Paris, 1855; voir à Ja fin du premier volume
RE
sons et des Mollusques !, il s'occupe surtout, il est vrai, des cartilages des Poissons chondroptérygiens et du cartilage céphatique des Céphalopodes qu'il considère comme constitués essentiellement de la même façon, mais il décrit et figure les cellules qui composent le cartilage lingual du Buccin et les compare aux cellules cartilagineuses des Lamproies. Le seul fait intéressant que nous devons retenir de ce mémoire, c'est que les cartilages du Buccin, ayant été soumis à la coction, n’ont fourni que de la gélatine.
Ce n’est en réalité que des recherches de M. Legerr ? que datent nos connaissances un peu précises sur la structure intime de ces cartilages. Leger étudie ces organes dans les genres Patelle, Buccin, Doris, Halyotis, Paludine et Limace en s'étendant beaucoup plus, toutefois, sur la radula en elle-même que sur les pièces qui lui servent de support. Chez Buccinum undatum et chez Paludina vivipara, les cartilages seraient formés de grandes cellules semblables aux cellules végétales ou aux cellules de la chorde dorsale des Batraciens, mais la figure qu’il donne pour le Buccin (tig. 9) répond peu à sa description et nous verrons plus tard qu’elle ne répond nullement à la réalité.
Chez l’Haliotide, Leserr décrit les cartilages comme formés par des faisceaux entrecroisés dans lesquels on reconnaît une substance fibreuse ou granuleuse, faisceaux circonscrivant de grandes mailles dans l’intérieur desquelles il n’a pas vu les cellules qui s’y trouvent, Chez les Limaces, la langue est supportée par une selle cartilagineuse formée soit par des fais- ‘ ceaux musculaires entrecroisés, soit par une substance cartilagineuse.
Quelques années plus tard, LeBert revient sur ces faits et paraît en donner une tout autre interprétation : « La masse charnue en forme de selle, dit-il, qui sert de support à la membrane triturante (radula), offre une couche si épaisse de cylindres musculaires que, dans une seule et même préparation, on croit voir au premier abord un mélange de globules et de cylindres; il n’en est rien cependant, et ce qu'on à pris pour des globules n’est autre chose que la coupe transversale d’un certain nombre de cylindres aplatis et verticaux des muscles |.
Ainsi LEBErT à méconnu les cellules”qui entrent dans Ja structure des pièces de soutien de la radula. [1 n’a guère mieux vu les fibres musculaires de ces pièces, car il les décrit et les figure comme de courts cylindres, plongés dans une substance homogène et formés par une seule matière plus ou moins granuleuse ; « c’est, dit-il, le véritable type du cylindre musculaire sans organisation interne. »
Ce sont encore les mêmes idées que l’on retrouve dans un premier mémoire de M. Semrer sur ce sujet. « Les cellules, décrites par Lebert, sont
1. Compt. Rend. de PAcad. sc., 25 novembre 1844, et Archives du Muséum, 1851, t. V.
2. Beobachtungen über die Mundorgane einiger Gasteropoden (Arch, für À Phys. von Muller, 1846). ; ; M ue Ce
3. LEBERT, Recherches sur la formation des muscles dans les animaux verlébr sur la structure de la fibre musculaire dans les diverses classes d'anim nat., 3e série, t. XIII, 1850, p. 169).
és et aux (Ann. Sc.
Lt dis thsttor aies A. 6 me die CD ver, 7. 4 î
ET ae
les coupes transversales de fibres musculairest. » Cependant il reconnait la véritable structure de ces fibres et il signale entre elles, chez la Limnée du moins, de grosses cellules qu'il considère comme étant de nature conjonctive. M. Semrer avait eu le tort de limiter ses études à quelques espèces de Mollusques, à celles précisément qui n'ont pas, comme nous Île verrons, de véritables cellules cartilagineuses. Aussi, à la suite de certaines critiques, il reprend ces recherches et les étend alors à un grand nombre de Mollusques. Dans ce nouveau mémoire ?, il décrit la plaque de soutien de la radula comme formée par trois muscles : deux symétriques, latéraux, formant les deux pièces principales de la plaque, réunis en avant par un muscle horizontal impair. Tels sont les seuls éléments que l'on trouverait dans les genres Limax, Sepia et Loligo; les cellules cartilagineuses apparaîtraient au milieu des fibres des deux muscles latéraux dans les genres Ampullaria, Vaginulus, Lymnœus, Planorbis, Helix, Bulimus et Arion,; elles se localiseraient chez Aplysia sous forme d'une masse située à la face interne des pièces de soutien et, enfin, composeraient uniquement ces pièces, sans aucun mélange de fibres musculaires, dans les genres Buccinum, Turbo, Trochus, Murex, Siphonaria, Janthina et Doris.
