I.KS CATACOMBI'S DF. ROMI' lj
le cimetière do Priscille ii* siècle^ et les caissons d'une voûte de galerie dans le cimetière de Domitilic ive siècle . Des plaques de marbre recouvraient entièrement, à l'origine, le sol et les parois de la crypte papale à Saint-Calliste, de la crypte des saints Felicissime et Agapitdans la catacomhe de Prétextât, et de maintes autres chapelles funéraires.
Les inscriptions contribuaient à mettre quelque diversité dans la monotonie des surfaces murales. L'épigraphie chrétienne des premiers siècles, comme tout l'art des catacombes, est uniquement funéraire. Qu'il s'agisse des simples épitaphes que les chrétiens, à l'exemple des païens, aimaient à écrire sur les tombes pour en marquer l'emplacement et rappeler les noms des défunts, — ou bien des longues inscriptions métriques composées par le pape Damase en l'honneur des principaux martyrs, — ou encore des graffiti grossièrement tracés par les visiteurs des sépultures célèbres, c'est toujours la présence et la pensée des morts qui suscitait la rédaction de ces textes, d'inégale étendue et d'inégal intérêt. Beaucoup d'épitaphes primitives et de fragments d'inscriptions damasiennes ont été retrouvés, soit dans les catacombes, soit dans les églises et les cloîtres de Rome, qui s'enrichirent, après le iv^ siècle, des dépouilles enlevées aux vieux cimetières. Le musée chrétien du Lairan possède une belle collection de documents épigraphiques, que de Rossi a classés méthodiquement par catégories, d'après la nature et le sens des formules qu'on y rencontre '. D'autres
I. J.-B. DE Rossi, // miiseo epigrafico cristiano Pio-Latcraneiise, dans le Bitllett. di arclieol. crist., iX-r>. p. 120-144; 187-. p. 5-42.
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sont restés en place dans le sous-sol de la Campagne romaine. D'autres enfin ne sont plus connus que par les itinéraires des pèlerins et les compilations du moyen âge. Le grand recueil des Inscriptioncs christianae Urbis Romae, commencé par J.-B. de Rossi et resté inachevé, devait les reproduire tous, correctement publiés et amplement commentés.
Les épiiaphcs ordinaires des catacombes sont tantôt tracées au pinceau en rouge et tantôt gravées dans la pierie ou le marbre. Jusqu'au in^ siècle les inscriptions en langue grecque l'emportent par je nombre sur les inscriptions en langue latine; elles deviennent ensuite de plus en plus rares, tandis que les épitaphes latines se multiplient, La longueur des textes ditîere aussi selon les époques. A l'origine ils sont très brefs; à partir du iv^ siècle ils prennent de plus en plus d'extension et revêtent même, dans certains cas, la forme de petits poèmes assez gauchement vcrsihés. L'essentiel, c'est le nom du défunt; on y ajoute accessoirement quelques-unes des indications suivantes, sinon toutes : son âge et sa profession (en particulier, pour les fcjnctiounaircs et les dignitaires de l'Kglise, leur place dans la hiérarchie, depuis les lecteurs et les fossores- Jusqu'au pape, évéque de Rome , — la date de sa mort, marquée par le jour et le mois et par les noms des consuls de l'année, — parfois, mais seulement après l'èdit de Milan, deux ou trois mots de louange, rappelant ses mcrlies bonac mcmoriae, « de pieuse mémuire » ; famulus Dci, « serviteur de Dieu, » etc.,! — ■ puis les noms et le degré des parenté des personnes qui ont commandé Tinscriplion, i^èi-e et mère, mari ou fentme, enfants, etc., —
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des formules d'exclamation, d'invocation ou de prière vivas, liormias, quiescas: in pace deposiliis, in bono, in rc/'rif;ci-io, in Dca, in Christo : cum sanclis ou inlcr sanctos: pjx icciim; Dciis tibi rcfrii^crct , — un appel à la protection des saints et des martyrs en faveur du défunt (par exemple, dans une inscription du musée du Latran : Dt))i:ina Basillii.
commendamits tibi Crcscentium '< sainte Ha-
silla, nous te recommandons Crescentius •> ou à l'intercession du défunt lui-même en faveur de ceux qu'il a laissés sur la terre {rogespro nobis, « prie pour nous » ; oraproparentibus, « prie pour tes parents »). Des emblèmes chrétiens, dessinés au trait, accompagnent fréquemment les épitaphes : l'ancre, l'alpha et l'oméga, la palme, la colombe, l'agneau, le poisson, le Bon Pasteur, l'Orante, la croix, et, depuis la paix de l'Eglise, le monogramme consiantinien '.
On devine tous les services que peut rendre et qu'a rendus déjà aux historiens et aux archéologues l'étude de ces inscriptions. Les dessins symboliques donnent matière à d'intéressants rapprochements avec les peintures des catacombes et les sculptures des sarcophages. Les dates consulaires aident à fixer la chronologie des galeries souterraines; les détails relatifs à la personnalité des premiers chrétiens de Rome nous éclairent sur leur situation sociale, leurs métiers, leurs relations de famille. Les formules lénioignent enfin de leurs espérances d'outre tombe, de leur confiance dans la prière.
I . On appelle ainsi la figure formée par les lettres X, khi, et P, rho, entrecroisées, symbole du nom «.lu Christ et souvenir du labaniin. On en trouvera des exemples cidesbus, p. iGn, pi. IX.
IJO LES CATACOMlîF.S DK ROMK
Il ne sera pas iiuiiile de reproduire quelques uns de ces textes, à litre de spécimens et pour mieux faire comprendre comment ils étaient habituellement conçus et rédigés. Voici la simple épitaphe, en grec, d'un des papes du m" siècle enterrés dans la crypte papale au cimetière de Calliste :
ANTGPGOC eni
'.AvTicco; È-;,^7-/.o-o;\, « Antéros, évèque. »
Voici une seconde épitaphe grecque, un peu plus développée, qui provient du cimetière de Priscille :
ONHCIMOC • KAI CEMNH rONGIC
eniKTHTCO Te KNCa) tayky TATCo enoiH