R. tjARRLCcrj op. cit., pi. 33o, i
2. Jbid., pi. 322, 2 ; A. dk Waal, Der Savkophag des Junius Bassus, Rome, iqoo; dom H. Leclkrcq, article Bassus, dans le Dictionn. d'arclivol. clirct. et de lilursic. il, p. ùoS- G14.
f m. 17 cm. de hauteur et 2 m. 41 cm. de longueurune inscription gravée sur une seule ligne à la partiesupérieure nous apprend qu'il contenait les restes de Junius Bassus, clarissime, préfet de la ville mort le 25 août 359, à l-àge de 42 ans et deux mois Les petits cotés latéraux sont ornés de deux séries super posées de scènes de vendanges : des Amours nus cueillent les grappes sur les ceps et foulent auv p.edsles grains de raisin dans les cuves. La face antérieure a l'aspect monumental d'un portique à deux étages; chaque étage comporte, entre six colonnes classiques surmontées de chapiteaux très touilles, cinq scènes à trois personnages : en haut au centre, le Christ imberbe trônant en majesté' entre deu.x apôtres; à sa droite, l'arrestation de saint 1 aul et le sacrifice d'Abraham; à sa gauche, l'arrestation du Christ et Pilate se lavant les mains • en bas, au centre, le Christ entrant à Jérusalem, monté sur une âncsse ; à sa droite, Adam et Eve et le serpent tentateur, Job abandonné (détail réaliste : la femme de .ob se bouche le nez, ; à sa gauche, Daniel dans la osse aux lions, saint Paul conduit au supplice L étage supérieur est surmonté d'une frise élégante- 1 étage inférieur, de irois arcades cintrées en Vormè de coquilles alternant avec deux arcs aigus- dans les espaces libres au-dessus des colonnes, ^ntre les parues retombantes de ces arcades et de ces arcs on distingue la petite image six fois répétée de l'Agneau mystique: par une transposition hardie. l'A<'neau opère les miracles de Moïse et du Christ • il ressuscite Lazare, reçoit les tables de la Loi. baptise une brebis, multiplie les corbeilles de pain, frappe le ■ocher de sa baguette, et enHn - allusion au pas-
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sage de la mer Rouge — guide à travers les Hois une brebis qui le suit à la nage. Ordonnance symétrique imitée de l'art gréco-romain, tendance à développer et à préciser les représentations historiques, survivance cependant du symbolisme primitif, tels sont les traits essentiels du sarcophage de Junius Bassus et de toute la sculpture chrétienne du iV siècle à Rome, sortie des catacombes.
LES ARTS MINi:iRS
La peinture et la sculpture chrétiennes procèdent directement de la technique et des traditions païennes. L'intiuencc persistante du passé se fait sentir aussi dans les arts mineurs. On a retiré des galeries ciméiérialcs et de l'intérieur même des tombes un nombre considérable de petits objets, communs ou précieux, en toutes matières, — ivoire, plomb, terre cuite, verre, — et de toutes destinations, — instruments usuels, ornements, emblèmes de piété. Ce sont les vestiges du mobilier domestique, instrumentum domesiicum, dont se servaient
I. Le tome W Ju urand recueil de L.Perret, Les Catacombes de Rome. Paris. iH.Ti-iS33, est consacre aux « Objets divers, fragments de vases en verre doré, instruments. » Malheureusement la provenance exacte des pièces reproduites sur les planches de ce volume n'est presque jamris indiquée dans les notices descriptives, tout à fait insutlisantos, du tome Vi ; beaucoup d'antiquités chrétiennes d'autre origine V sont mêlées à celles des catacombes romaines.
les ridèles de Rome aux premiers siècles et qui ne pouvait guère différer de celui qu'employaient au même moment et dans la même ville les adeptes du paganisme; sa seule originalité consiste dans l'apparition de certains motifs à signification religieuse.
De bonne heure les chrétiens pratiquèrent, avec beaucoup d'adresse et de goût, l'art délicat de la sculpture sur ivoire '. Cependant la plupart des objets de cette nature que l'on a rencontrés dans les catacombes sont tout à fait usuels et sans valeur artistique : épingles à cheveux.peignes, stylets, targette d'esclave avec l'inscription : TENI ME NE FVGIAM, « tiens-moi pour m'empècher de fuir s"*, petites poupées retrouvées dans des tombes d'enfants, etc. Quelques pièces, plus intéressantes, n'ont pu être fabriquées par des chrétiens : fragment de bas-relief avec une femme nue, le genou droit en terre; Thanatos debout sur un autel; Mercure et le caducée. Sur les tessèrcs ou jetons on voit dessinés ordinairement des lettres de l'alphabet, des figures géométriques, des animaux et d'autres emblèmes indifférents; mais plusieurs d'entre elles portent les images symboliques familières aux peintres des fresques et aux sculpteurs des sarcophages : le monogramme constantinien, l'ancre accompagnée de deux poissons, de l'alpha et de l'oméga; une tessère semi-ovoïde, autour de laquelle est gravée une légende pieuse, nous montre
1. G. Stuiilfauth, D/c altcltristliclie Elfenbeiiifhistik, dans IcaAichdologiscIieStiidien, de J . Ficker, II, i8q6; R. Kanzlkr, Gli avori dei miisci profana c sacro dclLi bibliotcca Vaticana, Rome, 1903.
2. J.-B. nie Rnssi, dans le Ihillctt.di iirchcul. crist., \i>--]. p. 4<J-67-
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sur sa tranche, au-dessous du chrismc, deux bustes d'homme et de femme se regardant. Boldetti a décrit des figurines d'ivoire, disparues depuis, qu'il avait recueillies dans les catacombes; les plus curieuses» provenant de Saint-Calliste et de Sainte-Agnès, représentaient Lazare entouré de bandelettes. Au musée chrétien du Vatican, un médaillon circulaire contient un buste remarquable du Christ, barbu, nimbé et bénissant, avec le monogramme constanlinien
De même qu'il y a dès l'antiquité des ivoires chréliens, de même cxiste-t-il, aux premiers siècles de notre ère, une glyptique chrétienne. Les anciens se servaient couramment, comme sceaux et comme cachets, de pierres gravées qu'ils portaient aux doigts, enchâssées dans des anneaux de métal ; le sujet représenté en creux sur l'intaille ou en relief sur le camée s'imprimait dans la cire molle. Les chrétiens adoptèrent cet usage, mais en choisissant avec soin les sujets de leurs gemmes; ils imposèrent aux artistes de remplacer les images des dieux et des héros du paganisme par des emblèmes nouveaux. Dès le début du m" siècle, saint Clément d'Alexandrie déclare que les fidèles doivent faire graver de préférence sur leurs cachets la colombe, le poisson, le vaisseau aux voiles déployées, l'ancre, le pécheur au bord de la mer, qui rappelle Moïse et saint Pierre '. Une cornaline du musée Kircher à Rome, d'un excellent travail, résume et synthétise, malgré l'exiguité de ses dimensions, tout ce symbolisme; elle met à la fois sous nos yeux le Bon Pasteur, l'Agneau