‹ Les cartons de la manufacture nationale de SèvresChapitre 2 sur 10 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

sur une assiette un épisode de la bataille de Marengo, il chargea Percier de dessiner une bordure appropriée, et quand il entreprit la composition du « Service égyptien » qui fut offert en 1808 au Czar, il exigea que les marlis d'assiettes fussent ornés de reproductions d’hiéroglyphes, aussi exactes que pouvaient l'être les vues d'Égypte copiées au fond des mêmes assiettes d'après les dessins originaux de Denon. Beaucoup des décors dont on ine et une destination précises et

retrouvera plus loin la reproduction ont donc une or leur style particulier correspond souvent à des événements contemporains ou bien à l'un de

ces engouements de la mode dont la cour impériale subissait profondément l'impressi

Certains artistes, enfin, spécialisés dans un genre, parvenaient à en imposer le goût yle étrusque dont un certain nombre

Bergeret à qui l'on doit les compositions de

encore à Sèvres; reprenant le système décoratif employé par les Grecs, il n'hésita pas à dessiner

des décorations archaïques, en noir sur fond rouge, au centre desquelles Napoléon appara

nu, regardant passer un invalide vêtu d'un manteau antique et soutenu par des béquilles.

Avec les règnes de Louis XVIII, de Charles X et de Louis-Philippe, les défauts de la décoration sous Napoléon If s'accentuèrent. Les artistes de talent qui avaient assuré à fa production des quinze premières années du xiIx° siècle une originalité et un intérêt véritables avaient disparu : Brongniart père était mort en 1812, Percier ne collabora guère aux travaux de la maison après 1820. Une place prépondérante fut donc prise par des artistes d’une déplorable fécondité, Évariste Fragonard, le fils du grand peintre, Willermet, chef des ateliers de- peinture et de dorure, qui firent triompher à Sèvres un style bâtard, où les meilleurs éléments de Louis XVI et de l'Empire se retrouvent alourdis, déformés, liés les uns aux

autres sans pondération et sans goût. Puis vint la mode des imitations maladroites des styles

anciens : on ne composa plus que des pièces compliquées, soi-disant arabes, romanes, gothiques ou turques, et cette dégénérescence avait, en dehors de lappauvrissement général du goût, une cause qui tenait à la situation politique de la France. Tant que régna

Napoléon, les produits de la Manufacture furent marqués de caractères spéciaux, conséquence

du but que poursuivait l'Empereur en faisant exécuter à Sèvres des objets qui témoignaient de ses hauts faits : la généralité des décorations, somptueuses avec un peu de lourdeur, était pleine d'attributs guerriers, d’allégories belliqueuses. Lorsque vinrent les règnes pacifiques de Louis XVIII et de Louis-Philippe, ce genre de sujets dut être abandonné, et l'on arriva à orner les vases et les pièces de service des compositions les plus baroques : fatalement les ornements dont on les entoura s'abâtardirent et en quelque sorte s’épuisèrent. Toutefois

dans cette médiocrité, un artiste peu connu, attaché comme dessinateur à la Manufacture,

Leloy, apporta dans certains projets une note particulière qui mérite d’être signalée. Doué

du sentiment de la forme, ayant à un haut degré le don de la stylisation de la plante,

il composa, en dehors de toute préoccupation de styles, des décors, empruntés généralement à la flore, qui montrent un artiste consciencieux et riche d'idées. Les

nombreuses reproductions de frises du « Service forestier » de 1834 que l’on trouvera dans ce recueil permettront d'apprécier son habileté et son réel talent.

La période qui suivit a laissé, en art décoratif, de si fâcheux exemples que l’on ne saurait puiser sans danger dans les documents qui nous sont parvenus de cette époque. D'ailleurs les cartons du temps de Louis XVI, de l'Empire surtout, étaient assez riches pour fournir sans peine la matière de cette publication. Et puis, à chaque style ne faut-il pas, pour rencontrer un jugement équitable, le recul d'un siècle? Et le discrédit dans lequel

était tombé, il y a peu d'années encore, le style Empire, dont on reconnaît aujourd’hui les

qualités, ne peut-il pas nous laisser espérer ou plutôt craindre que bientôt le style Louis-

Philippe ne trouve ses apologistes et ses historiens?

GEORGES LECHEVALLIER-CHEVIGNARD.

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PLANCHE I vices de l'Empereur. — Composition de Brongniart père, 1807.

F16. 4. — Motif de frise destinée à être reproduite en dorure. Composition de Saint-Ange, 1806.

. Fic. 7 et 8. — Motifs de frises destinées à être reproduites en dorure. — Composition de Saint-Ange d’après Per-

cier, 1806.

PLANCHE II 2 4 > 5 [ à LE 6 7 | Fic. 1. — Modèle de la table dite « des Saisons ». Composition | & 5 . à l'aquarelle de Percier, 1806. Diamètre : o"$65. | Fic. 2 et 3. Motifs empruntés au modèle composé par Perc'er pour le secrétaire dit # de la Famille Impériale », des- 1 tiné à l’impératrice Marie-Louise, 1811.

FiG. 4 et 3. — Motifs empruntés au modèle composé par Per- | cier pour le secrétaire dit « de la Bataille des Pyra- | mides », 1804.

Fic. 1. — Motif de frise ornant le bord du seau à bouteille du > PLANCHE Il service de table, dit « Service Masson ». — Composition exécutée sous la direction de l'architecte Masson, d’après des dessins rapportés par lui d'Italie. Ce service a aussi porté le nom de service arabesques. (Pour la reine, d'après les fresques de Raphaël.) Modèle de 1784. Fic. 2, 3, 4 et $. — Détails de la frise reproduite figure 1. ES Fig. 6. — Motif de la frise d’un des saladiers du # Service arabesques ».

4 F1G. 7. — Détail de la frise d'un autre saladier du même service.

FiG. 8, 9, 10 et 11. — Motifs de frises de pièces diverses du > Se même service.

; 8 | PLANCHE IV Fic. 1. — Motif de décoration de la table des Saisons, « L’Au- Fic. 1, 2, 3, $ et 6. — Motifs de frises d'attributs militaires, tomne ». (Voir l’ensemble, PI. I.) — Composition de

destinées à être exécutées en dorure pour un des ser- Percier, 1806.

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