‹ Les castes dans l'Inde: les faits et le systèmeChapitre 80 sur 111 · Apast. Dh. S., I · texte numérisé non relu

Apast. Dh. S., I

3. Çalap. Brâhm., XIV, 4, % 26, cité Ind£Stud. y X, p. 10. Arya varna et dâsa varna se [retrouvent dans le Çàokh4yana brâhmana, cité Ind. Stud., X, p. 4 note,

signé collectivement toute la race claire des envahisseurs.

Il est donc certain que la terminologie du système repose sur un passé différent. Elle enveloppe dans son réseau et façonne à sa convenance des divisions qui, d'origine, correspondent à des notions tout autres, des termes qu'elle a détournés de leur portée première. Retenons l'avertissement.

Quelque idée que l'on se fasse de l'état des choses à l'époque védique, il est incontestable que les hymnes distinguent, dans la population aryenne, trois grandes catégories : les prêtres, les chefs et le peuple ; les prêtres, que, sous des titres variés, nous retrouvons sans cesse occupés aux œuvres du sacrifice et à la composition des chants qui l'accompagnent, — les chefs, que nous suivons dans les combats et dans les assemblées, — le peuple toujours désigné par un pluriel qui le plus souvent nous montre les « clans » qui le composent entourant les chefs à la guerre.

Que, dès lors, les fonctions sacerdotales aient été solidement organisées, protégées contre des intrusions trop faciles, leur complication même nous en est garante ; que, comme partout, le pouvoir royal ou, d'une façon plus générale, la dignité des nobles ait eu une tendance marquée à

se fixerpar une hérédité plus ou moins rigoureuse, le fait est universel. Mais il faut assurément une forte prévention, le parti pris de retrouver dans le passé les enseignements du système brahmanique, pour découvrir, dans cette triple classification, des castes au sens strict du mot, telles que les suppose la doctrine ou l'usage plus moderne. Aucun des caractères qui font la caste n'est expressément mentionné.

Les trois termes sont parfois rapprochés * ; ils embrassent visiblement tout l'ensemble du peuple aryen. Un vers 2 assure que « les viças (les clans) s'inclinent spontanément devant le chef (râjan) que précède un brahmane [brahman) », c'est-à-dire, pour parler le langage technique, devant le roi qui a un purohita ou prêtre domestique. Tout en constatant que les prétentions du pouvoir sacerdotal sont déjà établies, il présente la situation sous son vrai jour : le roi et le prêtre, dans la fonction qui leur est propre, mis en regard du peuple entier. Nous sommes en présence de classes plus ou moins fermées et jalouses, non pas de castes.

On ne peut cependant méconnaître que cette triple division corresponde exactement aux trois

Page 1