‹ Les Catacombes de saint CalixteChapitre 15 sur 27 · H A VETE ET OM AICXIONAC NES FRATRES NOS · texte numérisé non relu

H A VETE ET OM AICXIONAC NES FRATRES NOS

AAPIANOC TROS LEONTlVIBr?.?

Aeo AVIVS IN VITA

Graftites de la crypte des Papes l / '. gravure)

lÔO LÉS CATACOMBES UE S. CALlXtE

sonne; ensuite les noms qui sont gravés sur les enduits couverts de peintures en style byzantin, ou quelques-uns assez rares écrits en haut au-dessus du niveau ordinaire, quand les parois étaient déjà pleines de grraffites, nous donnent des noms d'origine barbare ou d'usage chrétien, souvent précédés des croix, presque toujours suivis de sigles signifiant presbyte}', et parfois des formules peccator et indigmis peccator. . .

« Les acclamations imitant les formules usitées sur les anciennes épitaphes ou sur les ustensiles domestiques sont : VIVAS IN DEO in pace, et autres semblables. Ainsi on lit: ICONI BIBAS; DONATE VIVAS,...; VICTORINE BIVAS...; PONTI VIVAS IN DEO CRISTO; E EAIA BIBAC IN AEO; TE AAi: ZHC EX BEQ; AIONÏCI BIBAC IX OEQ ; ELIANE VIVAS IN ETERNO : LEONTI W^as IN VITA aelerna-, AMATE IN PAGE, FORTVNI TE IN PAGE (deux fois);... IN Vace ASTRA PETE ». (i)

Ges acclamations sont en effet du même caractère que les épitaphes, mais, sauf les dernières, elles semblent se rapporter à des vivants; écoutons encore le savant: «La brièveté et l'élégance de ces formules sont particulières au style épigraphique des premiers siècles. De vivas, vivas, in Deo je n'ai trouvé à Rome aucun exemple de date certaine dans les épitaphes du temps de la paix; dans les ustensiles domestiques l'usage du vivas, vivatis in

(i) Roina soft., t. II, pp. i.s-^ô.

LE CIMITIERE DE S. CALIXTE lOI

Deo, dura jusqu'à la fin du iv^ siècle, et au v^ fut peu à peu abandonné. De fait les acclamatons de nos sanctuaires sont circonscrites, sans aucune exception, dans les enduits des iii^ et iv^ siècles; on n'en trouve pas même un souvenir dans les graffites faits plus tard sur les peintures de style byzantin » (i).

Quelle pensée exquise et délicate avaient ces pèlerins de rappeler les personnes qui leur étaient chères, et encore vivantes, tout près des sanctuaires des martyrs, comme pour les faire participer, malgré leur éloignement, aux grâces qu'ils obtiendraient par r intercession de ceux dont ils vénéraient les tombes! C'est ainsi qu'un pèlerin de Plaisance écrivit sur les murs des s;»nctuaires de Cana en Galilée les noms de ses parents : pareniimi siiorum 7iomma scripsit.

Mais voici l'autre classe de graffites qui, comme les épitaphes, se rattachent aux prières liturgiques et s'inspirent d'elles: SANTE SVSTE IN MENTE HABEAS IN HORATIONES AVRELIV REPEN- TINV; « cette formule - dit De Rossi - nous aide à compléter la suivante: SANTE SVSTE in menie habeas . . , REPENTI;/?^w, et aussi les autres du même genre » Ces prières répétées aux martyrs locaux sont une précieuse indication dans la recherche des tombes, et jamais De Roséi ne fut plus sûr d'être en présence du caveau des Papes avant d'y être entré, que lorsqu'il eut lu ces invocations répétées et si émotionnantes, malheureusement détruites et couvertes en grande partie par

(i) Loc. cit.

I02 LES CATACOMr.ES DE S. CALIXTH

l'enduit du temps de S^ Damase. « Ici - dit l'illustre archéologue - où avec tant de ferveur avait été invoqué S^ Sixte par ceux qui voyaient encore intacts les loculi, les sarcophag-es, les monuments et qui, en lisaient les épitaphes primitives et les éloges damasiens, ici le grand martyr avait certainement son tombeau.

