I. N'oir ci-dessus, p. 242, pi. XIX, j
Nous savons maintenant ce qu'a produit à Rome, dans toutes les branches et dans toutes les directions, l'art chrétien primitif. Que vaut-il, en somme, et quel jugement convient-il de porter sur lui? On l'a souvent apprécié trop sévèrement. Un juge ditlicile et prévenu, ennemi juré des mauvaises traditions classiques, Courajod, prétend qu'il était né caduc et vieillot'. Il nous semble, au contraire, qu'il otïre un mélange singulier et attrayant d'éléments anciens, qui ne sont pas encore caducs, et d'éléments nouveau.\, vraiment jeunes et féconds. Les artistes chrétiens ne pouvaient se dispenser, au début, de continuer les pratiques et de suivre les errements de leurs prédécesseurs païens; mais très vite ils ont insuttié au.x vieilles formes un esprit original. Par la faute même des temps de décadence où ils vivaient, leur technique est souvent gauche, bien qu'elle dénoie cependant par endroits, pour les verreries par exemple, une merveilleuse adresse. Leur inspiration est constamment élevée et généreuse. Sur leurs fresques, leurs sarcophages, leur verres dorés, ils ont traduit avec sincérité, avec émotion, les idées et les sentiments du christianisme naissant. Ils nous font pénétrer plus avant dans l'intelligence d'une époque lointaine et difficile à connaître. Ils nous aident à mieux comprendre ce qu'étaient et ce que pensaient les hommes qui ont creusé les catacombes romaines et qui y dorment leur dernier sommeil.
I. L. CoLRAJoD, Leçons professées à l'Eale du Louvre, 18S7- 181JÔ, I, Paris, i-So'j, P- '-•