Loc. cit, p
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caractériserait à elle seule le tissu cartilagineux, nous permettrait donc de ranger les cellules vésiculeuses parmi les éléments cartilagineux. Cependant nous les considérerons comme des cellules conjonctives, de même nature que celles qu’on rencontre dans tous les muscles des animaux, mais présentant ici une forme spéciale en rapport, soit avec leur fonction, soit avec la constitution même du tissu conjonctif de l'animal auquel elles appartiennent.
Certes, en s’en tenant à l'étude de l'Helix pomatia, ce serait là une assertion purement gratuite, mais nous allons voir, dans les pièces de soutien de certains Gastéropodes, ces cellules perdre peu à peu leur état vésiculeux et ressembler complètement aux cellules conjonctives ordinaires. D'autre part, en étudiant le tissu conjonctif, dans les muscles de Gastéropodes, en général, nous verrons que cet état vésiculeux des cellules n'est pas un fait isolé, mais qu'il se rencontre dans beaucoup d’autres muscles, soit à l'état embryonnaire, soit à l’état adulte.
Devons-nous enfin accorder une grande importance aux Caractères physiques de ces pièces de soutien qui rappellent beaucoup, en effet, ceux du cartilage? Nullement, car nous verrons ces Caractères disparaître chez certains Pulmonés, malgré la présence de grosses cellules vésiculeuses. Et puis, chez Helix pomatia lui-même, nous trouvons des muscles (muscle radiculaire postérieur, muscle columellaire en partie, muscle de soutien de la mâchoire) qui présentent la même couleur blanchâtre, parfois la même consistance et peut-être la même structure. Je ne veux pas insister ici sur ces muscles, car nous en reparlerons bientôt.
Les cartilages linguaux chez quelques espèces de Gastéropodes.
Dans les autres espèces du genre Helix que j'ai étudiées (H. aspersa, H. fructicum, H. hortensis, etc.), je n'ai trouvé de différences notables, avec ce que nous connaissons, que dans l'état vésiculeux des cellules. Chez Helix pomatia, toutes les cellules étaient pleines de liquide et le protoplasma primitif était ou absent ou représenté par quelques rares amas granuleux. Ici, en particulier chez Helix aspersa, un très grand nombre de cellules sont complètement remplies par un protoplasma finement granuleux et il est facile de trouver tous les états intermédiaires entre ces cellules et celles où le protoplasma s’est entièrement liquéfié (fig. 15). J'ajouterai, pour être complet, qu'on trouve dans les pièces de soutien de ces Helix, mais en avant seulement, de nombreux faisceaux musculaires longitudinaux qui se terminent en arrière vers le milieu de l'organe.
Chez le Planorbe corné (Planorbis corneus), les pièces de soutien sont colorées en rouge brun et ont la même structure générale que celles des Helix; cependant les fibres musculaires y sont beaucoup moins nombreuses: les cellules vésiculeuses qui forment la plus grande partie de ces organes, sont entourées par une membrane nettement accusée, se plissant sous l'influence des réactifs, à la manière des fibres élastiques.
Chez la Paludine vivipare (Paludina vivipara), le nombre des fibres musculaires est encore plus restreint et les pièces de soutien ne sont plus guère formées que par les mêmes grosses cellules à membrane visible.
Leyp16, dans sa monographie de la Paludine !, ne parle pas de cartilages linguaux et il écrit même, page 190, qu’on ne trouve rien, chez cet animal, qui ressemble à du cartilage.
4. Levpie, Ueber Paludina vivipara (Zeits. für wiss. Zool., t. IT, 1850).
Pour M. Sewrer, les cartilages linguaux des Limaces ne seraient formés que de fibres musculaires, alors que les cellules cartilagineuses commenceraient à apparaître dans le genre Arion. Dans les deux espèces que j'ai étudiées (Limax agrestis et Arion rufus), je n'ai trouvé aucune différence dans la structure de ces organes. Chez ces animaux, l'ensemble du bulbe et de la plaque de soutien
Fig. 15. — Helix aspersa. Structure des pièces de soutien de la radula traitées par l'acide picrique (grossissement, 600). — «, cuticule; d, épithélium buccal; c, couche conjonctive; d, membrane d'enveloppe de la pièce; e, fibres musculaires; /, cellules.
rappelle tout à fait ce que nous avons vu chez Helix pomatia, seulement le muscle radulaire postérieur n’est plus représenté que par deux minces faisceaux qui partent, en avant, de chaque côté du bulbe. Les fibres musculaires qui composent les pièces de soutien sont en plus grand nombre que dans le genre Helix et beaucoup de faisceaux ont encore ici une direction longitudinale. Les cellules qui existent également entre ces faisceaux ne sont plus vésiculeuses ; tassées les unes contre les autres, elles ont une forme
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irrégulière et sont complètement remplies par un protoplasma peu granuleux, avec un gros noyau central plus où moins arrondi (fig. 46); toute leur masse se colore uniformément sans qu'il y ait d'élection spéciale pour leur contour, leurs limites sont parfois difficiles à voir et les faisceaux musculaires sont alors séparés par des colonnes de protoplasma contenant de nombreux noyaux; ces cellules sont donc manifestement nues.
Chez la Lymnée des étangs (Lymnea stagnalis), la forme de la masse buccale s'éloigne un peu de ce que nous connaissons; la papille formatrice de la radula ne fait plus saillie à l'extérieur, elle
Fig. 16. — Zimaz agrestis. Éléments des pièces de soutien de la radula (grossissement, 150). — a, cellules conjonctives ; b, fibres musculaires.
est logée entre les deux pièces de soutien et cachée en partie par le muscle radiculaire moyen qui a la même disposition générale que chez Helix pomatia; le muscle radulaire antérieur est une mince lame triangulaire dont le sommet répond à l'entrée de l'artère pharyngienne dans le bulbe et dont les faisceaux divergent en éventail, en partant de ce point, pour aller se perdre dans les lèvres; quant au muscle radulaire postérieur, il n’est plus représenté que par quelques petits faisceaux assez difficiles à voir. L'ensemble de la plaque de soutien est le même que chez l'Escargot, mais les deux pièces dont elle se compose sont plus indépendantes l'une de l'autre et présentent une coloration brun rougeâtre qui ne rappelle plus en rien celle du cartilage.
La structure de ces cartilages linguaux ressemble beaucoup à ce qu'on à vu chez Helix aspersa. Le plus grand nombre des fibres