D OP ET SR RER
fuses, de l'amaigrissement, la pâleur accusée des téguments, tous symptômes habituels de la fièvre de Malte. Le dicrotisme du pouls, signe plus rare, fut très marqué ; par contre, il n’y eut pas de manifestations testiculaires, localisation de l'affection assez fréquente, au dire des auteurs.
L'évolution de la maladie se fit en cinq mois dans le premier cas, en trois mois dans le second.
Ce dernier fut non seulement plus court mais beaucoup
moins intense. Si nous nous en rapportons aux descriptions
antérieures de la fièvre de Malte, notre première observation appartientaux formes d'intensité moyenne, la deuxième aux formes frustes ; voilà pourquoi le diagnostic déjà délicat à établir dans la première observation devenait presque impossible dans le second cas, si le hasard n’avait placé côte à côte ces deux malades dans notre service. |
Le diagnostic clinique une fois posé fut vite confirmé par le laboratoire : le sérum de nos deux malades agglutinait au 1/100 le micrococcus melitensis, Le microbe de Bruce fut isolé à deux reprises par l’ensemencement sur bouillon du sang du premier sujet. Enfin le sérum de nos deux malades
déviait le complément en présence du melitensis.
Ces deux observations soulèvent un certain nombre de points, de solutions plus ou moins faciles.
Nos malades n’ayant jamais quitté Paris n’ont pu contracter ailleurs leur maladie.
Du fait de leur profession ou en dehors d'elle, ils n’ont jamais été en contact avec des chèvres, source la plus habituelle de contagion de la fièvre de Malte ;
celte cause d'infection peut donc être ici écartée.
Leur métier, au contraire, les mettait en rapport constant avec des moutons ; ils ont pu, de ce fait, se contaminer, que ces moutons aient été atteints
de fièvre de Malte ou qu'ils aient recélé son microbe
dans leur toison. |
D'après notre enquête, il résulte que les moutons manipulés par nos malades étaient d’origine française; mais il a pu s’en glisser parmi eux qui venaient de Malte, du Monténégro, ou de l'Algérie, pays où la fièvre ondulante existe à l'état endémique.
D'ailleurs, même dans l’hypothèse de moutons de provenance exclusivement française, ces derniers ont pu se contaminer ou souiller leur toison, au cours de leur transport dans des wagons infectés.
En supposant établie l’origine ovine de ces deux
cas de fièvre de Malte, on peut invoquer comme
porte d'entrée du microbe : une plaie accidentelle des mains en contact permanent avec le sang des animaux, au cours de leur dépouillement ; l'inhalation de poussières microbifères venant de leur toison et, enfin, l’ingestion de germes mélés aux aliments, les bouchers ayant souvent la mauvaise habitude de se servir du même couteau pour
dépouiller les animaux et couper leur nourriture.
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