D’ALIX
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ae , PEINE Je christianisme fut-il établi à Aix, que j | la ville lui dut son salut par le courage et le il à dévouement de son évèque Bazile. Comme saint LE Loup de Troyes, qui arrêta dans les plaines de BA) la Champagne Attila, le fléau de Dicu, et préserva le pays des plus terribles excès, il sut détourner de sa ville épiscopale la fureur des Wisigoths et des Bourguignons, qui dévastèrent les campagnes environnantes. Lorsque la religion chrétienne domina dans la Provence, au commencement du cinquième siècle, les premiers chrétiens, comme ceux de Constantinople et de plusieurs autres cités populeuses, renversèrent les statues des faux dieux et
convertirent en églises les temples qui, trop longtemps,
avaient servi à de sacriléges sacrifices. Les évêques prirent l'héritage souillé du sacerdoce antique, et le sanctifièrent par leurs prières et par une destination conforme à la vérité du culte que l'homme doit à Dieu. Ils n’agirent pas de la sorte en tous lieux ; souvent ils refusèrent de consacrer aux réunions chrétiennes les demeures qui avaient prêté asile aux cérémonies idolàtriques. A Aïx, l’église métropolitaine remplaca un temple païen : une statue très-grande, un zodiaque sculpté en relief, une inscription dédiée au soleil, et divers fragments trouvés dans des fouilles faites à différentes époques ne laissent aucune incertitude à cet égard; nous savons ainsi positivement qu’il existait autrefois à la même place un édifice dédié au soleil ou à Phébus, personnification de la lumière et de la chaleur. Le premier oratoire chrétien avait été bâti près du monument d’Apollon, sous le titre de la Transfiguration du Sauveur. Mais comme il était trèsétroit et que le nombre des fidèles s’accroissait de : Jour en jour, on édifia une église plus vaste sous le mème vocable. Vers l’année 731 , de grands malheurs s ‘abattirent sur la ville d'Aix. L'invasion des Sarrasins, si menaçante et si terrible qu’elle ne put-ètre arrêtée que par le bras puissant de Charles-Martel dans les champs de Tours, apporta dans la Provence les ruines et la désolation. La cathédrale de Saint- Sauveur fut entièrement démolie, ainsi que tous les édifices religieux de la cité. La horde musulmane ne laissait sur son passage que du sang et des ruines. De si épouvantables désastres ne purent être réparés immédiatement. Le pays demeura dans un état de souffrance dont il ne guérit complétement qu'après plusieurs siècles de paix et de. tran-
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quillité. Le torrent dévastateur étant éloigné, on se borna à construire un simple oratoire pour les besoins religieux de la population affaiblie ; mais trois siècles plus tard, en 1057, Rostagnus , archevèque d'Aix, et Bénédictus , prévôt du chapitre, exhortèrent vivement les fidèles à rebâtir l’ancienne église de Saint-Sauveur, qui leur rappelait des souvenirs si mémorables. Cet appel fut entendu : on se livra avec le plus ardent enthousiasme à la restauration de l’antique basilique de Saint-Sauveur. Les travaux furent entrepris avec tant’ de zèle et conduits avec tant de persévérance, que dès la fin du onzième siècle, la nouvelle église put être consacrée. On releva de ses ruines l’oratoire primitif où s'étaient réunis les prémices des chrétiens, et on le conserva dans la cathédrale sous le nom de la Sainte-Chapelle. Bénédictus vint s'établir, avec six autres chanoines, dans la basilique restaurée : ils étaient réguliers et vivaient en communauté, sous la règle de saint Augustin. Plus tard ils furent sécularisés et devinrent possesseurs d'immenses richesses, surtout pendant le règne du bon roi René, qui voulut devenir membre du chapitre.
Le prévôt Bénédictus avait fait construire près de la métropole un cloître pour l’usage de ses confrères. Ce monument subsiste encore en grande partie; il porte les caractères du style qui florissait à l’époque où il fut bâti. Sa disposition générale est digne de remarque, et les antiquaires regardent avec intérêt les détails de sa décoration pleine de goût et d'originalité.
Le chœur a été réédifié en 1285 ; ilest vaste et conçu dans de belles proportions. Élevé dans un siècle fécond en grandes
entreprises et renommé par le style et.le caractère de son
architecture , il présente beaucoup de noblesse et de distinction. Sans pouvoir rivaliser avec les chefs-d’œuvre, il mérite cependant d’être considéré comme un travail imposant et riche. Il produit un effet majestueux sur celui qui pénètre dans l’église par le portail principal, à cause de sa perspective et de sa gravité. L'ensemble et les accessoires en sont distribués avec l'intelligence des ressources de l'architecture.
En passant à l’appréciation générale du monument actuel, noûs trouvons que la cathédrale d’Aix, bâtie au onzième siècle, s’est successivement agrandie, au point que la construction romano-byzantine est devenue une seule nef collatérale de l'édifice actuel, qui commence à la petite porte d'entrée et finit au point où la voûte est tout à coup exhaussée. La nef principale, d’une beauté peu commune, date du quatorzième siècle.
La troisième nef a été bâtie longtemps après : elle ne remonte qu’au dix-septième siècle, sous le règne de Louis XIV. La longueur intérieure du vaisseau est de soixante-cinq mètres soixante-six centimètres , et la largeur, de douze mètres soixante centimètres.
La tour et le clocher sont un ouvrage du quatorzième siècle et de la fin du quinzième. La première partie est un massif carré qui s'élève au-dessus des combles de l'édifice ; sur ce premier corps s'appuie une construction de forme octogone, percée sur chaque face d'une fenêtre qui en occupe toute la hauteur. L'ensemble n’est pas dépourvu de grandeur et de mouvement ; la hauteur totale est de soixante mètres. Les travaux furent commencés au mois de juillet de l'année 1323, sous l’épiscopat de Cabrières de Concos, sous la direction de