‹ Les cathédrales de France; (volume 2)Chapitre 5 sur 28 · PÉRIODE MODERNE · texte numérisé non relu

PÉRIODE MODERNE

Il nous reste maintenant encore, pour compléter nos indications, à

dire quelques mots des cathédrales modernes élevées depuis la fin du

xvi‘ siècle jusqu’à nos jours. Aux xvir et xvin siècles, diverses constructions religieuses furent élevées sur plusieurs points de la France, dans le style soi-disant monumental et classique alors en honneur; ce sont notamment le

destinés à des sièges épiscopaux ne présentent ni des dispositions ni

»s cathédrales de Versailles, Nancy, Arras, Montauban, etc.; ces édifices

des systèmes de construction intéressants. Quant à leur caractère artistique, ou pour mieux dire décoratif, il n’est dû qu'à lapplication des ordres plus ou moins abätardis de l’époque romane. Les plans rappellent, dans leurs grandes lignes, ceux de l'École francaise, mais sans préoecupation du rôle si important qu’y jouaient les piliers, tant au point de vue de la circulation que de leurs fonctions dans la construction des églises voülées. Ici, les masses inutiles et gènantes ont remplacé les éléments raisonnés el si ingénieusement réunis au bénéfice de l’économie de la matière et de l'invention; tout y est banal et insignifiant, et cependant on prétendait alors remplacer, avec avantage, les édifices gothiques qu’on

traitait avec le plus grand dédain. A la vérité, on ne les comprenait pas,

et il a fallu que plus de deux siècles s’écoulassent avant que l'esprit d'analyse appliqué enfin à l'architecture, tit entrevoir la vérité devenue aujourd’hui éclatante.

Dans le cours du siècle dernier, sous l’influence des hommes éclairés

et particulièrement de Viollet-le-Duc, des restaurations parfois exagérées, mais en somme si uliles et si profitables à la connaissance de l’art français, ont été entreprises par l'État dans nos monuments du moyen âge el particulièrement dans nos cathédrales. En même temps, quelques

dans certains sièges épiscopaux, à

édifices nouveaux étaient élevés Marseille, à Gap, à Moulins pour la nef seulement. Dans ces productions

contemporaines n'apparaît pas un caractère arlistique nouveau, mais du

| moins les architectes qui les ont conçues et fait exécuter y ont apporté Hp une préoccupation de structure et de logique, qui indique le retour au

bon sens pratique et au raisonnement, c’est-à-dire aux principes fondamentaux qu'ils ont vus appliqués dans les œuvres du moyen âge.

Comme le démontre la présente publication, il n’est pas douteux, en effet, qu'indépendamment des impressions si puissantes que nous subissons en pénétrant dans nos cathédrales, du charme et du parfum d’art qui nous attirent vers les créations du moyen âge en général, l’architecte et le constructeur y trouvent en outre une direction et une méthode de composition qui est applicable dans la recherche des solutions, quels que soient les programmes soumis à leurs méditations et les matériaux dont ils disposent. Aussi plus se répandront l’étude et la connaissance des monuments vraiment français, plus les efforts que réclament les exigences actuelles seront facilités.

Puissent dans la part qui leur appartient participer à ce progrès les éléments d'étude comparative que nous présentons aujourd’hui avec la conviction de leur utilité et la certitude de leur sincérité!

A. De BAUDOT.

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