INTRODUCTION
En 1887 Bruce découvrit à Malte un microbe auquel on donna le nom de micrococcus melitensis <t qui est universellement reconnu aujourd'hui pour
l’agent de la fièvre de Malte ou fièvre méditerranéenne.
Quelques années plus tard, en 1897, Wright montra que le sérum des malades agglutine spécifiquement le micrococcus melitensis, Grâce à ces moyens bactériologiques, on a pu identifier un certain nombre d’affections fébriles classées jusque-là sous des noms divers, telles que la fièvre sudorale, Fa en Italie, la fièvre napolitaine, le rock fever de x Gibraltar, et nombre de ces fièvres méditerranéennes appelées tantôt adéno-typhoïdes, tantôt typhoïdes inlermittentes, tantôt encore typhoïdes atypiques.
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Toutes ces affections avaient été considérées comme des formes diverses de fièvre typhoïde, mais leur unité avait été pressentie déjà à cause de leurs allures cliniques communes.
Signalée surtout dans le bassin de la Méditerranée, à Malte, en Italie, en Espagne, à Malaga, dans les ports de la mer Rouge, on sut bientôt que la fièvre de Malte pouvait également s’observer dans les pays beaucoup plus éloignés, en Chine, aux Philippines, aux Indes, au Transwaal, aux Canaries, à Zanzibar, dans l'Amérique du Sud, aux Antilles, au Mississipi, et on devait penser dès lors que cette maladie était en réalité beaucoup plus répandue qu’elle ne l'avait semblé jusqu'ici.
IL était donc naturel de rechercher cette maladie dans les parties du bassin méditerranéen où elle n’avait pas encore été constatée, notamment dans là région du Midi de ia France, en Algérie eten Tunisie.
Ce n’est qu’en 1904 que Nicolle à Tunis, Gillot à Alger, purent démontrer l'existence de la fièvre de Malte dans ces régions. Par contre, l’enquête bactériologique, faite en 1905 à Marseille, à Toulon, à * Cannes, à Nice, ne donna que des résultats négatifs.
Cependant, il semblait bien que certaines affections ayant évolué sous forme d’épidémie à Cannes en 1ÿy00, et certaines épidémies antérieures, pussent être rapprochées de la fièvre méditerranéenne.
Ce n’est que le jour où Danlos, Wurtz et Tanon attirèrent l'attention sur la possibilité de cas de fièvre
de Malte en France qu'on vit paraître successive-
= 9 ——— ment toute une série d'observations de cette affection dans notre pays.
Parmi ces nombreux cas, dont quelques uns évoluèrent sous forme épidémique, les uns furent observés dans le Midi de la France ainsi qu'on devait s’y attendre à cause du voisinage des régions habituellement infectées, d’autres furent observés en plusieurs points du territoire, mais chez des individus revenant précisément des régions où la fièvre de Malte est endémique.
Des cas, jusqu'ici moins nombreux que les précédents, ont été dûment constatés dans la région parisienne et ce sont ceux, au nombre de cinq, que nous nous proposons d'étudier ici au point de vue des conditions étiologiques, de la symptomatologie, des difficultés du diagnostic,du pronostic. Nous verrons ensuite s’il y a lieu dediscuter certaines mesures prophylactiques éventuelles.
L'intérêt de cette étude parait justifié par le nombre croissant des cas de fièvre de Malte qui ne sont probablement, comme le dit Wurtz, que le commencement d’un longue série.
La maladie d’ailleurs sera sans doute plus souvent et plus facilement dépistée à mesure qu’elle sera
mieux connue.