RENNES
changements survenus à la basilique épiscopale jusqu’à l'année 1181, où nous voyons Philippe, auparavant abbé de Cloromont, près de Laval, jeter les fondements d'une nouvelle église, qu'il reconstruisait sur l'emplacement de la première. Il est dit, dans la vie de cet évèque, qu'en creusant les fondations du chœur ou de l’abside, on trouva un immense trésor, et que cette ressource inattendue fut employée à terminer les travaux commencés. L'édifice de la fin du douzième siècle, élevé, sans doute, dans de belles proportions et avec un grand luxe d'architecture, subsista jusqu’en 1345, époque à laquelle il fut restauré et même rebâti en partie par Charles de Blois. En 1490, ia duchesse Anne, reine de France, à la sollicitation d’Yves-Mayeuc, évêque de Rennes, jeta les fondements des tours et du portail. L'ouvrage fut interrompu jusqu'en 1541. Depuis ce temps, les états, le parlement et la commune ont fait les frais de l’édifice. En 1700, le chapitre demanda au roi la permission de démolir l’église qui menaçait ruine. Un arrêt du conseil, de 1702, autorisa la démolition, qui ne fut point exécutée faute de fonds. Un autre arrêt du conseil, du 2 juin 1754 ordonna de nouveau la démolition, dont la direction fut attribuée à l’intendant, par arrèt de 1755. L’entière démolition de la cathédrale fut achevée en 1756. Suivant un relevé fait par l'ingénieur Abeille, en 1750, l’église avait depuis les tours soixanteseize mètres de longueur sur trente-six de largeur, non compris la largeur des croisillons du transsept.
Durant tout le moyen âge, de grandes solennités avaient eu lieu dans l'enceinte de cette cathédrale. Les ducs de Bretagne venaient y recevoir la consécration de leur pouvoir,
au milieu de leurs nombreux vassaux et des flots d’une multitude incalculable. Après avoir juré de conserver la foi catholique, de protéger l'Église de Bretagne, de gouverner sagement le peuple et de lui rendre exactement la justice, ils entraient dans la cathédrale, où on leur remettait l'épée ducale, en ceignant leur tête du cercle d’or. Cette: imposante cérémonie se terminait par un chant de joie et par des fêtes publiques.
Avant de donner une courte description de la cathédrale nouvelle, que l’on achève en ce moment, nous dirons quelques mots sur l’église de Saint-Pierre, cathédrale provisoire depuis la restauration du culte, autrefois abbatiale de Saint-Mélaine, occupée par des religieux de l’ordre de Saint-Benoît. A l'exception de la tour qui surmonte la façade, bâtie en 1646, tout le reste de la construction remonte à une époque assez reculée. Il est difficile, au milieu de la confusion qui règne dans toutes les parties de ce vieil édificé, accumulées sans goût et sans grâce, d'indiquer d’une manière positive les dates et les caractères du style. La voûte est un simple plafond de planches, les murailles d’une maçonnerie grossière sont percées d'étroites ouvertures, les piliers sont à peine ornés de quelques moulures, tout porte les signes d’un travail fait à la hâte et avec des matériaux rebelles. Des hauteurs inégales dans les voûtes de la nef et du chœur, des chapelles latérales basses et sans jour, un pavé irrégulier contribuent encore à diminuer la dignité que l'on doit s'attendre à rencontrer dans tous nos grands
monuments religieux.
La nouvelle cathédrale, commencée en 1540 , montre au