J/® de S' Real a été délivrée, par force, entre II h. et minuit, d'une fille morte ou tuée.

17 [Mars, au matin 2f année du règne de Pie VI entrée du Général Berthier à Rome.

Personnes de ma famille que le vent de la Révolution a rassemblées à la Cité d'Aoste :

M"^' de S' Real et son mari, M' de Buttet et son fils, M^^ de la Cliavanne sa fille et ses deux premiers fils, mes deux frères : le Doyen de Tarentaise et l'officier au- Reg^ de la Marine, ma femme, mes deux enfans et moi.

S. Jour de Pâques.

Cité d'Aoste-Turin. 1798 Avril- Juillet,

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