Cf. ci-dessus, chap. IV, p. c
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mort sous Valérien et fcices le 22 septembre, et les saints Félix et Adauctus, mis à mort sous Dioclétien et fêtés le 3o août. Boldetti, au début du xvii® siècle, commença Texploraiion de ce cimeiière, qu'il prenait d'abord pour celui de Lucine, où saint l^aul avait été enterré; il découvrit une crypie ornée de peintures, avec des iiiscriptions mentionnant les saints Félix, Adauctus et Mérita ; mais bientôt un éboulemcnt obstrua Tentrce du cubiculum et interrompit les travaux. En 1897, le Père H. Deleliaye, Bollandiste, a consacré aux saints du cimetière de Commodille une élude pénétrante, qui est un modèle de critique '.11 démontre clairement que la légende de Félix et d 'Adauctus dérive, en dernière analyse, de Tinscripiion composée par le pape Damase en leur honneur et mal interprétée par le rédacteur des,4cf(?i' ; une confusion faite entre Félix, martyr romain, et saint Félix de Noie est venue compliquer encore leur histoire. Des deux saintes Digna et Mérita, la seconde seule a réellement existé et elle s'appekiit Emeriia ; la prétendue sainte Digna lui fut associée sur la foi d'une inscription inexactement comprise : les hagiogiaphes ont vu deux noms propres dans la formule digna et mérita, très iVéquente sur les épitaphes chréiiennes ; le souvenir de la légende de sainte Afra, où il est question de deux compagnes de cette sainte, Digna et Eumenia, aura contribué peut-être à faciliter l'erreur.
Les fouilles de la Commission d'archéolouie sacrée
I. H. Dki.kmavf:, dans les Au^lccla, BoUandiava, \\\, iSoy, p. 17-4:^
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dans la catacombc de Commodille en ic)o'3 et 1904 ' ont permis Je déblayer à nouveau la crypte sii^nalée par Boldeiti. Trois peintures, très bien conservées, ornent le mur de cette petite basilique souterraine ; les deux premières — le Christ remettant les clefs à saint Pierre, en présence de saint Paul, de saint Félix, de saint Etienne, de saint Adauctus et de sainte Emerita; la \'ierge, entre Félix et Adauctus. tenant l'Enfant Jésus dans ses bras, — sont du vi« siècle ; la troisième — saint Luc avec l'Evangile dans une main et une trousse d'instruments de chirurs^ie dans l'autre, — est du vin^. Ces fresques, d'un dessin ferme et d'un coloris harmonieux, ont une très grande valeur artistique. L'absence de toute image de sainte Digna et Tomission de son nom dans les inscriptions peintes en rouge qui accompagnent les fresques montrent combien étaient fondés les raisonnements et la conclusion du Père Delehaye ; la sainte Digna des martyrologes et des Actes est purement imaginaire. On ne doit pas s'étonner que saint }']tienne soit représenté sur les murs d'une chapelle de cette catacombe : il avait, au vi'- siècle, un oratoire à peu de distance de là, au bord de la voie d'Ostie \ De la basilique des saints Félix et Adauctus part une longue et haute galerie que Boldetti n'a pas fouillée et qui avait échappé même aux ravages de Goths ainsi qu'aux pieuses et désastreuses investigations
I. O. Maruccim, dans le Siiovo Biillett., 1904, p. 41-160; iQon. p. 5-Ô6 ; J. Wilpert, /6/rf., 1904, p. ibi-ijo et pi. V-Vlll; G. BoNAVEMA, Ibid., 1904, p. 171-184; R. Kanzlf.r, Ibid., 1905, p. 181-190; J. Wii.HKRT, dans la Rùm.Qitartalschv., 1908, p. 102-124.
i, I', ScnûsTER, dan-^ le Sitovo Ihillett., i9f>4, p. 185-204.
des papes du moyen âge; les épitaphes et les lociili du iv« et du ye siècles étaient restés jusqu'à nos jours dans leur état primitif.
Le cimetière des Saints-Pierre-et-Marcellin est situe sur la voie Labicane, au deuxième mille, à cote delà nécropole Y^axQnuQ des, Equités singulavcs, cavaliers de la garde impériale pendant les trois premiers siècles de notre ère, et du mausolée de sainte Hélène, mère de Constantin, d'où provient un grand sarcophage en porphyre qui fait pendant, au musée du Vatican, à celui de Constance. L'empereur Constantin possédait un domaine et une villa dans cette région des environs de Rome, appelée parles textes anciens .4c/ duos laitros, <( auprès des deux lauriers », et par les modernes Tor Pignattara ; le nom d'Ad duos lauros est donné quelquefois à la caiacombe elle-même, ainsi que plusieurs autres noms, ad sanctam Helenam, sub Augusta in comitatu, tirés également des localités voisines. Dans ce cimetière étaient enterrés saint Pierre, exorciste, et saint Marcellin, prêtre, dont la fête avait lieu le 2 juin, et, en outre, une quarantaine d'autres victimes de la persécution de Dioclétien, parmi lesquels saint Tiburce, fils d'un préfet de Rome, saint Gorgon, mds à mort à Nicomédie, et les saints Quatre Couronnés, fêtés le 8 novembre. L'histoire de ceux-ci, telle que la rapportent leurs .4c?e.y, du vi« siècle, est fort confuse '. Il est question d'abord de quatre marbriers de Pannonie, exécutés pour avoir refusé de sculpter une statue d'Escuiape, puis de quatre soldats condamnés à
I. J.-B. DE Rossi, dans le Bullctt. di arclicol. o-ist., 1879, p. 45-90.
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mort deux ans plus larci par Dioclcticn pour avoir refuse d'adorer la statue d'Esculapc dans Icstlicrmes de Trajan à Rome et auxquels on donna, ne sachant leurs noms, ceux des marbriers pannoniens,Clemcns, Sempronianus, Claudius, Nicostratus. L'auteur de ce texte tardif a sans doute utilisé et confondu des documents antérieurs relatifs à deux épisodes tout à fait distincts de la même persécution.
