‹ Les cas de fièvre de MalteChapitre 5 sur 32 · CAS DE FIÈVRE DE MALTE NOTOIREMENT CONTRACTÉS · texte numérisé non relu

CAS DE FIÈVRE DE MALTE NOTOIREMENT CONTRACTÉS

DANS. LA Région PARISIENNE Pre

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Les £ cas que nous avons en vue sont: | 1° Les 2 cas présentés par MM. Danlos, Wire et Tanon à la Société médicale des Hôpitaux de à. Paris (séance du 4 décémbre 1008) HR dune > Le cas de MM. Gouget, Lafont & À. Weil , présenté à la Société médicale des ee de Paris (séance du 10 décembre 1909) ;. Re 3° Deux cas de MM. Jules Auclair et Paul Braun, relatés dans une communication à l’Académie des ; Sciences le 27 décembre 1909.

Ces deux derniers malades ont contracté. leur affection à Paris même, qu'ils n’ont jamais quitté. Se Leur observation détaillée nous à été obligeamment communiquée par M. Jules Auclair.

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en !,

CONDITIONS ÉTIOLOGIQUES

Les cas que nous allons étudier sont des cas de fièvre de Malte nostras.

Les malades des observations I et IL ont évidemment contracté leur affection en Seine-et-Oise.

Les malades des observations IV et V l'ont sans aucun doute contractée à Paris même, ainsi que cela résulte de la lecture et même de leur observation.

Le malade de observation I{I a bien été autrefois aux colonies ; mais ici encore, il paraît bien probable que c'est dans le Nord de la France (sans qu'on puisse exactement préciser la région) qu'il a dû s’infecter.

Il est aujourd'hui de notion courante que le grand facteur de transmission de la fièvre méditerranéenne n’est autre que la chèvre; la maladie se transmet aux personnes qui vivent dans son entourage Ou qui en absorbent le lait. Cette constatation, actuellement indiscutable, a été confirmée notamment par la commission anglaise à l’ile’de Malte.

Cette notion étiologique s'applique évidemment aux deux cas de MM. Danlos, Wurtz et Tanon :

En effet, dans un but humanitaire et pour propager l’usage du lait de la chèvre, animal réputé

réfractaire à la tuberculose, l'un des malades, ami de M. le D' Danlos, avait fait venir à grands frais des chèvres d’Espagne, de Suisse, d’Asie Mineure et même .de Nubie. Dans ce troupeau modèle, une épidémie se déclara, épidémie qui fit environ une vingtaine de victimes, et qui n'était pas encore terminée quand nos deux malades furent atteints.

L'origine de la fièvre de Malte est évidemment ici la contamination par les chèvres, soit par contact direct, soit plutôt par l’usage du lait.

La preuve de cette filiation nous est fournie par l'examen du sang des chèvres guéries. Elles sont au nombre de quatre, et le sang de trois d’entre elles agglutine au titre voulu le micrococcus melitensis.

Dans le cas de M. Gouget, la contamination s’est peut-être faite aussi par la chèvre ; le malade, en effet, est un boucher, qui a été fréquemment en contact avec cet animal. Cependant, il a également abattu d’autres bestiaux, et en particulier des moutons.

Dans les observations de MM. Jules Auclair et Paul Braun, l'origine caprine doit être exclue, comme l'ont démontré ces auteurs : les deux bouchers dont il est question n'ont jamais été en contact avec des chèvres et n’ont jamais bu de lait de chèvre ; ils étaient exclusivement occupés à l'abattage des moutons. Ce serait donc à une origine ovine qu'il faudrait attribuer ici la maladie.

Cette notion n’est d'ailleurs pas contraire aux idées actuellement admises ; car l’origine caprine

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n’est pas exclusive, bien qu’elle soit considérée comme la plus fréquente.

On sait, en effet, que la fièvre de Malte a pu être transmise à d’autres animaux, notamment au singe, par Bruce lui-même. Les vaches, les chevaux, les ânes, les mulets, les moutons, les chiens, les chats, les lapins, les cobayes même malgré leur résistance, peuvent être infectés. Pour ne prendre que les cas récemment signalés, le malade de Guillain et Troisier revenant de Malaga où il avait contracté la fièvre de Malte, n'avait pas été en contact avec des chèvres.

Il ressort cependant de cette courte étude que les . cas de fièvre de Malte observés jusqu'ici dans la région parisienne paraissent être d’origine animale.

Une deuxième question se pose maintenant :

quelle est l’origine des animaux agents de transmission ?