« Le monument de Sixte, nous le savons, était accompagné de ceux de beaucoup de ses prédécesseurs et successeurs ; pjirmi eux et près d'eux, inter episcopos, Urbain dé[)osa la célèbre martyre Cécile, qui, de fait, donnait avec S*^ Sixte son nom au groupe de monuments que nous explorons » {2). Notons surtout une f(^rmule: MARCIANVM SVC- CE:SSVM SEVERVM SPIRITA SANCTA in MEN- TE HAVETE ET OMNES FRATRES NOSTROS.

« O âmes saintes, souvenez-vous de Marcien, Succesus, Sévère et de tous nos frères ! » Elle trou\'e son pendant en une épitaphe de Rome et une d'Aquilée. Cette dernière se termine par les paroles suivantes : Martyres sancti in mente havite Maria. Elle semble inspirée par les paroles de Cyprien : Fratres nostros ac sorores. . . in mente habeatis in orationibîis vestris (i).

Chapelle des Papes

On entre dans la chapelle des Papes par une porte qui, à l'origine, fut très étroite, mais fut en-

(i) Loc. cit.

(2) Ep,, LX,

LE CniETTERE DE S. CALIXTE TO3

suite élargie et ornée d'un arc par le pape Damase. L'arc et les montants sont revêtus d'un stuc particulier à l'époque damasienne ; au milieu de l'arc est un grand monogramme du Christ également peint. Au mur d'entrée, aux côtés de la porte, il y avait deux calonnes (on peut encore reconnaître l'empreinte de celle de gauche) ; le revêtement de construction qui la recouvre, cache le stuc antique, dont on voit des traces évidentes à l'angle de gauche. Les parois latérales sont garnies chacune de deux rangs de tombeaux, au milieu desquels sont deux colonnes torses de marbre, ornées de chapiteaux corinthiens; sur ces colonnes devait s'appuyer un architrave où étaient suspendues les lampes, et, durant la liturgie, le rideau ou velarhim^ suivant l'usage antique d'isoler même matériellement le célébrant. Un palier de marbre conserve les traces de l'ancien autel, derrière lequel, appuyée à la tombe du fond, était la chaire (cathedra) ])ontificale. L'autel et la chaire étaient entourés d'une balustrade de marbre avec caisson et grillage à jour (voyez la reconstruction, fig. 58).

A l'origine cependant, la chapelle était simplement décorée de stuc blanc à lignes rouges; peutêtre y avait il des sujets symboliques et décoratifs, mais il n'en reste plus de trace; la décoration en marbre est de l'époque de S"^ Damase (366-384), ou de Sixte III (432-440). Même remarque au sujet du lucernaire.

L'antiquité de cette cr^'pte rersort évidemment, non seulement de ses formes architecturales élé'.

5Ji. — La

crypte des Papes d'à

de Michel Etl^i;^ è:^Zl" ''^^°"^^™<^tion

-'"S:tr'' ^'-- -'- '-dl™ : ce ' "^™« que ceux qui ornèrent les entrées

primitives et la chambre A J Les marbres employés ici, les tables, les colonnes, etc. semblent avoir déjà été placés ailleurs, ce qui indiquerait l'é-

Fis- 59' — La cr> jjte des Papes; étal actuel.

poque de cette décoration, le v'' j)lut(jt que le iv^ siècle.

De Rossi a énuméré onze papes qui lurent enterrés ici : Zéphyrin (199-217), Urbain T^ (222-230), Pontien (230-235), Antéros (235-236). Fabien ('236- 250), Lucius I^'' (253-254). Etienne I^*" (254-257), Sixte II (257-258), Denys (259-268;, Félix L' (^269- 274), Eutychien (275-283).

