‹ Les Catacombes de saint CalixteChapitre 27 sur 27 · VOVERAT HAEC SESE CHRISTO CVM VITA MANERET · texte numérisé non relu

VOVERAT HAEC SESE CHRISTO CVM VITA MANERET

VIRGINIS VT ?*IERITVM SANCTUS PVDOR IPSE PROBARET

Bis DENAS HIEMES NECDVM COMPLEVERAT AETA§

EGREGIOS MORES VITAE PRAECESSERAT AETAS

PROt'OSITVM MENTIS PIETAS VENERANDA PYELLAE

MAGNIFICOS FRVCTVS DEDERAT MELIORIBUS ANNIS

TE GERMANA SOROR NOSTRl TVNC TESTIS AMORIS

CVM FUGERET MVNDUM DEDERAT MIHI PIGNVS HONESTVM

QVAM SIBI C\M RAPERET MELIOR TVNC REGIA CAELI

NON TIMVI MORTE.M CAELOS QVOD LIBERA ADIRET

SED DOLX'l FATEOR CONSORTIA PERDERE VITAE

NVNC VENIENTE DEO NOSTRl REMINISCERE VIRGO

VT TVA PER DOMINVM PRAESTET MIHI FACVLA LVMEN.

La crypte dont je parle, et que Mgr. Wilpert croit être la CRYPTA DAMASI indiquée par une inscription trouvée jadis, fut une très belle tombe; l'arcosolium est décoré d'une peinture où Ton voit les apôtres aux côtés du Christ et garni, à droite et à gauche, de deux petites niches plaquées de marbres avec des paons peints à fresque : les murs latéraux ont deux grandes niches carrées où l'on a replacé deux sarcophages à sujets historiques.

La crypte (fig. m) dite de Marc et Marcellin devait être toute reluisante de marbres ; elle avait aux quatre coins des colonnes à facettes, dont il reste des parties notables : la vôute était à croisil-

(i) Voir r ouvrage Notiones archaeol. christ. ^ vol. II, pars I.

Ions. Aux murs latéraux sont deux arcosolia ; au fond est une grande niche et le pavé en est haussé par d' énormes blocs de marbre blanc.

L'arcosolium de g^auche est orné de peintures presque entièrement détruites j:)ar V émiettemcnt du tuf; elle représentaient la multiplication des pains, d'autres sujets bibliques habituels et deux personnaoes sacrés, les martyrs déposés ici sans doute, entre lesquels était une femme de plus petites proportions, la donatrice du tombeau. L'arc du dessous offre à gauche un sujet entièrement nouveau, répété (peut être par symétrie, mai plus probablement par goût ou à dessein) de l'autre côté où le stuc est détruit. C est un personnage qui monte à une échelle en

posant un pied sur un objet en spirale qui ressemble à un serpent. Derrière lui on croit voir le penchant d'une montagne dont sortent de gros épis. Certai-

Fisr. Il

Nuovo Bull, d' Arch. crist., 1904)*

nement le peintre a été inspiré par la vision de S. '^ Perpétue où la martyre vit une échelle touchant au ciel et, pour v monter, mit le pied sur la tête du dragon infernal. Au milieu, sous l'arc, il y avait

J24 Ll-S CATACOMBKS Dlî S. CAI.IXTE

dans un médaillon le buste du Christ vers qui l'échelle semble dirigée. A droite de V arcosolhim f«t creusée une chambre j^eiro sanctos.

Il y a d'autres peintures en cette région qui s'étend sous le monastère. A remarquer entre autres celle du Sauveur avec les quatre Evangélistes. On trouve ici pour la première fois le nimbe dans les peintures des catacombes, car la crypte est de l'an 340 environ. S. Mathieu indique l'étoile du doigt, les autres Evangélistes n'ont rien de particulier, mais on sait que, après MathieUj viennent par ordre Marc, Luc et Jean; ces deux derniers semblent n'avoir pas de barbe. Le Sauveur est assis sur un trône et, des deux côtés du nimbe, est le monogramme ^.

Il y a une autre scène avec les douze apôtres et une scène avec deux cerfs qui se désaltèrent à un rocher. Outre les deux sarcophages mentionnés, on en voit d'autres encore en place ; l'un d'eux est des plus beaux ; la finesse du travail, la vigueur des traits des personnages, la délicatesse des profils, surtout de celui du Christ, le classent au premier rang des sarcophages connus.

A l'origine, deux escaliers servaient d'entrée à ce cimetière et conduisaient chacun à un niveau difî'érent. Du niveau inférieur on peut descendre jusqu'au cinquième étage où l'on trouve l'eau. On y trouve aussi un puits qui dut fournir au 1 1 siècle l'eau nécessaire aux grandes piscines de la villa païenne dont j'ai parlé plus haut (p. 78). Cette villa fut complètement démolie, peut-être durant une fu-

LE CIMETIERE DE S. CALiXïE

rieuse persécution, et parce que les propriétaires, devenus chrétiens, l'avaient donnée à l'Eglise. Après redit de Milan, on éleva parmi ces ruines deux oratoires qui devinrent le centre d'un cimetière à ciel ouvert. Le niveau supérieur a un autre étage creusé dans une roche dure mais sablonneuse ; Mgr. Wilpert y a reconnu cette grille de marbre décrite par Boldetti et que De Rossi avait cru retrouver en morceaux dans la crypte du diacre Rédemptus. Elle ferme encore le tombeau violé depuis longtemps, et dans sa partie plus haute on aperçoit les trois monogrammes notés por Boldetti.