La crypte historique des saints Pierre et Marcellin, retrouvée et déblayée en 1896 ', a la forme, comme toujours, d'une petite église souterraine ; le tombeau des deux martyrs servait d'autel. Dans cette chapelle et dans les galeries qui l'entourent on a découvert beaucoup d'inscriptions funéraires, des fragments d'épitaphes damasiennes, des graffiti de pèlerins, et plusieurs séries de peintures intéressantes : scènes de banquet, très fréquemment répétées, Adoration des mages, le Christ avec saint Pierre et saint Paul, l'Agneau mystique et les quatre fleuves symboliques, entourés des saint Gorgon, Pierre, Marcellin et Tiburce.
La catacombe de Generosa se trouve à droite du Tibre, sur la voie du Porto, au cinquième mille '; comme celle de Saint-Alexandre, elle est en dehors des limites strictes de la Rome souterraine. Les Acta sanctonim, à la date du 29 juillet, racontent que, pendant le règne de Dioclétien, deux chrétiens,
i.J. WiLPERT, dans le Nuovo Bitllett., 189b, p. 1 18-121; 1900, p. 83-97; O. .Marucciii, Ibid., 1898. p. 137-194; J. Wil- PERT, dans la Rùm. Qiiartalschr., 1908, p. 73-91.
2. Décrite par J.-B. dk Rossi, Roma sotterranca, III (1877), p. G47-697 : ^"f. Cii. Hlki.skn, dans le Nuovo Biillctt ., 190U,
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deux frères, Simplicius et Faustinianus, furcni mis à mort et jetés dans le Tibre; leur sœur Beatrix recueillit les corps entraînés par le courant ci les enterra en un lieu appelé Ad scxtiim Philippi; elle subit elle-même le martyre peu de temps après et on Tensevelit à coté de ses frères. Les reliques de ces trois saints et d'un quatrième, nommé Rutinianus, ont été transférées à Rome, dans réylise de Saint-Bibiane, en Tannée (582; l'inscription qu'on lit encore aujourd'hui sur le sarcophage qui les renferme rappelle, en un latin barbare, qu'elles étaient d'abord déposées au cimetière de Generosa. audessus du lieu dit de Philippe, in cimiterhim Gencroscs, super Filippi.
D'importantes inscriptions païennes, concernant la corporation religieuse des Arvales, ont été découvertes au XVI'' siècle et au xix" dans la vallée du Tibre, en aval de Rome, à quelque distance du fleuve sur la rive droite. La création de ce collège remontait aux origines de la cité; il fut restauré sous l'Empire et resta très florissant jusqu'au milieu du m" siècle. Les Frères Arvales, au nombre de douze au plus, se recrutaient parmi les premières familles de l'aristocratie; les empereurs tenaient à honneur d'être inscrits sur leurs listes. Ils adoraient en commun, dans un bois de la Campagne romaine, une vieille divinité mystérieuse, Dea Dia; tous les ans, au mois de mai, ils célébraient une fête pour attirer la protection des dieux sur les récoltes ; ils offraient des sacrifices au jour anniversaire des empereurs et à l'occasion de tous les gi-ands événements du monde romain. Leurs inscriptions lurent publiées et commentées en 1705 par Marini, qui n'en connaissait en-
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covc qu'une partie, puis en 1874 par un éruJii allemand, Henzen, à la suite de trouvailles nouvelles sur remplacement du bois de Dca Dia. Ces textes nous donnent, année par année, l'indication des consuls en charge, les noms des membres de la corporation et le compte-rendu officiel de leurs réunions: l'un d'eux contenait la formule archaïque du carmen ou chant sacré que les Arvales adressaient solennellement aux plus vieilles divinités italiques.
Au cours de ses fouilles, Henzen recueillit, en 1868, quelques débris de colonnes, de chapiteaux et d'architraves qui lui parurent de fabrication chrétienne, ainsi que plusieurs fra^^ments épigraphiqucs qui avaient appartenu évidemment à une épitaphe métrique du pape Damase. Le déblaiement du soussol permit de constater qu'une petite' caiacombc, assez pauvre, comme toutes celles qui sont un peu loin de Rome, s'était établie à cet endroit dans un ancien arénaire. Une basilique souterraine, de la seconde moitié du w^ siècle, est ornée de l'image de quatre saints; les noms de deux d'entre eux sont très lisibles :
SCS FAVSTINIANVS SCS RUFIANVS s an c tu s Faiistinianiis, s(an)ctit]s Riifiiiianiis ;
d'un troisième nom il ne reste que les lettres :