‹ Les cathédrales de FranceChapitre 23 sur 109 · NEVERS · texte numérisé non relu

NEVERS

par martyre pour la foi chrétienne, et par cette occasion, ledit Charles fit que dès lors en avant l’église cathédrale de Nevers fût titulée et nommée de Saint-Cyr. » Depuis ce temps la cathédrale de Nevers a conservé le même vocable, malgré les désastres qu’elle éprouva plus tard dans plusieurs circonstances déplorables.

Élevé vraisemblablement avec précipitation, dans un moment de paix qui succédait à de violentes commotions, l’édifice s’écroula tout à coup, un siècle plus tard, en 910, selon l'inventaire de Parmentier. Le pieux Alton , prélat savant et zélé, alors assis sur le siége épiscopal de Nevers, chercha les moyens de le relever de ses ruines. Il s’y appliqua avec ardeur , de sorte que l’église sortit promptement de dessous ses décombres, plus vaste et plus belle qu’elle n’avait été précédemment.

Reste-t-il encore aujourd’hui quelques fragments des deux églises du neuvième et du dixième siècle? Suivant quelques auteurs les deux piliers ronds situés au bas de la nef seraient un reste de l’ancienne construction , de même que des pans de muraille de la chapelle consacrée à sainte Julitte montreraient quelques vestiges de l’église bâtie au neuvième siècle. Dans un travail manuscrit envoyé au ministre des cultes pour servir à la statistique des monuments diocésains, nous lisons cette phrase : « La chapelle Sainte-Julitte, à l’orient de l’église, élevée sur une crypte, appartient, par son ornementation, mutilée dans beaucoup de détails, à l’époque carlovingienne, pendant laquelle l’église subit deux établissements successifs. » Nous n’admettons point cette prétention, partageant en cela l'opinion de M. Prosper Mérimée ; d’ailleurs

la construction du dixième siècle était établie sur un plan carré qui n'existe plus. Cette partie fort curieuse, selon les principes de la critique monumentale, doit être rapportée à l'architecture romano-byzantine secondaire.

En étudiant attentivement la cathédrale de Nevers dans

son état présent, on ne tarde pas à se convaincre que la grande nef date de la fin du treizième siècle et du quatorzième, ainsi que certaines portions dans le pourtour du chœur. Le corps de ce dernier appartient évidemment au quinzième siècle. Les chapelles attenantes aux bas-côtés qui l'entourent sont probablement un peu plus récentes : on pourrait, sans craindre de s’écarter beaucoup de la réalité, les attribuer à la fin du quinzième siècle.

Après avoir établi les principales époques architectoniques auxquelles se rapportent les membres les plus essentiels de la basilique de Nevers, nous allons en considérer l'effet général à l'intérieur’ et à l'extérieur; plus loin nous indiquerons les détails les plus dignes d'observation.

La cathédrale de Nevers, construite sur un plan qui n’a guère d’analogue en France, présente à ses deux extrémités deux grandes absides terminales, comme les églises allemandes de Mayence, de Worms et de Spire. L’abside occidentale est destinée au chœur du chapitre, l’abside orientale a été consacrée à sainte Julitte, mère de saint Cyr, patron de la cathédrale. Le transsept n’occupe pas l'endroit qui lui est propre dans nos autres monuments, c’est-à-dire entre le chœur et la nef; il est rejeté à la base de l'édifice, absolument comme dans l’église des Saints-Apôtres que nous avons

visitée à Cologne. Cette croisée mérite d’être signalée, à cause

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