SUR DE LA FIBRINE ET SUR DU NUCLÉATE DE SOUDE
Durée de l’extraction
Temps minimum pour dissoudre un flocon de fibrine
Temps minimum pour faire disparaître la gelée d’une solution de nucléate de soude
16 heures
2 à 3 heures
4 à 6 heures
1 heure
45 à 30 minutes
20 minutes
Après 24 heures, pas de liquéfaction.
Le pancréas, après 16 heures de digestion, fournit un liquide très actif sur l’acide nucléique. L’action sur la fibrine est faible. Avec la durée de l’extraction, les nucléases diminuent, tandis que la trypsine augmente. Après 41 heures de macération, le liquide obtenu ne digère plus l’acide nucléique. Il ressort de ces essais que, même déjà dans le passage de l’acide nucléique de l’état gélatineux à l’état soluble, il intervient une diastase spéciale. On voit, de plus, que dans le pancréas il existe, à côté de la trypsine, de la nucléase. Mais celle-ci agit in vitro, surtout dans les premiers temps de la macération; elle disparaît, en effet, assez rapidement du liquide d’extraction par suite vraisemblablement d’une action secondaire de la trypsine sur elle.
Pour préparer la nucléase de pancréas à l’état sec, on opère de la façon suivante : 1 kilogramme de pancréas est réduit en pâte avec du sable, puis soumis à l’action de la presse de Buchner. Le suc qui s’écoule est immédiatement additionné de sulfate d’ammoniaque jusqu’à saturation. Le précipité obtenu est lavé à l’alcool et à l’éther, puis séché : dans cet état, il se conserve bien. Ce produit liquéfie rapidement la gelée
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d’acide nucléique et fournit, avec lui, des bases xanthiques et de l’acide phosphorique.
Propriétés. — Les essais de dialyse ont démontré que la substance active ne traverse pas la paroi filtrante. Un extrait pancréatique frais, riche en nucléase, est toujours légèrement acide. En neutralisant ou en acidifiant davantage avec de l’acide acétique, on produit un effet nuisible, au point de vue de l’action de la diastase. La réaction légèrement acide paraît donc favorable, mais elle ne doit pas être excessive. En tout cas, l’alcalinité est très funeste. G. Pighini a appliqué la méthode optique pour la recherche des nucléases. On sait que les acides nucléiques tournent très fortement à droite le plan de la lumière polarisée. Au contraire, les produits de la décomposition ne donnent point de rotation, ou du moins n’en donnent qu’une très faible. Pour ces erssais, l’auteur s’est servi d’acide nucléique provenant de la maison Merck : 1.6 gr. de cette substance est dissous dans 100 cc. d’eau physiologique à 0.85 % NaCl. On se place dans des conditions spéciales en rendant la liqueur légèrement alcaline par l’addition, soit de faibles quantités de NH3, soit de C03Na2. Puis on ajoute 2 cc. de liquide à analyser, du sérum, par exemple, et l’on observe la variation du pouvoir rotatoire dans un saccharimètre Soleil :
Action du sérum de diverses provenances sur l’acide nucléique.
Temps
Provenance du sérum
Lapin jeune
Lapin vieux
Veau
Bœuf
Au début . .
Après 1 heure
» 2 heures
trouble
FERMENTS DES NUCLÉOPROTÉIDES.
Ainsi qu’on le voit, l’action, au début, est très intense, puis elle se ralentit progressivement. D’ailleurs, les mêmes liquides, maintenus pendant quelque temps à 65°, n’agissent plus sur l’acide nucléique. D’après cet auteur, qui a fait aussi des mesures plus exactes, la loi de décroissance des pouvoirs rotatoires est une logarithmique analogue à celle de toutes les actions diastasiques.
Individualité des nucléases. — Parmi les bases xanthiques dérivant des acides nucléiques, on trouve l’adénine, la guanine, la sarcine ou hypoxanthine et la xanthine. L’acide nucléique qui provient du thymus fournit exclusivement de l’adénine. Ceux retirés d’autres tissus donnent à l’hydrolyse, 2, 3 ou 4 des bases mentionnées plus haut. C’est donc qu’on est en présence de plusieurs acides nucléiques différents. Kossel admet l’existence de quatre acides nucléiques correspondant à chacune des bases : l’acide sarcylique donne la sarcine, l’acide xanthique donne la xanthine, l’acide adénylique donne l’adénine, et l’acide guanylique, la guanine. Les quatre acides nucléiques auront chacun leur enzyme propre : il existerait donc une guanylase, une adénylase, une xanthiase et une sarcylase. A l’appui de cette manière de voir, on peut citer le fait que certains sucs d’organes se montrent actifs sur les acides nucléiques de telle ou telle provenance, et pas sur d’autres. Au point de vue de l’individualité de ces enzymes nucléolytiques, il faut aussi prendre en considération que la transformation des acides nucléiques en acide phosphorique et bases xanthiques se fait seulement par étapes successives.
Les polynucléotides sont ramenés d’abord à l’état de mononucléotides ; c’est probablement ce qui correspond à la transformation de l'acide nucléique gélatineux en acide dialysable, modification qui se fait sans mise en liberté d’acide phosphorique. Ensuite, comme l’ont démontré Levene et ses élèves, le mononucléotide se dédouble en acide phosphorique et en un complexe azoté, la nucléonosine , qui, lui, est dépourvu de phosphore. La nucléonosine, à son tour, est décomposée en hydrate de carbone et en bases xanthiques. C’est ainsi que
PROPRIÉTÉS
l’acide guanylique, hydrolysé en solution neutre et à une température de 130°, fournit de l’acide phosphorique et une sorte de pentoside, la guanosine, C10H13O5N5, corps cristallisé et bien déterminé, qui, sous l’action des acides à concentration modérée, donne de la guanine et un pentose. Des composés analogues à la guanosine ont été obtenus avec les acides nucléiques d’autres provenances, et, do plus, on a constaté la présence de nucléosides parmi les produits de digestion cellulaire des nucléoprotéides.
Levene, à qui l’on doit des travaux remarquables sur la chimie des nucléines, admet qu’aux trois phases de la transformation des nucléines correspondent trois classes de diastases différentes : les nucléinases, les nucléotidases, les nucléosidases. Les premières transforment les molécules nucléiques en nucléotides, sans dégagement d’acide phosphorique ; les secondes dédoublent les nucléotides en nucléosides et acide phosphorique ; enfin, les troisièmes décomposent les nucléosides en hydrate de carbone et bases xanthiques.
En admettant cette classification et en tenant pour démontrée, d’autre part, l’existence des quatre acides nucléiques de Kossel, on voit que le nombre des nucléases doit être très grand. On manque d’ailleurs sur elles de données expérimentales. Il est cependant hors de doute qu’on se trouve en présence de toute une classe d'enzymes très divers. De même que la molécule albuminoïde se désagrège de proche en proche sous l’influence de plusieurs diastases, qui l’amènent finalement à l’état de produits très simples, il est plus que certain que la molécule nucléinique possède aussi une gamme d’enzymes capables de lui faire subir les transformations successives que nous venons de décrire ; seulement, nos connaissances sur la chimie des nucléines sont encore trop peu avancées pour qu’on puisse, à l’heure actuelle, en fournir une preuve décisive.
FERMENTS DES NUGLÉOPROTÉIDES.
BIBLIOGRAPHIE