Cimetière de Marc et de Baleine

D'ici s'étend, vers l'église Oiio vadis, une région cimitériale très embrouillée qui avait une entrée près de la voie Ardéatine. Cette entrée était monumentale ; dans ses murs étaient creusés des arcosolia recouverts d'un stuc fin.

C'est sûrement le cimetière de Marc et de Balbine II est très vaste, a différents étages et doit peut être se diviser en deux parties . l'une, qui s'étend du côté de O210 vadis, serait le cimetière fondé par le pape Marc ; 1 ' autre pourrait être le cimetière de Basileus, nommé dans les Itinéraires.

« Sabinns a fait de son vivant an hisôme un civietiere de Balbine dans la crypte neuve ».

Quoiqu'il en soit, on ne peut chercher ailleurs le cimetière de Marc et Balbine, car il est indiqué entre rAp[)ienne et l'Ardéatine, et l'une des inscriptions qui en font mention fut trouvée près de la petite chapelle appellée : Doviine qiio vadis, « iuxta acdiailavi q^ae dicit^ir Domine quo vadis » (i).

Voici l'inscription :

FELIX FAVSTINIAN « Felix Fanstiiiiamis vs EMIT siBi ET YX a acheté de son vivant du ORi SVAE FELisiTA fossoyenv Felix ponr lui Ti [«] FELiCE FOSORE et pouT son époiisc Fendis BALBiNis BASiLi té 7ine place couverte dans CA LOCVM svB TE la basHiquc de Balbine^ .

GLATA SE VIBVM

Je ne m'attarderai pas à ce cimetière qui est écroulé. Qu'il me suffise de dire, pour donner une idée de sa large étendue et de ses formes g^randioses, que De Rossi en resta stupéfait, et que ni lui ni son frère n'eurent le courage d'y entreprendre des travaux d'exploration et d'étude: « Le souterrain est spacieux^, creusé à des niveaux différents, ornés de cryptes nombreuses, vastes, anciennement éclairées par des lucernaires. Le développement des formes architectoniques atteint ici un degré qui ne s'est jamais vu dans d'autres cimetières de la Rome souterraine. En effet, j'y ai admiré un immense lucernaire, non point quadrangulaire, mais presque hexagone, dont l'entonnoir s'ouvre en huit rayons sur

(i) ViGNOLi, De culinnna, 1705, p. 271.

l'hypogée : à savoir, en deux voûtes obliques, qui descendent sur deux vastes chambres présentant un. carré-long- et se terminant en abside ; en deux ambulacres qui se croisent à ang-le droit avec les deux chambres et leur donnent accès : et en quatre soupiraux obliques, étroits et longs pratiqués aux quatre angles, lesquels- tombent, je crois, sur autant de chambres. C'est là le groupe de cryptes souterraines le plus grand; le plus régulier, le mieux ordonné qui ait été trouvé jusqu'ici dans les catacombes romaines » (i).

Il est facile à comprendre que ce cimetière s'étend au sud-est jusqu'au monastère des Trappistes, sous lequel arrivent aussi les galeries du cimetière de S. Sotère et continue au nord jusqu'à côté de Quo vadis où l'on reconnaît les ruines de la basil'que de S. Balbine, Constantin, nous l'avons vUjdonna au pape un terrain appelé fundus rosarnis ou champ de roses, et y ajouta les terrains environnants. La basilique qui y fut bâtie servit de tombe au pape Marc.

Cimetière de S. Sotère

ET ARÈNAIRE DE S. HiPPOLVTE

Le cimetière ou la région de S. Sotère se trouvait au nord du tombeau de S. Corneille; nous lisons en effet dans la Table synoptique des documents topographiques que les pèlerins se dirigeaient ad aguilo7ievi pour se rendre de la basilique de ce pape

(r) De Rossi, B?i/l. d' ArchcoL chrct., 1S87, p. 3.

LES CATACOMBES DE S. CALiXtË

au sanctuaire de la martyre. Puis, pour passer au cimetière de Marc et de Balbine, ils s'éloignaient

Fig. 114.

Ancien sanctuaire chrétien du m. siècle changé en maison de campagne.

de la voie Appienne : Et dimiUis viam Appiam. Mais on ne peut rien dire de cette région, car on ne connaît que sa direction par rapport à la basilique de S. Corneille. Que dire de Tarénaire d'Hippolyte? 11 y a plusieurs carrières de sable dans le voisinage et scms ce cimetière ; ce sont d'immenses car-

rières qui se ramifient de tous côtés et sont en communication avec les catacombes depuis une haute

-* ^sM^i^^ -4t-.

