‹ Les catacombes de RomeChapitre 35 sur 100 · Elsèbe, Histoire ccclésiast., m, iS · texte numérisé non relu

Elsèbe, Histoire ccclésiast., m, iS

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Pontia, ils raccompagnèrent et plus tard, sous le règne de Trajan, ils subirent la mort avec elle à Terracine ; le corps de la sainte resta dans cette ville; les reliques de ses serviteurs furent transtérées à Rome et déposées dans le cocmeterium Domitillae, auprès de la tombe de sainte l^étronillc.

Faut-il admettre qu'il y eut deux Dumitillc chrétiennes, Tune femme et l'autre nièce de Clemens, exilées la première à Pandataria, la seconde à Pontia? Doit-on ajouter une quatrième Flavia Domitilla aux trois dont les écrivains païens nous révèlent Texistence: De Rossi est de cet avis. Remarquons cependant qu'aucun texte ne parle à la fois de la femme de Clemens et de sa nièce; les épreuves qu'elles auraient traversées toutes les deux se ressemblent trop pour qu'on ne soit pas tenté de recourir à l'hypothèse d'un dédoublement tardif. M. Gsell explique ingénieusement l'invention de la nièce de Clemens par une faute de copie : Eusèbe, en transcrivant le texte d'un auteur plus ancien, aura omis une ligne et lu Domiiille, nièce de Clemens, au lieu de Domitille, femme de Clemens, nièce de Domitien '. Les Actes des saints Nérée et Achillée, de basse époque, dépendent d'Eusèbe. Quant à la mention de Pandataria dans l'Histoire de Dion Cassius, au lieu de Pontia, elle n"a pas grande

I. St. Gsi;i.i,, Op. cit., p. 2()S. N'oici comment il faudrait restituer les quatre liL;ncs du texte primitif la troisième disparut dans la copie) :

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importance et s'explique tout naturellement : ces deux îles étaient situées Tune à côté de l'autre et servaient toutes les deux, sous l'Empire, comme lieux de déportation.

Le christianisme de Flavius Clemcns n'est pas plus certain ni moins probable que celui d'Acilius Glabrio. l^eut-étre étaient-ils l'un et l'autre de ces paiens à demi convertis, de ces chrétiens cachés et quasi honteux, — plus nombreux à Rome, surtout dans les hautes classes, qu'on ne le supposerait d'abord, — qui ne rompaient pas complètement avec leur ancienne religion, sans oser faire profession publique de la foi nouvelle, et qui cherchaient à concilier les mœurs traditionnelles de la société où ils vivaient avec leurs préoccupations intimes; une secrète adhésion à la doctrine du Christ donnait un commencement de satisfaction aux besoins de leur conscience; elle ne leur imposait pas encore de renoncer à toute promiscuité avec les adorateurs des dieux de l'Olympe ni à toute ambition mondaine. En ce qui concerne Flavia Domiiilla, nous pouvons être plus affirmatifs. Il est inutile d'insister sur les arguments très forts qu'on tire de la comparaison des textes littéraires, paiens on chrétiens, précédemment énumérés et de la découverte d'inscriptions mentionnant la pctite-hlle de Vespasien tout auprès du cimetière chrétien qui porte son nom. Ajoutons que les trouvailles faites par de Rossi dans la grande catacombe de la voie Ardéatine ont prouvé incontestablement que certaines parties tout au moins de cette nécropole remontent à une époque très reculée et qu'on v enterrait les membres, les serviteurs et les clients chrétiens de la famille Flavicnne.

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Les galeries explorées de la catacombe de Domilille forment trc'is régions : Tune du i^''ei du ii*^ sièeles, la seconde du lu'^ et du iv-', la dernière toute entière du iV. La seconde renferme des peintures remarquables, parmi lesquelles il faut citer une série de scènes représentant l'arrivée des blés de l'annone et la fabrication du pain. De Rossi cherchait à tort dans la troisième région la crvpte des saints Marc et Marcellien et la tombe du pape Damase, que Mgr Wilpert a rencontrées en (002 dans le cimetière de Balbine. prolongement et dépendance de celui de Callisie.

La première région est de beaucoup la plus importante. LIne grande entrée monumentale, construite à flanc de coteau, comme celle du tombeau paien des Nasones sur la voie Flaminienne, donnait de plain-pied sur la voie Ardéatine'. Elle était bâtie extérieurement en briques, sur t) mètres 25 de longueur, et surmontée d'une corniche en terre cuite; au-dessus de la porte on a pu relever les traces d'une inscription qui indiquait le nom des propriétaires de ce terrain, c'esi-a-dire. sans doute, le nom de !a gens Flavia. Du vestibule part une grande galerie, large de 2 mètres 5o, qui descend en pente douce et sur laquelle s'ouvrent des galeries transversales de plus petites dimensions; Vambiilacrum principal était éclairé par la lumière du jour; les passants, du dehors, pouvaient apercevoir les tombes qu'il contenait et même les peintures qui l'ornaient ; il date évidemment d'une époque de paix, où le christianisme était tcjléré; comme l'appareil de la

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