Les chèvres malades de Seine-et-Oise venaient de pays habituellement infectés.

Dans les trois autres cas, on ne peut que soupconner l’origine exotique des animaux causes de Pinfection.

MM. Jules Auclair et Paul Braun ont pufaire une enquête au sujet des animaux abattus à la Villette. I1$ ont ainsi appris que les moutons manipulés par leurs malades étaient tous, d’après ceux-ci, d’origine française. Mais n’est-il pas naturel de penser que des animaux d'origine étrangère aient pu s’y glisser 2Il est certain, en effet, que quelques-uns des moutons arrivés aux abattoirs Jde la Villette viennent des

régions méditerranéennes, d'Alger, du Monténégro, de lItalie. |

Les moutons étaient-ils eux-mêmes infectés ou portaient-ils seulement. le germe pathogène ? C’est là une question que les auteurs se sont légitimement posée. Il est possible, en effet, que les moutons se soient trouvés en contact avec des chèvres infectées.

D'ailleurs, il se peut que des chèvres ou d’autres animaux autochtones soient eux-mêmes atteints par la maladie plus fréquemment qu'on ne se l’imagine d'ordinaire.

C’est un point qui mériterait d’être étudié en France. Deux médecins anglais, Boxell et Damante, n'ont-ils pas découvert l'existence de l'infection par leur séro-diagnostic chez des chèvres anglaises, n'ayant jamais quitté l'Angleterre ou la principauté de Galles et paraissant d’ailleurs absolument saines ?

Nous devons maintenant nous demander comment nos différents malades ont pu s’infecter.

On sait que la maladie est facilement transmissible à l’homme : dans les laboratoires notamment, la transmission à l'homme par une simple plaie, par une écorchure, est, paraît-il, assez fréquente. D'autre Part, l'absorption du lait de chèvre est une des causes principales de la maladie à Malte même.

Les deux malades de Seine-et-Oise paraissent s'être infectés, d’après M. Danlos, soit par contact, Soit par le lait. Chez les trois autres malades dont nous relatons les observations, l'infection # pu se faire, soit par contact, soit encore et plus probable-

ment par l’intermédiaire du couteau qui a servi à tuer les animaux. M. Gouget d’une part, MM. J. Auclair et P. Braun d'autre part, ont fait remarquer que les bouchers, dans les abattoirs, tiennent volontiers le couteau entre leurs dents, et il suffit, comme l’ont fait ces derniers auteurs, d'aller aux abattoirs de la Villette, Pour constater que les bouchers, soit par négligence, soit par dépravation, soit plutôt par fanfaronnade, coupent leur pain avec le couteau tout sanglant qui vient de leur servir à tuer les animaux.

Dans ces conditions, point n’est besoin, semble:t-il, de discuter plus longuement le mode de transmis sion de l'infection.

Signalons seulement pour mémoire la possibilité de transmission de la maladie par les mouches ; elle a été reproduite expérimentalement, nonsans grandes difficultés.

De l'examen de nos cas, ressort encore le fait que sur les cinq malades observés, trois ont la même profession : garçon boucher chargé de l'abattage des animaux ; C'est là une notion étiologique qu'il ne faudra pas perdre de vue lorsqu'on sera en présence d’une infection de nature douteuse.

SYMPTOMATOLOGIE

« l'intention de retracer ici toute

Nous n'avons pa d'hui classique de la fièvre

la symptomatologie aujour de Malte.

Nous voulons seulement étudier la s logie des cas étudiés dans nos régions, et mettre en cipaux symptômes observés ; car si ent mettre sur la voie du diaeuvent être des causes

ymptomato-

valeur les prin d’une part ils doiv gnostic, d'autre part, ils p d'erreur. |

Le symptôme dominant de la fièvre de Malte est constitué par la fièvre, qui présente d’ailleurs des types variables. C'est habituellement le type de la fièvre ondulante ; la température monte progressivement et par ondulations, avec rémission matinale, ce qui rappelle la fièvre typhoïde ; elle atteint ainsi en enne 39 à 40 degrés. Elle reste élevée pendant s, tout en présentant des oscillations

lorsqu'on s'attend à voir la fièvre

moy quelques jour

journalières. Puis, la température redescend en lysis, attei-

persister, lations descen-

gnant à peu près la normale par oscil dantes. On pense alors que la convalescence s’établit ; mais après deux ou trois jours d’oscillations

stationnaires, une nouvelle ascension thermique se

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