Fig. 115. — Reconstruction du sanctuaire (fig. 11,; 114).

antiquité. Tout cela, l'incertitude des indications topographiques du moyen-âge, me dispensent de parler de cet arénaire. Occupons-nous plutôt de la

basilique q'uon croyait jusqu'à ces dernières années être celle de S^^ Sotère.

Dans la revue Rômische Ouartahchrift {^\<^o\) un docteur allemand prétendit résoudre un important problème topog"raphique, c'est-à dire avoir découvert H vraie basilique de S. Corneille. On croira peutêtre qu'il avait fait des fouilles plus complètes et

Fig. 116. — Sépulcre de deux uiarlyib an milieu du saucluaiie.

plus heureuses que celles de De Rossi. Nullement. 'En réfléchissant sur les Itinéraires, ce docteur découvrit que la basilique de S. Corneille était celle que De Rossi avait prise pour celle de S^^ Sotère, située à 200 mètres environ de la tombe du pontife, et tout juste du coté opposé à celui où elle aurait dû être î

Lorsque Mgr. Wilpert établit la nouvelle topo-

graphie des areae qui environnent S. Calixte, il crut pouvoir appeller ce sanctuaire basilique de Zéphyrin, et la récente découverte d'un tombeau pour deux personnes (tig. ii6), juste au milieu du sanctuaire, tombeau qui devait être l'objet d'une vénération spéciale, car on y voit les traces de la fenestella confessionis , semble confirmer l'opinion du savant prélat. De fait nous savons que le pape fondateur du cimetière papal reposait, au vii^ siècle, avec le martyr de l'eucharistie.

M. le comm. Marucchi n'est pas de cet avis, parce qu'il est en contradiction avec les Itinéraires et que la basilique n'est pas sur l'Appienne, mais sur l'Ardéatine. La seconde raison est bonne, mais non la première, car c'est sur l'autorité des Itinérairis qu'on a appelé cette basilique de S^^ Sotère, de S. Damase, des S^^ Marc et Marcellin et même de S. Corneille et qu'on a commis tant d'erreurs signalées. On put croire en outre que la basilique était sur la voie Appienne, parce que sa façade est tournée de ce côté et qu'elle est à une certaine distance de l'Ardéatine. Telle est la question débattue entre les deux célèbres archéologues et qui est encore trop complexe et trop peu approfondie pour pouvoir être résolue. Voir, aux fig. 113, 114 et 115. deux vues de l'ancien sanctuaire changé au moyenâge en maison de paysan et de sa restauration faite par les Pères Trappistes sur le dessin de M. Palombi, ingénieur de la Commission d'Archéologie sacrée.

CrVPTE DE LUCINE ET TOMBEAU DE S. CoRNEILLE

La plus ancienne région du cimetière de Calixte et aussi de tous les cimetières de la voie Appienne est celle que, solvant la tradition, nous appelons crypte de Lucine (p. 49 fig'. 50). Elle a été fondée dans une afea oréomètriquement déterminée, avec un côté sur la voie Appienne et, au milieu, un mausolée (X) bâti en zones. Les inscriptions trouvées sur terre et dans les galeries cimitériales et qui ont rapport à des membres de la noble famille Pomponia, font croire que c'était leur propriété. Or Lucine l'ancienne, qui fut disciple de S. Paul et donna la sépulture au corps de l'apôtre, était précisément une Pomponia de la branche des Graecini; un personnage de ce nom fut enterré dans ce cimetière avec des Pomponii Bassi. Quoiqu'il en soit, la région que je vais décrire est fort ancienne.

Les galeries qui sont très hautes supposent trois époques différentes; Tambulacre primitif aurait été creusé deux fois. De fait dans la partie la plus élevée on trouve des tombes a me?isa et des ouvertures de petits couloirs auxquels on arrivait en marchant sur l'ancien sol à cette même hauteur. Au même niveau il y a en outre des chambres avec des peintures bien plus anciennes que dans les chambres inférieures. Même remarque sur les autres données chronologiques.

Pour entrer dans la crypte de Lucine on peut passer par le labyrinthe ou par la très ancienne région qui les relie au centre du cimetière de Calixte. On rencontre en route un marbre unique dans

tout l'art chrétien et qu'il est facile d'interpréter: Forante entre deux brebis. Ce ne peut être que la figure de l'âme du défunt inter saiictos. Puis ce sont des inscriptions avec des noms simples, spécialement dans la galerie du troisième étage b b ; entre autres on lit les noms de SISTRATON, YRBICA, ECnEPOC, FAVSTINIANVM ; ce dernier nom est accompagné des symboles unis de l'ancre changée en croix sous laquelle repose l'agneau divin et de la colombe. Sur le marbre d'Urbica sont dessinées l'ancre et la colombe près d'un arbre; c'est l'espé rance dans le Christ, %àL<gÇL de la vie éternelle. Une inscription encore en place dit :

(I)HAEIKAA EIPHXH COI EN Kco K-^pup « O Phélicla, paix à toi dans le Scig)ieur ! »

Une autre, sous les noms POTOIXA EIPHXH a une croix grecque.

