‹ Les catacombes de RomeChapitre 73 sur 100 · Voir ci-contre, pi. Xl\', r · texte numérisé non relu

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nement d'épines (i). On doit noter que beaucoup d'épisodes n'apparaissent qu'une, deux, trois ou quatre fois, et seulement à partir d'une époque tardive; il semble qu'au début les fidèles aient hésité, par respect, à reproduire les traits du Christ.

De l'Ancien Testament les peintres avaient surtout retenu Moïse frappant le rocher (68 fois répété) et les délivrances miraculeuses de Jonas, de Daniel, de Noé, d'Isaac: du Nouveau, ils retiennent surtout les miracles du Christ, où l'on voyait également l'image de la libération de l'âme. Dans les prières liturgiques pour les agonisants, l'Église fait appel au Sauveur Jésus « qui a ressuscité les morts, guéri les aveugles, rendu l'ouïe aux sourds, la parole aux muets, l'usage des membres aux paralytiques ». Ces mômes miracles sont rappelés dans les oraisons pseudo-cypriennes. Trois sujets ont attiré de préférence les artistes des catacombes : ce sont la résurrection de Lazare, la multiplication des pains et la guérison du paralytique ; le total des exemplaires qui s'y rapportent forme les deux tiers des peintures cimctériales relatives à la vie du Christ. Cette faveur extraordinaire vient peut être simplement de la facilité plus grande qu'on avait à les rendre intelligibles, grâce aux objets matériels qui les caractérisent, corbeilles de pain, lit et tombeau. D'autre part, la fréquence relative des représentations des Mages se comprend sans peine : on voyait en eux le symbole de la vocation des Gentils, c'est-à-dire des païens d'origine, à la foi chrétienne.

En général les scènes bibliques ne sont pas isolées, mais gi'oupées par séries. Dans la Chapelle grecque au cimetière de Priscille, dans la crypte de la Pas-

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sion au cimeiicre de Prétextât, dans le cimetière des Sainis-Pierre-ct-Marccllin, ailleurs encore, plusieurs épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testament figurent ii coté ou en regard les uns des autres, soit qu'ils aient, sous des formes diverses, la môme signification allégorique, soit qu'au contraire ils traduisent des idées plus ou moins dilïérentes. C'est là ce que Mgr \\'ilpert appelle, d'un nom trop ambitieux, des cycles iconographiques; il prétend que le groupement des thèmes n'est jamais dû aux fantaisies individuelles des artistes ni à des raisons extérieures de convenance décorative; dans chaque cas particulier il s'efforce de ramener à l'unité d'une pensée directrice la variété des motifs traités. Ses brillantes reconstructions exagèrent singulièrement la portée doctrinale des peintures et gratiricnt leurs auteurs d'une puissance de raisonnement aussi merveilleuse qu'invraisemblable.

La plus importante de ces séries de fresques est celle qui décore, dans le cimetière de Calliste, non loin de la crypte papale, six cubicula contigus auxquels le Père Marchi a donné le nom de chambres des Sacrements (pi. 26-29; 38-41). Les peintures qui la composent datent de la première et de la seconde moitié du n<= siècle. Sur les parois des deux cubicula les moins abimés on voit, à côté des symboles ordinaires de la vie éternelle (histoire de Jonas, résurrection de Lazare, Jésus et la Samaritaine, .Moïse frappant le rocher , les images de deux sacrements, le baptême et l'eucharistie; le premier est représenté à la fois directement (baptême du Christ) et par des allégories guérison du paralytique, que de Rossi interprétait à tort comme l'image d'un

troisième sacrement, la pénitence, et scène dépêche, où le poisson tiré de l'eau ttgure le chrétien purifié par l'immersion baptismale); le second est représenté seulement sous une forme indirecte : sacrifice d'Abraham, scènes de banquet, scène de consécration. Ce dernier tableau mettrait sous nos yeux, d'après de Rossi, le sacrifice de la messe : le prèiie debout à gauche étend la main au-dessus du pain et du poisson placés sur une table à trois pieds; à droite une femme, les mains levées, symbolise l'Eglise. D'après Mgr Wilpert, il s'agit, plus simplement, du miracle de la multiplication des pains : le personnage de gauche est le Christ, celui de droite une Orante. De toute façon, la présence du pain et du poisson indique l'inieniion arrêtée de faire une allusion transparente à l'eucharistie '.

La Vierge n'apparaît que deu.x fois sans l'Enfant Jésus, dans les deux Annonciations du cimetière de Priscille et du cimetière des Saints-Pierre-ei-Marcellin. Partout ailleurs, dans les scènes de prophétie et dans l'Adoration des mages, elle tient l'Enfant Jésus entre ses bras ou sur ses genoux. Ces portraits, fort peu nombreux, lui donnent le visage et le costume d'une matrone romaine '. Le plus ancien et le plus beau, au cimetière de Priscille, date du ii*^ siècle; devant la Vierge et l'Enfant, Isaie montre de la main une étoile qui brille au ciel pi. 221 '. Sur une autre fresque du même cimetière deuxième moitié du 111*^ siècle", on voit au centre une Orante, à sa droite

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