‹ Les catacombes de RomeChapitre 61 sur 100 · CAN · texte numérisé non relu

CAN

ÏTJi'.r^z-jM . « Onésimos et Semnè, ses parents, ont élevé ce monument à Epictétos, leur fils très doux. »

Deux épitaphes latines, choisies presque au hasard parmi tant d'autres, contiennent, la première, dans la collection du Latran, une date consulaire :

lANVARA IN PAGE DEPOSITA XI KAL SEPT CL -ANTONIO ET PL- SYAGRIO CONSS •

Januara ipouv Jaiiiiaria) in pace deposita iindccimo [die ante) kal[cndas) scpt,cmbrcs\ CJaudio Antonio et Fliavio) Syagrio cons[ulibits).

« Januaria repose en paix, ensevelie le onzième

LFS CATACOMBKS DF. ROMK \--

joiir avant les calendes de septembre, l'année du consulat de Claudius Antonius et de Flavius Syagrius 22 août 382 après Jésus-Christ . »

La seconde, au cimetière de Saint-Hermès, une indication de métier, la mention de l'ài^e du mort et une e.\clamaii(^n pieuse :

XVIIl KAL AVRELIVS PRIMVS SEPT AVG LIBTABVL

ETCOCCEIA ATHENAIS

FILIAE FECERVNT

AVRELIAE PROCOPENI

QVAE BIXIT ANN ' Xlll ■ MESIBYS" III

DIEBVS XIII- PAX ■ TECV.

Duodeviccsimo .dic antc) kal endas. septembres. Aureliiis Primus,Aiigiisti] lib{ertîis Jabitl arius , et Cocceia Athcnais filiae fccerunt Aiireliae Procopeni, qiiae bixit {pour vixit] antj is) XIII, me n]sibus IH, diebiis XIII. Pax tecu m 1

« Le dix-huitième jour avant les calendes de septembre (date de rensevelissemcnt : i5 août), Aurelius Primus, affranchi impérial, employé aux archives, et Cocceia Athenais ont fait enterrer ici leur fille Aurélia Procopenis, qui a vécu treize ans, trois mois, treize jours. La paix soit avec toi I »

Les inscriptions damasiennes avaient un tout autre caractère. C'étaient des poèmes à la louange des principaux martyrs dont lescatacombcs romaines abritaient les restes. Composées, envers hexamètres, par le pape Damasc lui-même, dans la seconde moitié du iv^ siècle 3ô6-'38(V, et t;ravées par les soins

170 LKS CATACOMBKS DK ROME

de son secrétaire Furius Dionysius Philocalus ', en belles letires carrées d'un type à part et très reconnaissahles elles concouraient à la décoration artistique des cryptes et des basiliques souterraines. Malheureusement le texte original de la plupart d'entre elles n'est pas parvenu sans dommages jusqu'à nous; les plaques de marbre qui les portaient furent brisées au moyen âge et leurs fragments détruits ou dispersés; il faut se contenter, le plus souvent, des copies qui avaient été prises avant ces mutilations et que nous ont conservées les itinéraires des vue et vni= siècles '' . Au cours de ses fouilles méthodiques et patientes, J.-B. de Rossi s'est efforcé de recueillir et de rassembler tous les vestiges subsistants, si minimes fussent-ils, des épitaphes métriques disparues. Peut-être était-il porté à exagérer quelque peu la valeur littéraire et documentaire de ces textes, dont la reconstitution lui coûtait tant de peine. Ils ont été écrits à une époque de décadence, où l'on avait perdu le sentiment des formes littéraires et où, d'autre part, s'effaçaient les souvenirs du temps des persécutions; aussi ne faut-il y chercher ni poésie véritable ni détails précis sur l'histoire des martvrs romains ou sur la disposition de leurs tombes : « jamais plus mauvais vers n'ont été transcrits avec un

1. Sur l'inscription métrique du pape saint Euscbc, au cimetière de Calliste, Pliilocalus s'intitule : Daiiiasi siii fji.\ie ciiltov et amator.

2. Le recueil des inscriptions damasienncs a été édité, en tlernicr lieu, par M. Iu.m, Damasi épigrammsita, Leipzig, 1895. Cf. C. Stornaioi.o. dans les Stiidi e documenti di storia e diritto, \'U, 1S8G. i;î-;^2 ; M. Ium, dans le Rlici)iisclu's Muséum, I<S()3, p. \(jl-2o^.

Page 1