On trouve aussi une inscription faite par un affranchi Secundus à sa digne maîtresse Marcia Rutina. Une autre représente le défunt, VALERIVS PAR- DVS, qui était jardinier, avec une laitue et une faucille en main.

Les galeries ouvertes sur le côté droit de l'ambulacre b b (iig. 50) marquées par des chiftres donnaient dans un arénaire si ramifié et si étendu q'uil égalait le réseau catacombal. De Rossi pensait que c'était le fameux arénaire d'Hippolyte; quand on y fit des fouilles, il put y descendre et y reconnaître jusqu'à un quatrième étage d'ambulacres. On chercha en vain d'en rendre l'accès praticable et d'y découvrir

234 LES . ATACO.MBES DE S. CALIXTE

quelque souvenir du martyr et de ses compagnons; chaque coup de pioche produisait des ruines irréparables et exposait les fossoyeurs à être enterrés sous un éboulement ; heureusement on abandonna ce périlleux travail avant que Tescalier ne s'écroulât. Dans la ûg. 5c, cet escalier est marqué au bout de l'ambulacre UU.

Dans cette galerie, De Rossi trouva un loculus tout à fait simple, fermé avec des briques, et dans l'intérieur les restes d'une jeune hlle, dont les vêtements de pourpre étaient tissus d'or. Cest ce qui démontre que ceux qui étaient déposés dans de simples loculi fermés avec des briques n'étaient pas toujours de personnes vulgaires.

Prenons maintenant l'escalier A qui est ancien e^ que S. Damase rétrécit entre deux murs, et montons aux chambres XY. Elles remontent au début du II siècle et ont des peintures de ce temps-là. Dans la première chambre on voit le baptême de Jésus; c'est la plus ancienne représentation de ce sujet qui nous reste.

Sur le mur d'entrée, à gauche, sont peints un tronc d'arbre dont une branche se détache et, près de lui, deux o'seaux : ce sont les âmes au paradis. Le tronc peut avoir ici un autre sens, car on voit la même scène dans la chambre Y, mais, au lieu d'oiseaux sont deux brebis, et le tronc, taillé comme l'autre horizontalement, porte le vase eucharistique et sert d'autel.

Le plafond de cette seconde chambre a des peintures tout à f^it pompéiennes. Aux quatre angles,

deux ligures du Bon Pasteur alternent avec deux orantes, une de celles-ci semble ravie en extase. On trouverait difficilement, même dans les peintures classiques, une figure plus expressive que cette dernière qui lut pourtant rapidement tracée par le pinceau de l'artiste. L'élévation de la figure a fait penser à l'Eglise, appelée vierge-mère, épouse du Christ, par les anciens écrivains et les Pères, ou encore à la vierge Marie. Aujourd' hui encore des archéologues de l'école de De Rossi soutiennent cette dernière interprétation ; mais il n'est pas nécessaire de changer ici le sens de l'orante sans indication ; ce changement aurait pu amener une confusion dans les idées des fidèles qui voyaient si souvent cette figure auprès du Bon Pasteur, ou seule, représenter Tâme du défunt.

Nous devons cette unité d'interprétation aux patientes études de Mgr. Wilpert. Les exemples contraires sont rares, tardifs, et ne se trouvent pas sur les tombeaux.

Au centre est peint Daniel priant parmi les lions. La peinture est très dégradée en cet endroit. Le mur de gauche est entièrement refait; il devait y avoir une scène de Jonas qui avait son pendant sur le mur de droite où l'on voit Jonas se reposant sous la cucurbite. La nature de l'arbuste à l'ombre duquel Jonas se reposa fut, on le sait, Tobjet d'une vive controverse entre S. Augustin et S. Jérôme, parce que ce dernier dans sa correction du texte biblique, avait changé en lierre la plante cucurbitacée. On en appelait à tort aux peintures des ca-

tacombes. Au contraire, même après que la Vulgate fut devenue d'un usage courant, les peintures continuèrent à représenter un berceau avec des citrouilles ou concombres.

Mais le sujet le plus important entre ces peintures est le poisson répété deux fois sur le mur de face à côté de la corbeille de pain avec le vase plein de vin. Tous ceux à qui j'ai montré cette peinture en ont été surpris, car les reproductions en noir n'en donnent pas une idée exacte : on croit souvent que le fameux calice avec le vin n'existe que dans le cerveau des archéologues. Aussi ai-jefail reproduire ces deux figures sur une planche en couleurs empruntée à l'ouvrage désormais c'assique de Mgr. Wilpert (voir à l.i fin). Il serait aisé de vérifier, cette planche en main, devant la peinture, qu'on n'en a nullement forcé les nuances.

