‹ Les catacombes de RomeChapitre 20 sur 100 · I. SuÉTONH, Vie de Claude · texte numérisé non relu

I. SuÉTONH, Vie de Claude

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mande et obtenu, en sa qualité de citoyen romain, d'être jugé dans la capitale, où on le conduit sous escorte. Saint Paul atteignit le but de son vovage en 60, après une navigation pénible et mouvementée, que les Actes des Apôtres racontent en détail. Il resta à Rome jusqu'en 63, prisonnier, il est vrai, mais soumis à un régime très doux, k la détention militaire, » custodia militaris; confié à la garde d'un soldat qui l'accompagnait partout, il vivait chez son geôlier, avec la permission, toutefois, d'aller et de venir, de recevoir et de faire des visites, d'écrire et même de prêcher. Les /lc'^c?5 assurent qu'il profita de cette demi-liberté pour entrer en relations avec les chrétiens de la ville, qui l'attendaient impatiemment, avec les Juifs et même avec les païens, parmi lesquels beaucoup se convertirent. S'il est établi maintenant que les lettres qu'il aurait échangées avec le philosophe Sénèque sont apocryphes, du moins paraît-il certain aussi que plusieurs de ses Epitres authentiques, adressées aux communautés chrétiennes de Grèce et d'Orient, ont été rédigées à Rome pendant sa captivité.

A partir de l'année 63 on perd sa trace ; le récit des Actes des Apôtres: s'interrompt brusquement. Saint Paul dut comparaître en justice devant l'empereur Néron ou devant le préfet du prétoire ; il fut sans doute acquitté, comme il l'avait été précédemment à Corinthe ; la loi romaine ne voyait encore rien de répréhensible dans sa prédication; aux yeux des magistrats impériaux, les chrétiens ne formaient qu'une secte judaïque et leurs ditïérends avec les Juifs n'intéressaient nullement l'Etat. Peut-être saint Paul, aussitôt libre, est-il parti pour l'Espagne, comme le

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donnent à entendre un texte de saint Clément Romain, à la fin du i'^'' siècle, et un fragment anonyme du u^ siècle publié par Muratori en 1740. En tout cas, d'après la tradition romaine, son absence ne dut pas être de longue durée, puisqu'on le compte au nombre des victimes de la première persécution, ordonnée en 64 par Néron.

Pendant neuf jours, du 19 au 28 juillet 64, un incendie d'une extrême violence ravagea les vieux quartiers de Rome, détruisant une quantité prodigieuse de maisons particulières, d'édifices publics et d'objets précieux. D'après Tacite ', cet événement fut le prétexte qu'invoqua Néron pour sévir contre les chrétiens, enfin distingués des Juifs : soupçonné lui-même d'avoir fait mettre le feu, afin de se débarrasser à bon compte des constructions qui l'empêchaient d'agrandir son palais, il rejeta sur les chrétiens le crime odieux dont on l'accusait et les condamna, comme incendiaires, à des supplices atroces : les uns furent livrés aux bêles, d'autres mis en croix, d'autres encore brûlés la nuit, en guise de torches, dans les jardins du Vatican. Suétone parle de l'incendie et de la persécution en deux passages distincts de sa Vie de Néron ^ et sans les rattacher lun à l'autre-; les écrivains chrétiens qui décrivent les rigueurs sanglantes de Néron ne disent rien de l'incendie, sauf Sulpice Sévère et l'auteur inconnu des lettres supposées de saint Paul et de Sénèque, qui dépendent de Tacite.

La discussion de ces textes a donné lieu réccm-

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