‹ Les cathédrales de FranceChapitre 36 sur 109 · AIX · texte numérisé non relu

AIX

Pierre de Burle, architecte. Ils furent interrompus par suite de circonstances malheureuses et imprévues ; enfin ils furent repris en 1411. L'œuvre fut poussée avec activité, de sorte qu'en 1425, l'archevêque Ammo Nicolaï fit placer les belles cloches qui, par leurs joyeuses et harmonieuses volées, annonçaient les différentes heures de l'office et réjouissaient les oreilles des populations chrétiennes. :

Le portail fut commencé plus tard, à un âge où l’art religieux conservait encore ses inspirations, quoique déjà altérées par des principes nouveaux. En 1476, la première pierre en fut posée au milieu des acclamations de la multitude. Nous pouvons dire ce qu’il était, car sa magnificence n'est, pour ainsi dire, qu'un souvenir. {1 n'offre plus maintenant aux regards attristés que des restes de son ancienne splendeur. Il avait été décoré de sculptures fines et délicates, dans le genre admirable auquel nous devons tant de chefs-d’œuvre. Plusieurs statues ajoutaient encore à sa somptuosité : ‘on avait représenté saint Louis, évêque de Toulouse, Louis XI, roi de France, et Charles LIT, comte de Provence. Les têtes avaient été modelées avec soin sur des portraits ressemblants. Ces figures et une grande partie des ornements ont été détruites pendant les orages de la révolution ; depuis elles ont été refaites, mais la restauration est bien loin d’égaler le mérite artistique de ce qui a disparu.

On voit sur les portes extérieures de la grande nef des basreliefs fort curieux, reproduisant un sujet assez souvent exprimé vers la fin du moyen âge, les prophètes et les sibylles. Ces portes, en bois de noyer, sont chargées d’une infinité de

détails très-ingénieux , finement exécutés. On a eu la bonne

inspiration d'assurer la conservation parfaite de ces sculptures, en les protégeant avec une seconde porte d’un travail ordinaire et solide.

L'effet général de la cathédrale d'Aix n’est pas dépourvu de grandeur et de poésie. On respire un sentiment religieux sous cette voûte majestueuse, encore animée par le souffle des prières des siècles passés, encore pleine de souvenirs pieux.

Nous ne pouvons nous empêcher de mentionner un tableau gothique qui attire depuis longtemps l'attention des connaisseurs. C’est un triptique, dont le milieu représente le buisson ardent, dans le haut duquel apparaît la vierge Marie. Le roi René, à genoux et en prières, occupe l’un des volets: à ses côtés on distingue, entre autres figures, saint Maurice, . patron de la cathédrale d'Angers et protecteur de l’ordre du Croissant. Sur l’autre volet est Jeanne de Laval, seconde femme de René, dans la même attitude et entourée d’autres saints personnages. Sur les revers on voit l’Annonciation , peinte en camaïeu. On croit communément à Aix que ce tableau a été peint par le roi René; c’est une erreur , il appartient à un maître plus célèbre encore que l'artiste couronné, à Jean Van-Eyck, connu sous le nom de Jean de Bruges, du lieu de sa naissance.

Un autre objet accessoire qui mérite d'arrêter les regards, c'est l’autel de Saint-Mitre, élevé dans la chapelle de ce nom , au fond du sanctuaire. Le tombeau du saint est placé au-dessus de l'autel. 11 représente Jésus-Christ préchant sur la montagne et ayant à ses pieds Marie et Joseph. Dans la longueur sont les douze apôtres; sur la frise on voit des an-

ges avec des couronnes, et à l'extrémité des bergers couchés

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