Constatons deux choses : d'abord que les poissons ne frétillent pas dans l'eau, car ils reposent, comme les autres figures, sur une surface verdâtre, ni qu'ils ne soutiennent pas sur leur dos les corbeilles, car ils sont à côté d'elles ; deuxièmement, que le nombre de deux poissons et celui de cinq pains qu'on voit dans une corbeille, tandis que dans l'autre il y en a six^ fait naturellement penser à la multiplication des pains et des poissons. On y a ajouté les verres de vin, et il n'est pas besoin, comme l'ont dit certains auteurs protestants, d'un efTort de bonne volonté, pour comprendre qu'il est ici question du Christ, voilé sous les espèces eucharistiques.

Remarquons enfin que les corbeilles et le vase

LK CiMK'riERE DE S. CALlXTË

de verre transparent qui laisse voir le liquide qu'il contient, peuvent être une allusion à Taclministration de l'eucharistie. Les églies pauvres ne pouvaient certainement pas posséder toutes le mobilier liturgique nécessaire et convenable; on pouvait donc se servir de corbeilles et de verres pour la distribution des espèces consacrées; cela put même arriver au IV. siècle, car S. Jérôme, dans sa lettre CXXV, parlant de S. Exupère, évêque de Toulouse qui avait vendu les vases sacrés pour secourir les pauvres, dit: Nihil illo ditius qui corpus Domini in canisiro vimi-

Fig.

neo et sani^uinem portai in vitrco , « Nul n'est plus riche que celui qui porte le corps du Sei)J-neur dans une corbeille d'osier et son sang- dans un verre ».

L' ambulacre BB, en face de X escalier A, fut appelé par De Rossi la région aristocratique des cimetières chrétiens de Rome, parce qu' on y lit les noms de la plus haute noblesse romaine des ii.et 1 1 1 s'ècles :

LOLLIA - I ALLIA - O. CAECILIVS MAXIMVS C. P. -ANNIA OArCTEINA-LIKlNL\ OAÏC- TEINA -AKEAIA BHPA- ANNIOS CATO etc.

De Rossi qui en reconstituant T arbre généalo-

23^ LES CATACOMBES DE S. CALlXTÊ

gique des défunts, a su faire de leurs noms des indices chronolog'iques, s' est aperçu qu'on ne peut attribuer au hasard la rencontre dans cette propriété des souvenirs des Caecilii, clarissinies avec les Pom-

ponii Bassi et ^ .^

Graecini, les An- / • s

nii, les Fausti et .EiTTOI-HilliXCCy -

les Veri. Quin- /^(m^HCYCXxfeH

conque lit ces de- ¥TO:f OMCur^foîkf X^

rniers noms, com- (F'^^^ '^'^J^f^^^?'?^'*^

me ditDe Ross,, \ KOMiE)»^^^

«ou se rappelle ky^ôKm pcmifim ...,

le groupe de leurs ^ j >:^J>v|\£ OCTiJ^|

monuments et de '^LrriMTkm'êYÊÊKCFi^'N

leur époque qui i:f^£l<XTyH'CtC'>HÂT.: Hii

est environ des Fig. 119.

piemières années

du III. siècle, comprend aussitôt que ce sont des personnes d' une même famille et qu' elles ont un rapport avec les Antonins Augustes. Le nom de gens Annius porté par deux d' entre eux et les cognomina de Faustina et de Vera donnés à trois autres femmes sont un indice évident de pa-

^^^ rente avec ces Annii Veri et ces

^,ij|(^|f^J^|.x Anniae Faustinae si souvent nom-

iB 'Vt*-V'*^'^5^i mes dans 1' arbre g^énéalogique de

-^*-r ,-i^x---*a^' Antonins Augustes > (i). Ajoutons

^'s- Ï20 ^ cela r existences de colombaires,

dès r époque d' Auguste, appartenant aux affranchis des Caecilii et des Antonins ;

(i) Rovia sotter,, t. I. p. 316.

r inscription d'un Pomponius Bassus d'ordre sénatorial que l'on conserve dans le musée local (fig. 1 19), les conditions spéciales de 1' endroit où fut fondé le cimetière de Calixte, et nous comprendrons facilement que l'attribution faite par De Rossi de ce cimetière à la famille des Pomponii et des Caecilii n'est pas une hypothèse fantaisiste ni une opinion indviiduelle, mais une décision qui semble être définitive et irrévf cable, du moins en substance.

Dans la chambre C se trouve l'inscription d'une Virginia qui a vécu cinq aus avcc son mari inli-

(AtfOY

haia (fig. 120). De Rossi pensa quM s'agissait d'un de ces mariages où les deux époux vivaient comme fière et sœur. Les peintures sont décoratives, comme aussi celles de la chambre suivante E^ sauf la figure du Bon Pasteur qui occupe le centre de la voûte. Cette figure est non seulement fort bien conservée, mais très complète dans son symbolisme. Car aux pieds du Bon Pasteur sont deux brebis qui représentent le troupeau des élus ; lui-même porte la jatte de lait, symbole de l'eucharistie. Cette particularité qui se trouve aussi dans d'autres figures où le Bon Pasteur trait les brebis, pa