Dans sa monographie de Neritina fluviatilis ?, M. CLaparÈoes fait une revue d'ensemble des travaux antérieurs sur l'appareil buccal des Gastéropodes et ajoute de nouvelles observations sur l'histologie des cartilages linguaux. Il distingue trois variétés tant qu'à la structure intime de ces cartilages.:
1° Dans les genres Neritina, Patella, Buccinum, Cyclostoma, etc., on trouve de grandes cellules, à contenu clair et transparent, entre lesquelles il y aurait peu ou pas de substance intercellulaire;
% Chez certains Pulmonés, par exemple dans les genres Vitrina et Ancylus, ces cellules sont petites, aplaties et à parois très minces, « le tout donnant l'impression d'une formation épithéliale ou cartilagincuse »;
30 Chez beaucoup de Pulmonés, Hélix, Pupa, Clausilia, etc., les cartilages seraient formés par une substance fondamentale, amorphe ou fibreuse, contenant un grand nombre de corpuscules cartilagineux.
Ainsi, nous trouvons ici la contre-partie des idécs de M. Seuper. Alors que celui-ci ne voulait voir tout d’abord que des fibres musculaires dans les pièces de soutien de la radula, M. CLapaRËDE ne décrit que des éléments cartilagineux et ne fait nullement mention de tissu musculaire. Nous verrons plus tard combien il s’est trompé sur ce dernier point ; cependant, bien que certaines figures qui accompagnent son mémoire soient fausses (fig. 17) ou paraissent par trop schématiques (fig. 13, 20 à 25), on doit le considérer comme le travail le plus complet que nous ayons sur l'histologie de ces cartilages.
1. Carc Sewrer, Beiträge zur Anatomie und Physiologie der Pulmonaten (Zeitschrift für wiss. Zoologie, t. NI, 1856-57, p. 396). \
9. C. Seween, Zum feineren Baue der Molluskenzunge (Zeilschrift für wiss. zoalogie, 1858, t. IX). ; x 27 ME
3. En. CLaPaRÈDE, Anatomie und Entwickelungsgeschicte der Neritina fluviatilis (Arch. für Anal. und Phys. von Muller, 1857).
RU
Les travaux qu’il me reste à citer maintenant sont beaucoup moins
importants,
R. Berqu ! décrit la structure des cartilages linguaux dans les genres Onchidopsis et Marsenina; il y reconnaît une sorte de fibro-cartilage dont les fibres formeraient des mailles remplies par de grosses cellules et par une substance granuleuse, CLapaRÈDE Conteste la nature fbreuse de ce
tissu.
Fr. Bozc, dans son histologie comparée des Moliusques ?, refait la structure des cartilages linguaux de Neritina fluviatilis sans ajouter rien de bien nouveau aux travaux de CLAPARÈDE; de même, dans son étude du cartilage lingual de Pterotrachea coronata, on retrouve jes faits signalés antérieurcment par Iluxcey et Fr. E. ScnuLze.
Chez certains Néoméniens, la radula manque complètement; chez d’autres, elle est réduite à quelques dents implantées directement dans un tissu formé de grosses cellules qui seraient, d’après M. Pruvor ?, une différenciation des cellules épithéliales du pharynx. Ceci est à rapprocher des faits signalés depuis longtemps par Van BENEDEN chez l'Hyale ct la Limacine #.
Je mentionnerai, pour mémoire seulement, les auteurs qui n’ont parlé qu’accessoirement et en passant de ces cartilages.
MM. Iuxcey 5, Troscuer 5, Scuirr 7, ScuuzE $, DE LAcaze DUTHIERS 9, Sicarp 1°, Bourax !! et GarnauLir 12, les considèrent comme formés uniquement par des cellules cartilagineuses ou par un mélange de fibres musculaires et de cellules cartilagineuses.
MM. Joyeux-Larruie 1 et WEamann !# tendent à y voir un fibro-cartilage. Enfin M. Livon ‘5 décritles pièces de soutien de la radula, chez les Céphalopodes, comme formées uniquement de fibres musculaires.
1. Bidrag til en Monographi of Marseniaderne (Kongl. Danske Videnshabernes Selskabs Afhandlinger, 5e partie, 3° vol., Copenhague, 1853).
2. Beiträge zur vergleichenden Histologie des Molluskentypus (Arch. f. mikros. Anat., 1869, supplément).
3. Organisation de quelques Néoméniens (Arch. zool. exp., 2e série, t. IX).
4. NV. BENELEN, Anatomie des genres Hyale, Cléodore et Cuvierie (Nouv. Mém. de l'Acad. roy. de Bruxelles, XII, 1839). -— Sur la Limacina artica (1d., XIV, 1841).
5. On the Morphology of the Cephalous Mollusca (Philos. Trans., 1853).