‹ Les catacombes de RomeChapitre 36 sur 100 · I.I-.S C\TACOMBi;S ni. romf · texte numérisé non relu

I.I-.S C\TACOMBi;S ni. romf

I If)

fas'adc. les dispositions de l'intcricur autorisent à ratiiibuer au temps des empereurs Flaviens, entre la persécution de Néron ci celle de Domitien. Mgr Wilpert n"hésite pas à dater de la seconde moitié du premier siècle sa magnifique décoration picturale; les frondaisons ramifiées et sinueuses d'un vaste cep de vigne, où se jouent de petiis génies ci des oiseaux, recouvrent toute la voûte et retombent latéralement en testons gracieux ; sur les parois on distingue encore les vestiges de scènes bibliques, d'un banquet funèbre, de paysages, malheureusement fort abîmés; tout l'ensemble, par rélégante pureté du dessin et l'harmonie de la coloration, est vraiment d'un stvlc classique et digne d'être rajiproché des Iresques païennes de la bonne époque.

L'ambuiacre était lait pour recevoir, suivant l'usage primitif, des sarcophages de marbre ou de terre cuite, que l'cjn a retrouvés en place, alignés sur les côtés ou même en partie enfoncés dans la terre; le plus récent n'est pas postérieur au milieu du II' siècle. On se rend compte cependant, ici même, de la fat,'on dont s'est opérée, et de très bonne heure, sous la pression des nécessités pratiques, la substitution des lociili aux sarcophages : faute de place dans l'allée centrale, il fallut bien loger les corps à l'intérieur des murs qui la bordent; mais les premiers lociili, grâce à leurs revctei-.ients de stuc blanc, ont encore la forme et l'aspect de coflres de pierre encastrés dans les parois.

Quelques-unes des inscriptions funéraires recueillies à cet endroit et aux alentours sont celles, très certainement, de descendants uli frère aine de Vespasien et de leurs affranchis; au premier groupe

appariient Tt-pitaphe, en langue grecque, d'un nouveau Flavius Sabinus et de sa sœur Titiana, qui vivaient au ii'' siècle; appartient, entre autres, au second groupe Tépitaphe. en langue grecque également, d'un Flavius Ptoleniaeus, d'origine égyptienne. Tout concourt, par conséquent, à justifier le nom de 'Vestibule des Flaviens, qu'on donne d'habitude à la première entrée de la caiacombe de Domiiille,en façade sur la voie Ardéatine.

Non loin de ce vestibule, de Rossi a retrouvé et fouillé la basilique demi-souterraine des Saints-Xérée-et-Achillée et de Sainte-Pétronille , bâtie au iv« siècle sur remplacement d'une crypte du i'"' '. C'est là qu'au temps des invasions lombardes saint Grégoire le Grand prononça une homélie célèbre, dans laquelle il invoquait, en face des tombeaux des martyrs, les grands exemples donnés aux chrétiens par les victimes des persécutions. La basilique est mentionnée dans les itinéraires; celui d'Einsiedeln reproduit l'inscription métrique placée par le pape Damase sur la sépulture de Nérée et d'Achillée, et dont on a recueilli un fragment au cours des fouilles. Sur une autre inscription mutilée, où figure le dessin d'une ancre svmbolique, d^- Rossi restitue les mens :

sepulcRWM FlaviORyM

Si cette conjecture était certaine, nous aurions là une preuve nouvelle du rapport étroit qui existait

I. BuHett. di ardicol. crist., 1S74, pi. III; Xiioi'O Bullctt., 1899, fig, à la p. 23.

entre la famille des Flaviens et la catacomhe de l)omiiille; mais il reste trop peu de lettres iniacics peur que l'on puisse l'adopter sans réserves bne petite colonne brisée, qui provient de la basilique, représente en bas - relief une scène de martyre; au-dessus on lit le mot Acilleus ' ; le martvre de saint Néréc devait être retracé sur une autre colonne, qui faisait face à celle-ci. Derrière l'abside, le miir de fond d'un cubiculum est orné d'une peinture de la deuxième moitié du iv« siècle, qu explique une inscription : une chrétienne, nommée Veneranda, est introduite au ciel par la martyre Pétronilla. ^

Nous ne sommes renseignés que par les Actes légendaires sur la personnalité des trois saints auxquels la basilique était dédiée'.Il n'est pas impossible que Xérée et Achillée aient été effectivement des serviteurs de Flavia Domitilla. Pétronilla, ensevelie avant eux au même endroit, se rattachait, comme la femme du consul Clemens, à la famille des empereurs Flaviens. Elle aurait dû son nom, d'après les Actes, à saint Pierre, qui l'avait baptisée. La véritable explication est tout autre : Pétronilla veut dire fille de Petronia. Précisément le grand-père du préfet de Rome Sabinus et de l'empereur Vespasien s'appelait Titus Flavius Petronius; il eut pour fille une Petronia; Pétronilla est sa petite-fille, cousine de Vespasien. tante de Flavius Clemens et de la troisième Flavia Domitilla.

Comme le vestibule des Flaviens et la première

i.Biillctt.diarcheol. crist, .S;?, pi. IV. Ce bas-relief est reproduit plus loin, au chap. x. pi. XVIII, i. 2. Cf. ScHAEFER, daus la Rôm. Quartalsdtr., 1894, P- 89-119.

122 LES CATACOMBES 1)1'. ROMK

crypte de Nercc et d'AchilIce, la chapelle funéraire d'Ampliatus est l'une des parties les plus anciennes de la catacombe de Domitille '. Elle n'eiait pas reliée tout d'abord au reste du cimetière et Ton v pénétrait par un escalier séparé. Klle devait être destinée, au début, à recevoir des sarcophages; plus tard on perça deux arcosolia dans le mur du fond, puis, au m'' et au iv'' siècles, des locnli dans les murs latéraux, sans respecter les fresques anciennes qui les recouvraient; il fallut élever une arca-Je enii-e les arcusolia. pour étax'er la voiiie, et refaire les peintures du plafond. Mah^ré ces transformations, le cubiculum d'Ampliatus donne encore une idée très exacte de la façon dont les hypogées chrétiens du u^' siècle étaient disposés et décorés. Les rinceaux de vigne du plafond, bien que tardivement repeints, mettent une fois de plus sous nos yeux l'un des motifs préférés des premiers artistes de la Rome souterraine. Sur les parois, on retrouve les trompe-Fceil, les architectures fantastiques, les imitations de marbres de couleur, les petits pavsages encadrés qui caractérisaient le stvle alexandrin et pompéien.

Une inscription d"un seul mot, en grandes lettres,

AMPLIATI

qu'il faut rapporter, d'après la forme lIcs caractères, au début même du iT" siècle ou à la lin du i''". nous fait connaître le principal personnage enterré à l'origine dans cette chapelle. Au-dessus d'un arcoso-

I. DoM H. Lki:i.i;iu:i.i, ai ticlc J»!ji"//.T///.'.', ^lans le Dictioun. d'ai-cluii!. clirct. et de litiii-^ic.l. p. 1712-17-21. Voir ci-contre, Pl, IV,

Page 1