240 LES CATACOMBKS DE S. CALlXTE

raît avoir été inspirée par les visions de S. Perpétue. La sainte se sentit transporter au paradis : «Je vis, dit-elle, un immense jardin, et, au milieu, la figure haute et vénérable d'un vieillard en habits de berger qui était en train de traire les brebis. Il leva la tête me regarda et dit : ** Sois la bienvenue; ma fille ! " Et il m'appela près de lui et me

AIONICIOr lATPOr nPECBïTEPOr.

donna un peu de lait coagulé qu'il avait trait. Je le reçus dans mes mais jointes et le mangeai. Et tous ceux qui nous entouraient crièrent : '' Amen. " Et au son de leur voix je m'éveillai, ayant encore dans la bouche un goût très suave ».

Au IV. siècle on trouve un changement dans ce sujet qui, tout en le rendant moins historique, le rend plus expressif. Le berger porte la brebis sur ses épaules et en même temps lui donne à boire du lait dans un vase. On ne pouvait mieux exprimer la douceur du Christ à 1' égard du défunt mort dans sa grâce.

Retournons sur nos pas jusqu'au pied de l'escalier. La figure 121 représente une inscription de prêtre, qui était en même temps médecin. C'est un personage du fameux roman Fabiola. appelé Dionysiiis. L'inscription ferme un loculus près du sol. A gauche on trouve un sarcophage d'enfant avec l'inscription BLASTIANE PAX TECVM .

Cette furmule est antérieure au iii^ siècle où elle est remplacée par la formule IN FACE qui est restée jusqu'à une époque tardive. Fax iecum! On

LK CIMETIERE DE S. CALTXTE 2dl

dirait un écho des paroles du Christ quand, apparaissant à ses apôtres après sa résurrection, il leur dissait, pour dissiper leurs craintes : PAX VOBIS. Les apôtres adressèrent ce même salut a l'assemblée des fidèles, et les fidèles recueillirent ce touchant souhait sur les lèvres apostoliques.

Une tombe sous le pavé porte cette inscription :

lOBINA QUE VIXIT ANXOS PLUS MINVS CINQVACIXTA RECESSIT A SAECULO INGRESSA IN PAGE.

En trournant à droite, on trouve deux inscriptions consistant en de simples noms : TRAQML- LIANVS, TRANOVILLIANA et celle d'un prêtre Maximus, MAIEIMOÏ. IIP. Sur les murs il y a des traces de peintures et des graffites, indices de la présence d'un sanctuaire vénéré. L'un d'eux, découvert par Mgr. Bartolini plus tard cardinal, dit : SCS Cerealis et Sallustia cum XXI. Cette découverte remet en honneur un passage des actes de S. Corneille considérés par la critique comme fabuleux : ces « vingt-et-un » férent tués avec Céréalis leur centurion et Sallustia dans la persécution de Dèce, et sans doute le pèlerin qui traça leurs noms vénéra ici ou près d'ici la tombe de ces martyrs. La paléographie des noms semble assez ancienne (iv^ ou v^ siècle), la sigle SCS cependant n'est pas antérieure au v^ siècle et De Rossi supposa qu 'on l'avait ajoutée après coup.

Deux pas plus loin, le mur de gauche forme un angle saillant puis il tourne à droite sur la longueur de quatre mètres environ, de telle sorte que la galerie ressemble à une petite chambre. Ici est

LES catacomi;es dk s. calixte

la tombe du pape S. Corneille (%. 123) qui y fut déposé en 252 et fut honoré dans son épitaphe du glo-

\ ".e de l'escalier damasien dans la région de Lucine

v.Qux VArt de martyr, titre qui paraît avoir été ajouté a;:rc3 coup La tombe fut durant un certain temps comme scp^icro a mensa^ plus tard, peut-être après

Fig. lag. — Le tombeau du pape L. Corneille.

quelque restauration, elle fut fermée comme un loculus ordinaire. S, Damase qui y lit des travaux impor-

244 LÈS CATACO^ÎliKS DE S. CALlXTE

tants, Torna d'une inscription, retrouvée en partie seulement et dont aucune syllogé ne nous a conservé le texte. La voice, d'après la reconstitution de De Rossi :

Aspice, descensii e.vtrucTo TENEBr/sQ. fvgatis Corneli moiuunenta vides ïvmvlvu/ç. sacratum f/oc opus aegroti DaMASi pra^stantia fecit Esse^ nt accessus /«^licr po/z/lisq. paratum Anxilinm Sancti, et z/aleas si fvndere pvro Corde Preces, Damasiis melîor consvrgere I'Osset Oneuty 71071 liicis amoB. tenvit mage cvra laboris

« Voyez i lin scalier fut construit , les ténèbres sont chassées ; vous contemplez te monument de Corneille et sa tombe sacrée. Cette œuvre,, -le zèle de Damase f accomplit, tout malade qu'il était, pour faciliter l'accès prés du saint^ et procurer au peuple un secours assuré. Si vous voulez d'un cœur pur répandre vos prières, demandez que Damase fuisse revenir à la santé ; von qu'il aime la vie^ mais la sollicitude de sa charge le retient ici -bas ».