Io6 LES CATACOMBES DE S. CALIXTE

De leurs épitaphes on n'a pu en trouver que cinq sûres et une incertaine: celles d'Antéros, de Pontien, de Fabien, de Lucius et d'Eutychien. Celles de Pontien et Fabien, outre le signe de l'épiscopat, portent aussi la sigle du martyre, formée par l'enchevêtrement des trois consonnes MTP du nom MAPTYP. Un couvercle de cercueil en marbre porte, gravé sur le côté, le nom OrPBANO^... « Urbain » ; De Rossi crut qu'il était suivi d'une partie de l'initiale E (fig. 60, p. 1 10) ; il faudrait alors compléter cette inscription par Etz'.qxokoç.

Une précieuse inscription composée par S' Damase est au fond de la crypte, contre la tombe la plus vénérée qui dut être celle du pape Sixte II (^S' 59 La voici :

HIC GONGESTA lACET QUAERIS SI TVRBA PIORVM CORPORA SANCTORVM RETINENT VENERANDA SEPVLCKA SVBLIMES ANIMAS RAPVIT SIBI REGIA CAELI HIC COMITES XYSTI PORTANT QUI EX HOSTE TROPAEA HIC NVMERVS PROCERVM SERVAT QUI ALTARIA XPI HIC POSITUS LONGA VIXIT QUI IN PAGE SACERDOS HIC CONFESSORES SANGTI QVOS GRAECIA MISIT HIC IVVENES PUERIQVE SENES CASTIQUE NEPOTES QVIS MAGE VIRGINEM PLACVIT RETINERE PVDORE.M HIC FATEOR DAMASVS VOLVI MEA CONDERE MEMBRA SED CINERES TIMVI SANCTOS VEXARE PIORVM.

On y trouve indiqués les compagnons de Sixte II tués avec lui, le nombre des princes - ce qui veut dire des papes, = un pontife qui vécut dans une longue paix et qui, selon de Rossi, Armellini, Marucchi, serait S^ Miltiade, enterré comme les papes Corneille, Caïus et Eusèbe dans ce cimetière, mais

LE cj:^ihTij;:KE de s. calixïe 107

dans une autre région. Le grand pape-poète, après avoir rappelé une foule de personnes, de tout âge et de tout sexe, déposées ici, qui conservèrent ja- 'lousement la pudeur virginale comme un trésor, déclare qu'il a aussi désiré d'avoir son tombeau en ce lieu, mais qu'il a craint, par sa présence, de toubler les cendres des saints. Ce marbre fut trouvé en 125 morceaux, et les part'es qui manquaient furent suppléées en pierre sablonneuse.

Une autre inscription damasienne était mise près de la tombe de Sixte II; la SyUos:e palatine nous en donne le texte, et on a retrouvé dans les ruines de cette chapelle deux fragments de la pierre originale où elle était gravée. La poésie disait:

TEMl'ORE QVO GLADIVS SECV1T PIA VISCERA MATRIS HIC POSITVS RECTOR COELESTIA IVSSA DOCERAIM ADVENIVNT SVBITO RAPIVNT f)VI FORTE SEDENTEM MILITIBVS MISSIS POPVLI TVNC COLLA DEDERE MOX VBI COGNOVIT SENIOR QVIS TOLLERE VELLET PALMAM SEQVE SUU.MQVE CAPVT PRIOR ORTVLIT IPSE IMPATIENS FERITAS POSSENT NE LAEDERE QVEMQVAM OSTENDIT CHRISTUS REDDIT QVI PRAEMIA VITAE PASTORIS MERITV.M NV.MERV.M GREGIS IPSE TVETVR.

Pendant longtemps, ces vers furent rapportés à Etienne I^' , mais il est désormais démontré que le pape Etienne fut seulement enterré dans cette crypte, tandis qu'il fut martyrisé sur la voie Latine avec plusieurs membres de son clergé. Le seul pape qui fut décapité dans ce cimetière fut Sixte II, et c'est à lui que les vers se rapportent. Ici même, contre sa tombe, on conserva quelque temps sa chaire rougie de son sang,

loS LES CATACOMBES DE S. CALIXTH

vSur le mur en face, où est la porte d'entrée, il y avait une plaque de la série des pontifes enterrés ici, que Sixte III y fit mettre; selon les conjectures de De Rossi, en voici la teneur :

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