‹ Les Cartilages Linguaux Des MollusquesChapitre 13 sur 22 · Loc. cit., p. 164, fig · texte numérisé non relu

Loc. cit., p. 164, fig

milieu de la masse nucléaire et ne présente aucune ordonnance spéciale. Je n'avais pas à rechercher de dispôsitions particulières dans le corps cellulaire, puisque le protoplasma est ici à peine représenté par quelques grains et que les cellules, en se divisant, restent toujours à l’état vésiculeux. Je sais qu'on tend de plus en plus, aujourd'hui, à considérer la karyokinèse comme le seul mode de division cellulaire ‘; c’est pourquoi je ne veux pas insister sur ce point, n'ayant pas fait une étude spéciale de cette division, j'ai décrit et figuré seulement ce que j'avais vu, me réservant de reprendre plus tard cette question qui présente en ce moment un grand intérêt.

D. — Discussion sur la nature des cellules vésiculeuses.

Nous pouvons maintenant résumer celte longue description en disant que les cartilages linguaux ou pièces de soutien de la radula, sont formés essentiellement, chez Helix pomatia, par du tissu museulaire entre les fibres duquel se trouvent un grand nombre de cellules vésiculeuses nues, accolées intimement les unes aux autres et pouvant sécréter, dans certains Cas, une membrane d’enveloppe. Une question se pose maintenant. Quelle est la nature de ces cellules et, tout d’abord, soni-ce bien des éléments cartilagineux, comme le veulent tous les auteurs qui ont écrit sur cette question ?

« Le tissu cartilagineux est caractérisé essentiellement, dit M. Ranvier, par une substance intercellulaire ou par des capsules péricellulaires.. se colorant faiblement par l’iode et qui donnent naissance, par l’ébullition, à un produit que l’on nomme la chondrine… Les cellules n’ont aucun caractère spécial et ne peuvent être définies que par la propriété qu’elles ont de faire autour d’elles de la substance cartilagineuse.... Quand elles ont un développement très actif, comme dans ies couches d’ossification et dans les chondromes, elles contiennent de la matière glycogène. Lorsque, au contraire, leur développement est arrêté et qu’elles sont devenues fixes, on y observe de la graisse ?. »

Les cellules, elles seules, ne peuvent donc servir à déterminer le cartilage; cependant, outre qu’elles ont celte propriété de sé-

4. Voir, sur ce sujet, Kôcuren, Traité d'Histologie, 6° éd. (en allemand), p. 62 et suiv.

2, PRanvier, Trailé d'Histologie, 2° éd., p. 246.

créter de l'huile ou du glycogène à leur intérieur, elles présentent cette différence avec les cellules conjonctives qu'elles résistent aux acides sulfurique et chlorhydrique (Vircnow) et à la potasse (DoxpERs et MULDER).

Or nous ne pouvons appliquer rien de ce qui précède aux cellules qui nous occupent, elles ne continnent ni glycogène, ni graisse, elles sont détruites immédiatement par les acides chlorhydrique et sulfurique et par les alcalis, elles ne sécrètent pas entre elles de substance cartilagineuse et la membrane qu'on observe parfois rappelle un processus analogue à celui qui existe dans les cellules conjonctives lorsqu'elles deviennent graisseuses *.

J'avais commencé ces recherches par soumettre Îles cartilages linguaux de l'Hélix à la coction, mais je n'avais obtenu que de la gélatine. C'était un fait à prévoir, étant donné le grand nombre de fibres musculaires qui existent dans ces organes, sachant de plus que la chondrine est produite par la substance fondamentale et non par les cellules. Et puis, si cette réaction peut servir à Caractériser les cartilages adultes des Vertébrés, il ne faudrait pas en faire la caractéristique absolue du tissu cartilagineux. J. MÜLLER * et VALENCIENNES © ont soumis à la coction les cartilages qu’on trouve chez les Mollusques, principalement chez les Céphalopodes, et ils n’ont obtenu que de la gélatine. On sait, d'autre part, que certains tissus conjonctifs, tels que la cornée, donnent de la chondrine, en les traitant par l’eau bouillante.

En admettant les idées de M. Ranver, il est donc impossible de considérer ces cellules vésiculeuses comme étant de nature cartilagineuse. Mais quelques histologistes donnent une extension autrement grande au cartilage. M. Küuuxer ‘ le divise en deux grands groupes, suivant l'absence ou la présence de substance fondamentale ; dans le premier groupe (cartilage celluleux), il fait rentrer : la chorde dorsale, le cartilage du tendon d'Achille de la grenouille, les cartilages des Annélides, des Mollusques céphalophores, des Limules, ete. Gette nouvelle conception, dans laquelle la cellule

1. Les cellules de la notocorde et celles du nodule sésamoïde du tendon d'Achille de la Grenouille, qui sont bien entourées d'une membrane, ne sont pas pour M. Ranvier des cellules de cartilage. Du reste la capsule cartilagineuse manquant très souvent, chez les animaux, il ne reste, pour cet auteur, comme seul critérium du tissu cartilagineux, que la présence de la cartilagéine.

2, Cité par LEYni6, Traité d'Histologie, éd. franc., p. 183.

3, Loc. cit, p. 522.

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