L'escalier voisin et le lucernaire sont certainement un travail exécuté par l'ordre de S. I3amase.

^•M£LTtrs>j,,

Fig. 124.

C'est ce qui nous donne la raison *des additions de De Rossi. En bas de la tombe il y avait une autre inscription dont il ne reste que quelques rpots tronqués. De Rossi l'a reconstituée de trois

façons différentes, ce qui prouve son h?bileté en ce genre de travail. En voici une :

Siricius perfecit opus concliisit et arcani 'SlKrmore Corne lii quo)iia)}i pi A menibra r^'TENTAT. A droite du tombeau, est adossé au mur un tronçon de colonne qui, peut être, servit d'autel, mais qui, en tout cas. a dû porter la lampe ou le vase de S. Corneille, pape, et de S. Cyprien (fig. 125), évêque de Carthage avec leurs no.ns écrits verticalement à côté d'eux ; de l'autre, les figures de Saint Optar. évêque africain et de S. Sixte II dit papa romanus (tig. 126). De Rossi n'a vu du nom d'Optat que rin'tiale, et devina habilement ce nom, car au cimetière de Calixle fut dépose un Optât EPISCO- PVS VESr^rRITANUS qui s'était réfugié à Rome quand 1 1 Numidie fut envahie par les Vandales. Mgr. Wilpert, après avoir lavé la pt inture, a pu lire : SCS 4- OPTAT: EPISC^/>^^^\ Le pèlerin de l'itinéraire De lacis Ss. Marlynun affirme que Corneille et Cyprien reposent dans une même église. Evidemment cette erreur est due aux peintures et à la liturgie qui dès l'antiquité avait réuni la mémoire de ces deux saints en un seul office ; à moins qu'on n'adopte l'opinion de Mgr. Duchesne ; que, dans cette église, il y avait des reliques de S. Cyprien. A vrai dire, l'existence d'une telle église au niveau du sol est problématique : on sait que souvent on appelait ecclesia un cimetière, une chambre, un endroit quelconque où un certain nombre de fidèles pouvaint se réunir autour de la tombe d'un martyr. La construction d'une église

de cette espèce, appellée « basilique », que le Liber pontificalis attribue au pape Léon I^' peut s'entendre de la restauration ou de l'élargissement d'un souterrain.

On ne sait pourquoi on a réuni S. Sixte II à S. Optât, ni, dans la chapelle de S^^ Cécile, S. Sébastien à S.

Quirinus et S. Policamus.

Ces peintures sont intéressantes à cause des habits que portent les évêques et des inscriptions. Vuici ce que Mgr.. Wilpert dit de ces dernières : « Outre les noms, deux autres inscriptions plus longues sont peintes dans 1' encadrement des images L' une est écrite en lettres noires sur fond jaune; Fig. 125.

De RoSSi y a lu. ell ^'- ^'«"'^''■•^ P^P^' et st. Cyprien évêque.

s'aidant du spaume

LVIII, 17: EGO hVtem CANTABO BIRTVTEM TVAM ETEX:r^//«BO MISERICORDIAM TVAM QV/A FACTUS rS ET .9V.CEPRO (sic) MEVS. Selon lui, l'inscription serait une prière de louange et de

remerciement faite par un persécuté qui aurait été aidé par Dieu et, puet-être, par un souverain temporel. Dans le persécuté il vit Léon III et dans le souverain Charlemagne. - *■' A qui mieux qu'a Léon III, dit de Rossi, s'appliquerait ce cantique ?

Lui qui échappa par miracle aux mains de ses ennemis . . . , fut reconduit à Rome et justifié des calomnies de ses adversaires par Charlemagne, pouvait bien emprunter la voix du psalmiste pour chanter à Dieu et au souverain que Dieu avait suscité pour le sauver : Ei^o a2U€ni cantabo , etc. " Quand ont eut nettoyé les images, on constata que l'inscription contenue dans la partie supérieure et la partie droite de l'encadrement est ^^entierenieïit tirée du psaume LMII, 17 : -]- EGO ^\tem GANTA BO BIRTVTEM TVAlM ET EXALTABO M ANE MISERIGORDIAM TVAM QVIA FACTVS SET (pour est) SVSCEP-

Fig. 126.

St. Optât évéque et St. Siste II.

24S LES CATACOMBES DE S CALlXTE.

TRO (pour susceptor) MEVS ET REFVG//^;;/ MEUM ht DId tribulationis meœ » (i).

De Rossi lui-même n'était, pas sûr de l'explication donnée et ne niait pas qu'on pût en donner une autre à cause de l'ancienneté des peintures ; il admettait même pour des raisons historiques que l'inscription pût avoir rapport à Léon IV.

