Thèse de la Fac. d. Sc., Paris
lisses des vertébrés, ne se retrouvent plus chez les invertébrés. Les muscles lisses volontaires de ces derniers forment une transition entre les fibres à contraction rapide et brève (muscles striés volontaires) et les fibres à contraction lente el prolongée (muscles lisses involontaires).
CG. — Cellules vésiculeuses.
Dans la région tout antérieure de la plaque de soutien, on ne trouve que des fibres musculaires, mais quand on s'éloigne de ce point, on voit bientôt apparaitre de grosses cellules vésiculeuses sous forme de trainées épaisses ou de masses fusiformes qui écartent les faisceaux dans leur partie moyenne. Ces cellules sont d’autant plus nombreuses qu’on s'approche de l'extrémité postérieure des cartilages, plus nombreuses également au centre qu’à la périphérie et celles qui arrivent au contact de la membrane d’enveloppe ne présentent pas les formes intermédiaires qu’elles auraient, si elles étaient une différenciation des cellules de cette membrane (fig. 3 et 15); enfin on n’en trouve jamais dans celte dernière, ni dans le muscle horizontal qui unit les deux pièces de soutien. Elles ne sont pas réunies en groupes distincts, mais elles envahissent tous les espaces laissés libres par l'écartement des faisceaux musculaires qu’elles entourent directement de tous côtés, sans qu'on puisse découvrir aucune substance intermédiaire entre elles et ces fibres (fig. 5, 13 et 15).
La coupe d'une pièce fraîche, examinée sans aucun réaclif, montre ces cellules comme des blocs de matière amorphe, complètement transparente, limités par des contours très nets, contenant un gros noyau sphérique et quelquefois une où plusieurs masses granuleuses près de ce noyau; en somme, elles ressemblent complètement aux cellules qui composent le nodule sésamoiïde du tendon d'Achille de la grenouille. Leur forme est celle de polyganes irréguliers, intimement accolés entre eux ; sur certaines coupes, elles paraissent sphériques, se recouvrant dans une petite étendue par des lignes courbes, mais cet aspect tient à l'obliquité de leurs faces de contact et à l'épaisseur de la coupe. Leurs dimensions varient : leur diamètre moyen est de 15 à 20v, celui de leur noyau de 3 à 4u.
L’acide acétique éclaircit la préparation de façon à rendre les élé-
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ments peu distincts : la membrane conjonctive disparait complètement, les fibres sont gonflées et confondues les unes dans les
autres, les cellules paraissent peu altérées, seulement le noyau se rétrécit de moitié. L'acide osmique teint les fibres en gris jaunâtre, dessine un peu mieux les cellules, mais n’y dévoile aucune granulation graisseuse. Les acides sulfurique et chlorhydrique, de même que la potasse en solution forte, altèrent rapidement les
s vésiculeuses des pièces de soutien, traitées par l'acide
Fig. 13. — Helix pomatia. Cellule c llule en voie de division; b, fibres musculaires.
picrique (grossissement, 600). — a, ce
cellules et les détruisent complètement. L'iode les colore uniformément en jaune clair, ce qui indique l'absence de toute matière glycogène.
La substance qui remplit presque complètement ces cellules est claire, transparente et ne fixe que très faiblement les matières colorantes; elle est liquide, car dans les dissociations, alors que les cellules sont crevées, elle se répand comme de l'eau, entraînant avec elle les noyaux et les masses de protoplasma qu'elle peut contenir ;
sous l’action de l'aiguille, on voit se former un nuage légèrement bleuâtre qui s'étend peu à peu dans le liquide ambiant ‘. Cependant la consistance de cette substance me paraît être un peu plus grande pendant l'été que pendant la période d’hibernation où les cartilages sont beaucoup plus mous. Je ne saurais dire quelle est sa composition chimique; l'acide osmique et l’iode nous ont montré qu'il n’y entre ni graisse, ni glycogène; par la chaleur, je n’y ai pas vu les coagulums caractéristiques de l’albumine ; la cochenille, qui colore en bleu les cellules contenant des sels métalliques ou alcalino-terreux et en vert les glandes et leurs sécrétions, ne m'a jamais
Fig. 14. — Helix pomatia. Cellules vésiculeuses traitées par le liquide de Muller (grossissement, 1050).
donné qu’une coloration rouge semblable à celle obtenue par le carmin de Grenacher.
Dans beaucoup de cellules vésiculeuses, on voit au milieu de cette substance liquide quelques granulations formant. parfois des masses plus ou moins abondantes qui se colorent assez bien (fig. 14); ce sont probablement les restes du protoplasma primitif, Chaque cellule renferme un beau noyau sphérique dont la périphérie se colore toujours plus fortement que le centre; il est situé en général au milieu de la cellule, mais sa position n’a rien de fixe; on n'y voit pas de nucléole, seulement un grand nombre de
1, Ce nuage n’est pas produit par le sang que pourraient contenir les pièces de soutien, car, avant de les dissocier, j'ai eu soin de les laisser pendant quelques minutes entre deux feuilles de papier buvard:
Pr
Sons
fines granulations chromatiques qui se réunissent quelquefois en une masse centrale.
Dans toutes les dissociations que j'ai faites, j'ai cherché vainement à trouver une membrane à ces cellules. Je n'ai jamais obtenu de cellules complètement séparées et restées entières, mais toujours des noyaux épars, le plus souvent nus ou entourés d'une masse irrégulière de matière amorphe, se colorant légèrement en violet par FhématoxYline, en bleu par le bleu de quinoléine. Sur les coupes, le contour des cellules se colore très bien par toutes les matières colorantes, ce qui donne, à première vue, l'apparence d'une membrane, mais les plus forts grossissements ne m'ont jamais montré de double contour à cette prétendue membrane, Dans la grande majorité des cas, ces cellules ne sont donc limitées chez l'adulte que par leur propre masse qui présente à la périphérie une condensation particulière, et jamais il n'existe de substance fondamentale intercellulaire. Cependant j'ai trouvé parfois des cellules qui présentaient nettement une membrane d'enveloppe et la figure 14 montre un groupe de cellules entourées en partie par une coque qui présente deux épaississements assez considérables. Je ne sais si cette production est un effet de l’âge ou la suite de l’hibernation; c'était un fait à noter, car il nous montre la tendance qu'ont ces cellules à s’entourer d’une membrane, de la même façon que les corpuscules graisseux sécrètent une pellicule d’enveloppe, une fois qu'ils ont produit toute leur huile.
Je n'ai jamais vu la multiplication endogène de ces cellules comme la décrit et la figure CLAPARÈDE chez Helix carthusianella *. C’est au commencement de l’année, vers le mois de février ou de mars par exemple, qu'il faut prendre les animaux pour pouvoir observer cette multiplication. Sur des préparations fixées par l'acide picrique en solution saturée, colorées par le carmin de Grenacher ou l'hématoxyline, on voit beaucoup de cellules contenant deux noyaux, séparés parfois très nettement par une paroi de nouvelle formation: d'autres où les noyaux sont en train de se diviser (fig. 13) : ils s’allongent, prennent la forme d’un biscuit et s'étranglent peu à peu à leur milieu où apparaît bientôt une ligne de division très nette. Dans ces différents stades, la matière chromatique est toujours restée sous forme de granulations éparses au