‹ Les catacombes de RomeChapitre 21 sur 100 · Suétone, \'ie de Néron, 16 et · texte numérisé non relu

Suétone, \'ie de Néron, 16 et

ment, en Italie, à une polémique très vive et provoqué l'apparition de multiples articles, brochures et livres. M. Carlo Pascal a soutenu que l'incendie de Rome eut vraiment pour auteurs quelques chrétiens exaltés et fanatiques, qui vivaient dans l'attente et l'espoir d'un grand cataclysme et croyaient, en le provoquant, hâter l'avènement du royaume de Dieu '. M. Attilio Profumo, dans un ouvrage de proportions considérables et très documenté, où tous les éléments du problème sont examinés avec le soin le plus minutieux, incrimine Néron et absout les chrétiens : il croit que ceux-ci furent poursuivis, non pas pour le crime d'incendie en 64, mais en 65, à l'occasion du complot de Pison '. MM. Pascal et Profumo n'ont pu réussir à faire accepter leurs théories. Il faut s'en tenir aux chapitres très clairs de Tacite, qui établissent un rapport direct entre l'incendie et la persécution et qui suggèrent une explication très simple et très vraisemblable de la catastrophe de juillet 64. Il n'est pas absolument nécessaire qu'il y ait eu des coupables ; peut-être le feu a-t-il éclaté par hasard, forte, selon le mot même de Tacite, sans que Néron ou les chrétiens l'eussent allumé ; les incendies étaient fréquents et terribles à Rome, où les maisons, construites souvent en bois, s'entassaient confusément dans les faubourgs populaires et aux abords des Forums, des temples et des palais du centre; ceux qui désolèrent la ville sous Titus, sous Commode, sous Carin, n'ont jamais été imputés aux em-

1. C. Pascal, L'inccndio di Roma e i primi cristiaiii, Milan,

2. A. Profumo, Le font i cd i tcinpi dcllo inccndio uçroniano, Rome, 1904.

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pereurs ni aux chrétiens ; pourquoi celui de 64 ne serail-il pas dû, lui aussi, à un pur accident, dont la foule rendit responsable un prince détesté et dont le prince, à son tour, fit retomber la responsabilité sur les adeptes d'une religion suspecte '?

Saint Clément Romain, dans sa première Epiire aux Corinthiens, écrite à Rome même vers l'année 96, cite saint Paul et saint Pierre parmi les victimes delà persécution néronienne; tous les polémistes et les historiens chrétiens des âges suivants adoptent unanimement cette tradition ; elle est exposée, sous sa lorme la plus développée, avec maintes amplitications légendaires, dans les Actes apocryphes des saints Pierre et Paul, rédigés au V ou au vi^ siècle". Les deux apôtres auraient péri le même jour ; les martvrologes et les calendriers placent au 21 juin leur fête commune ; en même temps qu'eux on commémorait à cette date neuf-cent-soixanie-dixhuit martyrs anonymes, qui ne sont autres peutêtre que les chrétiens de Rome condamnés et exécutés, comme eux, sur l'ordre de Néron. Saint Jérôme place la mort des saints Pierre et Paul trois ans après celle de Sénèque, c'est-à-dire en bj '". il est possible en etîet qu'ils n'aient pas péri dès le lendemain de l'incendie, mais seulement un peu plus tard, à la tin de la persécution, qui aurait dure, dans cette hypothèse, plusieurs années. D'après Tertul-

1. (i. BoissiiiR, dans le Journal des Savants, 1002, p. i58- \()~\ P. Ali.ard, dans la Revue des Questions historiques, iQo3, I, p. ivi-i-l-iyS et iqof), F, p. ;vj4-?-23.

2. R. A. Lii'sics, Acia afostoloruni apoery-pha, i Acta, Pétri, Acta Paiili etc., Leipzig, 1891.

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