Quoiqu'il en soit, le ix. siècle est trop tardif. On ne peut attribuer ces peintures à une époque i)ostérieure au vu. siècle, parce que :

1. Le pèlerin qui composa De locis Ss. Martyrum où il affirma que S. Cy,jrien et S. Corneille reposent dans une même église, a été induit en erreur par les peintures ; elles sont donc antérieur-es à ce document qui date du temps d'Honorius L^"^ (625-638;; les peintures sont celles du tombeau, car l'Itinéraire de Salzbourg- suppose que le corps de vS. Corneille est à la place où il fut déposé des l'origine : lon;^e in antro.

2. A ces dates il faut ajouter les critères analogiques et intrinsèques des peintures : elles ont beaucoup de points de contact avec les productions artistiques des VI. et vu. siècles, c'est-à-dire avec les diptyques et surtout avec celui de Basile de l'an 541. Même type dans l'ovale du visage, dans les yeux, dans les plis de la chasuble et de la toge.

3. Le pallium dénoué et si large ne peut être du IX. siècle, où cet insigne était devenu un ruban

(i) VV'iLi'EKT, Le pitlurc délie Cataco)nbe rouuine^ lej^le p. 460.

circulaire fermé, comme on le voit dans la figure de S. Urbain à la crypte de S. Cécile. Or les peintres, n'ayant pas le sens de Tanachronisme, repreisentaient les figures avec les habits de leur temps. On ne peut donc reporter ces peintures au ix. siècle, mais à une époque plus ancienne.

Mgr. Wilpert les attribue à Jean III (561-574) qui, lorsque sa situatiou devint intolérable à la suite de sa rupture avec Narsès, se retira, comme le rapporte le Liber Pontijicalis, dans la catacombe de Prétextât, située en face de la crypte de Lucine ; il put alors faire exécuter ces peintures.

Ces peintures doivent intéresser les visiteurs parce qu'elles donnent l'antique forme des habits épiscopaux. Les saints évêques portent la pénu'e qu fut en usage chez les anciens et même chez les Etrusques, comme on le voit sur les monuments et dans leurs écrits, et resta toujours la même : un cercle d'étoffe avec un trou au milieu pour y passer la tête, et un capuchon (cuciillus)

On comprend que sa grandeur ait pu varier avec les circonstances, et aussi sa forme : les ouvriers portaient une pénule plus courte, pour avoir les bras libres. Dans la chambre des Cinq Saints (tig. 100) la figure de Némésius porte une pénule qui se termine en pointe par devant ; c'est la seule variante dans l 'art antique, païen ou chrétien. La pénule était de plus un habit de voyage : Cicéron se servit de cet usage dans son plaidoyer pour Milon. Milon. dirait-il, n'aurait pas porté cet habit s'il avait voulu attirer son ennemi Clodius dans un guet-apens.

S. Paul parle é^^alement de la pénule, quand il prie Timothée de lui apporter Thabit qu'il avait laissé à Troas chez Carpus, avec ses manuscrits et parchemins (i). Plus tard on l'appela amphibalus, casula, planeta '^ on supprima le copuchon et, au xii. siècle, elle prit une forme analogue à nos chasubles dites « du moyen-âge ».

Les peintures du tombeau de S. Corneille nous donnent la pénule primitive qui était déjà devenue le vêtement de prêtres pour célébrer la messe et qui s'appelait planeta (2). Le pallium est large encore, mais le bout tombant de l'épaule droite, après avoir entouré le haut du corps, est rejeté derrière l'épaule gauche, et pend sur la poitrine ; cet insigne devint plus tard un cercle avec dtux appendices, un devant, l'autre derrière, comme on voit dans les peinture de Téglise de S. Clément, à Rome (X. ou XI. siècle).

Nous voici enfin arrivés au terme de notre course à travers le cimetière papal. Je dis course, car on pourrait écrire des volumes si l'on voulait décrire plus minutieusement surtout les dernières découvertes qu'on y a faites. Je crois poutant avoir dit bien des choses nouvelles.

C'est après avoir découvert la tombe de S. Corneille que l'illustre De Rossi a conçu la Rovia

(il II TiiH.^ IV, 13.

(2) A cette époque, ce n'était pas le vêtement exchisif des prêtres. Les sénateurs la portaient aussi chez eux. Cfr. WiLPERT, l\ capitolo di storia del vestiario, passim.

sotterranea. Une partie de la plaque de marbre qui la ferme, trouvée dans la vigne au dessus, fut la clef de toutes ses admirables découvertes ; son premier volume de son grand ouvrage contient une description détaillée et et une explication exacte de la crypte de Lucine, Ses contemporains crurent qu'il avait achevé l'étude de ces régions souterraines. Les dernières découvertes que j'ai à peine indiquées, montrent combien nous sommes loin d'en avoir une connaissance complète et combien de questions restent insolubles. Une seule génération ne peut venir à bout de recherches si vastes et si difficiles, Le génie d'un homme se flatterait en vain d'avoir résolu tous ces problèmes. Il ne fait que préparer la voie à ses élèves qui, à leur tour, la prépareront à d'autres. Tel le semeur jette dans le sillon le grain que d'autres moissonneront au centuple.

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