‹ Les cas de fièvre de MalteChapitre 15 sur 32 · W. Bensis, op. cit · texte numérisé non relu

W. Bensis, op. cit

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est une nécessité encore plus impérieuse que pour la séro-réaction typhique : de même que pour celleci, il ne faut user que des cultures récentes. Les cultures en bouillon du quatrième au sixième jour sont les seules qui aient quelque valeur. Après le sixième jour, le coccus de Bruce commence à s’agglutiner seul dans les cultures, et dans ces conditions ne peut que fausser les résultats.

Il faut rejeter toute culture dont le développement a commencé après le cinquième jour à la température de 37 degrés. Les ensemencements de vieux échantillons du micrococcus melitensis demandent bien plus de quatre jours pour se développer. Souvent, ce n’est qu'après le septième ou huitième jour que le bouillon se trouble; presque toujours dans ces cas le coccus pousse en s’agglutinant d'emblée. Il ne suffit donc pas que la culture soit fraîche, mais aussi et surtout qu’elle ne provienne pas d’un vieil échantillon. Nous pensons que, pour n’avoir pas tou- Jours observé ces règles, on en est arrivé à des résultats erronés. Du reste, le contrôle de la culture qui doit servir à la réaction doit être minutieux. Si on n’a pas, sous la main, une culture fraiche en bouillon, nous recommandons de faire une dilution par trituration d’une culture sur agar dans du bouillon stérilisé. Ces dilutions par trituration. s’obtiennent facilement et sont presque toujours parfaitement homogènes, ce dont il faut, du reste, s’assurer. C’est une méthode à laquelle on est forcé de recourir parfois dans les cas pressants, à cause de la lenteur du

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développement des cultures du micrococcus melitensis.

Voici maintenant, en ce qui concerne la séro-réaction, ce que nous avons observé dans nos cas :

1° La réaction agglutinante du sérum apparait du neuvième au treizième jour de la maladie, mais elle est lente au début et n'apparaît souvent qu'après deux ou trois heures ;

2 La réaction la plus intense apparaît entre le trentième et quarantième jour de la maladie; elle va ensuite en décroissant jusqu’à la convalescence ;

3° La séro-réaction, pendant la période d'état de la maladie, fut très intense chez presque tous nos malades (r pour 1.000 ; 5 pour 10.000.) Chez un seul de nos malades, la réaction fut d'intensité moyenne (1 pour 300), et elle a précisément coïncidé avec la durée la plus longue de la maladie ;

4° Après la dernière période fébrile, la réaction agglutinante baisse tellement vite que, après un mois, elle se produit avec peine à 1 0/0;

5° Quatre mois avant la fin de la maladie, la réaction agglutinante avait complètement disparu chez tous nos malades ;

6° De même que l’agglutination typhique, l’agglutination mélitéenne se produit aussi bien avec les microbes morts qu'avec les vivants ;

7° En règle générale, le sérum des malades atteints de fièvre rémittente agglutine le coccus de Bruce à des taux beaucoup plus faibles que ne le fait le sérum des typhiques à l'égard du bacille d’Eberth,

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mais cette propriété agglutinante disparaît bien plus vite que chez les typhiques.

Se basant sur cette agglutinabilité intense, quelques auteurs (surtout anglais et américains) ont prétendu qu'il ne faut pas mettre sur le compte de la fièvre de Malte des agglutinations inférieures à I pOur 1.000. :

Nous ne saurions trop protester contre cette affirmation contraire à tout principe de pathologie générale. L’hémoculture a, du reste, fait justice de cette idée. Ce qu'il y a de certain, c’est qu'il faut rejeter les agglutinations par trop faibles (1 pour 50) qui ne sont souvent pas spécifiques. »

Le micrococcus melitensis a été recherché aussi par ponction de la rate et dans les urines.

Dans trois cas, le micrococcus a été trouvé dans les urines qui l’ont agglutiné spécifiquement.

Chez le malade de notre observation IV, examiné

à ce point de vue, on ne trouva pas le micrococcus melitensis.

Quoique moins importante, il nous faut maintenant signaler le méthode de Bordet et Gengou, étudiée par Sicre en Algérie ; la réaction fut nette, positive dans les cas IIT, IV et V.

Il est nécessaire maintenant d’insister sur les différentes affections dont le diagnostic peut être soulevé

à l’occasion d’une fièvre de Malte. C’est avec la.

fièvre typhoïde que la confusion sera le plus facile, surtout dans nos régions, ce qui n’a rien d'étonnant puisque la fièvre de Malte elle-même a été con-

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