‹ Les cathédrales de FranceChapitre 40 sur 109 · RENNES · texte numérisé non relu

RENNES

portail principal quelques détails d’ornementation propres au style de la renaissance, L'ensemble du monument appartient au style ionique. Le plan est en forme de croix grecque. Tout en adoptant les principes de l'architecture païenne, on ne crut pas pouvoir renoncer aux données rendues indispensables par l'usage de quinze siècles dans les églises. La croix étend ses deux bras comme dans nos monuments du moyen âge, les chapelles sont disposées le long des bas-côtés, les nefs déambulatoires tournent autour de l'abside : c’est, .en résumé , de l’architecture chrétienne exprimée en caractères grecs.

Mesures générales : longueur, soixanté-huit mètres ; largeur, vingt mètres ; hauteur des colonnes, sept mètres. Les fenêtres cintrées sont peu nombreuses : il y en à cinq de chaque côté de la nef, et sept autour du chœur et du sanctuaire.

La nouvelle cathédrale est construite vis-à-vis de la vieille porte Mordelaise, à côté des bâtiments de l’école d'artillerie. Le portail, surmonté de deux tours régulières et décoré de cinq rangs de colonnes superposées, est lourd et sans majesté : sa hauteur est d'environ quarante mètres. Les colonnes du rez-de-chaussée sont d'ordre toscan ; celles du premier étage, d'ordre ionique; celles du deuxième, d'ordre corinthien ; enfin les autres, d'ordre composite. Malgré l'emploi simultané de tous les ordres de l'architecture classique, cette façade est nue, froide et sans vie. Entre la base des deux tours, s'ouvre la principale porte d'entrée, dont le sommet se termine par une voûte plate, d’une construction hardie.

Au-dessus est'une vaste fenêtre cintrée , qui répond à la

voûte construite en ogive qui, dans le projet primitif, devait régner dans toute la longueur de l’église et qui est coupée, vers le milieu, par la voûte actuelle, bâtie en charpente, recouverte de plâtre, décorée de caissons dans toute son étendue. La voûte du chœur est également couverte de caissons qui produisent un assez mauvais effet : ce système d’ornementation est mesquin, malgré ses prétentions.

Nous répèterons pour la nouvelle cathédrale de Rennes, ce que nous avons dit pour Saint-Vaast d'Arras : on ne peut se décider à appeler belle une construction de ce genre. On y voit la coquetterie d’un art qui n’a nulle signification chrétienne, sans y trouver cette noblesse, cette gravité, ce symbolisme qui animent nos monuments religieux de style

ogival.

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