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aux jours de grande fête; des mains pieuses avaient orné les chambres prineipales de guirlandes et de fleurs, l’encens brûlait auprès des tombeaux des martyrs ; ça et là nous apercevions des autels 1mprovisés, sur lesquels des prêtres étaient venus le matin célébrer les augustes mystères. Des évêques, des clercs, des savants, des professeurs célèbres coudoyaient àäes
enfants et des femmes. Au respect eÿ à la
pété qui animaient tous ces pèlerins, on eomprenait qu'ils ne formaient qu'une famille heureuse et fière de contempler le berceau de ses aïeux.
Alors nous nous souvenions de ces beaux vers de Prudence décrivant la fête annuelle d’un martyr :
‘ L'impériale cité vomit la foule comme un torrent ; plébéiens et patriciens cheminent confondus vers le sanctuaire où les pousse leur foi. Des portes d’Albano sortent aussi de longues processions qui se déroulent en blanches lignes dans la campagne. Toutes les routes qui avoisinent Rome retentissent de bruits confus. Voici
LES CATACOMBES Di ROME 93
l'habitant des Abruzzes et le paysan de l’'Etrurie ; voiei le fier Samnite, le citoyen de Noles et celui de la superbe Capoue.
À peu de distance des murs de la ville, au anilieu de vergers bien entretenus, s’ouvre une crypte sombre et profonde. Au fond de cette retraite cachée fut porté le corps de saint Hippolyte, près de l'endroit où s'élève maintenant lautel consacré à Dieu. La’ même table d’autel donne la nourriture sacramentelle et recouvre les os du martyr. Merveilleuse sainteté de ce lieu! L’autel est à la portée de ceux qui prient et comble les espérances des hommes, en leur distribuant ce dont ils ont besoin, C’est là que souvent, malade de corps et d'âme, je me suis prosterné en priant, et me suis relevé guéri. ”
Et nous priions nous aussi, dans ces lieux où avaient prié les confessours, les vierges et les pontifes, méditant sur leurs vertus, leur courage et leurs souffrances.
Ces fêtes touchantes et grandioses nous faisaient songer aux persécutions sanglantes des premiers jours du Chris-
tianisme. Alors la croix ne brillait pas au Capitole; le peuple romain courait au Colisée pour y voir tomber les martyrs sous l& dent des lions; les Césars portaient l’audace et l’orgueil jusqu’à se faire rendre les honneurs dus à la divinité !
Et maintenant que dix-neuf cents ans ont passé sur le monde, ces petits, ces perséeutés des premiers siècles triomphent et sont l’objet de la vénération de l'univers.
Leurs pauvres nécropoles souterraines sont devenues pour tous les catholiques des sanctuaires vénérés et chéris. Audessus des cimetières que voyez-vous ?
Toujours ia même campagne chantée autrefois par les favoris d'Auguste ; mais comme elle est triste et déserte ! Ses gigantesques aqueducs s’en vont en ruine, prouvant à toutes les générations l’instabilité des œuvres humaines.
Et à Rome même, que reste-il donc de l'immense et splendide palais des empereurs ? Quelques pans de murailles et des débris de colonnes. Le forum garde le silence, l'herbe eroît sur les voies triom-
phales, les noms des princes persécuteurs sont à demi effacés aur les arcs de victoire.
Nous pouvons bien dire que le doigt de Dieu est là.
Quiconque a visité les catacombes reconnaîtra que nous venons d'exprimer ses propres sentiments. Après les avoir vues une fois on aime à y reporter souvent sa pensée et son eœur. Grâces éternelles soient rendues à la Providence qui a bien voulu nous conserver au centre même du catholicisme un témoignage si éclatant de la divinité de notre foi !