‹ Les carnets du comte Joseph de maistreChapitre 107 sur 131 · Départ de mou frère du Régimeut de la Marine · texte numérisé non relu

Départ de mou frère du Régimeut de la Marine

26. Je reçois la uouz'elle que nous sommes inquiétés daiis ce pays par les manœuvres de quelques démocrates, et qu'il convient que je m'éloigne de la Cité. Lettre du C** Xapion, du 2j avril, de la part du Chez', de Priocca 7"" Secrétaire d'Etat au Département des Affaires étrangères.

X. B. Le ij de ce mois les François sont entrés à Genève, le ij Mars ils avaient chassé le Pape de Rome.

Su.r quelques alarmes prises par le Gouvernement, au sujet du petit nombre de Savoyards rassemblés à la Cité, et qui paraissent faire ombrage aux François, j'en suis parti le 16 à 11 h. Je suis arrivé à J 'erres à 5 h. du soir et à Douas à 8.

17. Parti de Douas à j? h. du Matin, arrivée à Ivrée à 7 h. où j'ai entendu hi Messe le jour de l'Ascension. Diné à Fouis, arrivée à Turin le soir à y h i 2. Mon voyage m'a coûté 41 ' ij~ savoir : ?5 ^ pour ma phice dans le carosse et le reste en faux-frais.

Le soir dudit jour, je suis aUé occuper une chambre rue de Pô chez M^ la l'euve ï'erney.

le 10. j'ai quitté ma chambre et suis vont en occuper une autre à l'extrémité de la rue des Corroyeurs, chez M^ la veuve Malacria.

2S. Si{r la demande réitérée des François, le Roi leur livre la citadelle de Turin, on parle diversement des suites de cette mesure qui achève, ce semble, de détrôner le souverain.

Juillet

Le lundi 2. je suis parti pour la Cité d'Aoste. Diné à Fo)iis, couché à Ivrée. 3, diné à Chatillon, couché à la Cité. 4, séjour. 5, je suis parti de la Cité avec ma femme et mes deux enfans; diné à Chatillon couché à Douas. 6, diné à Iirée, couché à S. Balegno. 7, à

Turin. 179S Juillet-Septembre.

10 11. I '2 du uiafiii, i'arrk'c à Tur'ui où je z'ais loger cJîcj: M^ de Roccafranca. Ce voyage m'a eouté iy8^ j\ à quoi il faut ajouter deux malles, que j'ai été obligé de laisser en arrière; ei : 55 total 18^ ^ f.

Qui sait si j'éerirai encore Turin en haut de la page qui suit/' Qui sait quelle noui'elle carrière de malheurs je vais parcourir? je suis venu loger che:: M^ de Roccafranca.

iS. je suis tombé malade. Le 22 j'ai été saigné, ensuite la fièvre s'est déclarée tierce. Je m'en suis défait dans les premiers jours d'août avec un remède familier composé d'une onee de kina, d'une once de sel d'Angleterre et de trois cuillerées de miel, i)ifusés dans une bouteille de vin, pendant 24 heures, et pris, dans l'intcrvalle d'un accès à l'autre, en 4 ou ^ verres, observant d'avaler \me soupe à chaque fois.

Août

I. J'ai quitté l'appartemoit que j'occupais che:: M^ de Roccafranca et je suis z'cnu loger chc:: M. l'abbé Vigo, qui m'a cédé so)i appartement pour trois mois.

~L2. Départ de mon frère Jlctor qui est Z'cnu passer j-4 jours avec moi. il repart pour Fossaji.

15. arrivée de mon frère du R' de Savoie qui est venu loger chez moi.

Septembre

Mercredi 5, mon frère me quitte et va à Saluées.

10. arrivée de mon frère du R^ de la Marine qui vient loger chez moi.

Samedi 15. J'ai déposé entre les mains de ^J. l'A P m P trois paquets de papiers, cotés A. B, C, et

je lui en ai donné uu billet, signé de moi, afin que, si je viens à mourir avant la restitution du dépôt, on ne puisse lui denuinder ni plus, ni moijis.

.Dimanche 16. Mascarade indécente des François de la Citadelle. Deux ou trois cabriolets remplis d'officiers,

Turin. 1798 Octobre.

étaient précédés de deux coureurs en habit blanc. Derrière le principal, était nu homme en habit noir avec une énorme bourse et l'épée au côté. Cette caricature a fort déplu au peuple; on a commencé par les huées et les sifflets et fini par les coups. Il y a eu plusieurs coups de fusil tirés, et beaucoup de blessés. Le tapagea eu lieu sur la Citadelle et sur la place Paysanne. Il paroit qu'un soldat françois et un des nôtres mourront seuls de leurs blessures.

17. il y a encore eu quelque bruit à l'occasion d'un offi cier ivre qui a fait quelques imprudences. Mais le 'mardi 18 il y a eu iDie scène en sens inverse et des plus curieuses. Le peuple a couvert de sifflets et de vive le Roi! la musique patriotique des François et a pensé mettre en pièces un Jacobin du pays qui s'est avisé de souffleter un des crieurs. L'opinion s'est montrée d'rme manière très ■ remarquable. — on attend les suites.

Dudit jour ly, retour de mon frère du Rég^ de Savoie. Mon frère qui servait dans le Rég^ de Savoie passe avec avantage dans celui d'Aoste.

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